Textes de Juliette

Associated Press (AP) 
17/02/2008 09h09 


Le gouvernement tchadien a affirmé samedi soir ne pas détenir un des dirigeants de l'opposition arrêté, selon les organisations de défense des droits de l'homme, dans la foulée de l'échec de l'attaque de la rébellion contre N'Djamena et dont on est sans nouvelles.

Selon le ministre des communications Hourmadji Moussa Doumgor, l'ancien vice-président Wadal Abdelkader Kamougue est «vivant et libre». Il se cacherait dans l'intérieur du pays, a-t-il affirmé.

Selon Amnesty International, Kamougue est l'un des quatre dirigeants de l'opposition enlevé par les forces de sécurité du régime d'Idriss Déby Itno lorsque la rébellion a tenté de s'emparer de la capitale les 2 et 3 février, avant d'être repoussée.

Le ministre Doumgor n'a en revanche pas dit un mot sur le sort de deux autres hauts responsables de l'opposition également aux mains des autorités de N'Djamena, selon Amnesty, Ngarlegy Yorongar et Mahamat Saleh Ibni Oumar.

Selon Doumgor, l'ancien président Lol Mahamat Choua, également sur cette liste, se trouve quant à lui "parmi les prisonniers de guerre qui ont survécu aux combats" contre les forces loyalistes. Jeudi, la France avait fait savoir que son ambassadeur Bruno Foucher avait pu rendre visite à Choua dans une prison militaire de N'Djamena.

Et, peu avant le communiqué du Quai d'Orsay à Paris, N'Djamena avait annoncé l'ouverture d'une enquête judiciaire pour déterminer où se trouvaient réellement les opposants pour lesquels s'inquiète la communauté internationale, affirmant qu'il était possible qu'ils n'aient pas été arrêtés, mais qu'ils se tiennent cachés.

On reste toujours sans nouvelles de Ngarlegy Yorongar et Mahamat Saleh Ibni Oumar, que Paris n'a pas non plus mentionnés dans son communiqué de jeudi.

Amnesty International a dit craindre que ces opposants soient torturés ou victimes de disparitions forcées et s'inquiète également d'une «chasse aux sorcières» visant les militants de l'opposition au régime.

Depuis jeudi, le Tchad est désormais sous état d'urgence pour deux semaines, le président Déby estimant qu'un contrôle renforcé était nécessaire pour ramener l'ordre après l'offensive des rebelles contre la capitale. L'état d'urgence prévoit l'interdiction des réunions publiques, autorise le gouvernement à contrôler la presse et institue un couvre-feu de minuit à 6h.

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