Textes de Juliette

ACTION CONTRE LA FAIM // CARE France // OXFAM FRANCE – AGIR ICI // SECOURS CATHOLIQUE – CARITAS FRANCE

COMMUNIQUE DE PRESSE – 18 SEPTEMBRE 2008
Pour diffusion immédiate

 

TCHAD : Halte à l’impunité !

 

Face aux insuffisances de la mission EUFOR/MINURCAT, les ONG françaises Action contre la faim, Care France, Oxfam France – Agir ici et le Secours catholique – Caritas France appellent les autorités tchadiennes, les Nations unies, l’Union européenne et la France en particulier, à se mobiliser urgemment pour résoudre les problèmes d’insécurité croissante dans l’est du Tchad.

 

Paris, 18 septembre 2008 – Alors que Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies, vient de présenter ses recommandations au Conseil de sécurité pour la mission EUFOR/MINURCAT, des ONG françaises présentes à l’est du Tchad alertent quant à l’urgence de remédier à la criminalité et à l’impunité auxquelles populations civiles et travailleurs humanitaires font face quotidiennement dans cette région.

 

« Des humanitaires se font régulièrement attaquer à Abéché ou sur les routes et leurs véhicules sont volés. Les civils dans les camps sont victimes d’agressions et de menaces. Tout cela se fait dans la plus grande impunité. L’espace humanitaire se réduit de jour en jour et la criminalité reste impunie, encourageant de nouvelles exactions », déclare Philippe CONRAUD, en charge du programme Tchad à Action contre la Faim.

 

Depuis le début de l’année 2008, près de 30 véhicules d’organisations humanitaires ont été volés, Ramadan Djom et Pascal Marlinge (de l’ONG Save the Children) ont été froidement assassinés et de nombreux travailleurs humanitaires ont été blessés lors d’attaques ou de braquages, parfois en plein cœur d’Abéché, comme en juillet dernier avec une tentative d’homicide sur une déléguée du CICR. Pour toutes ces violences, aucun suspect n’est arrêté, aucune piste officielle n’est communiquée. 

 

Les ONG en appellent au gouvernement tchadien afin qu’il montre sa volonté de briser le cycle d’impunité. Elles appellent également la France, qui a pris la responsabilité du dossier auprès des Nations unies, l’Union européenne, principal bailleurs de fonds et principal partenaire du Tchad, et les Nations unies à accompagner les autorités tchadiennes afin qu’elles fassent respecter l’Etat de droit sur leur territoire.

 

« Avec l’arrivée de la saison sèche, le banditisme, les affrontements intercommunautaires, la militarisation des camps et les recrutements forcés vont se développer de manière plus intensive, ce qui rend encore plus alarmant le manque de police et de justice dans la région », rappelle Cédric ENYENGE-ESSOMBE, responsable des programmes Afrique à CARE France.

 

Craignant que les personnes déplacées ne soient encouragées à retourner prématurément dans leurs villages d’origine, ces ONG rappellent par ailleurs le droit des réfugiés et des déplacés à retourner chez eux en toute sécurité et de façon volontaire, l’insécurité ayant motivé les déplacements des populations tchadiennes depuis 2006. Dans le contexte de criminalité et d’impunité actuel, qui affecte également le travail des organisations humanitaires dans la région, il est donc peu probable que l’on assiste à un retour de ces populations. Des solutions durables doivent être trouvées pour la sécurisation des camps de réfugiés et sites de déplacés, mais également des villes et villages alentours, ainsi que pour le renforcement du système judiciaire, conditions préalable à un éventuel retour des personnes déplacées et à la mise en place de projets de développement dans l’est du Tchad.

 

« L’Union européenne ne peut se satisfaire du bilan actuel. La France a convaincu l’UE de s'impliquer militairement et financièrement en faveur de la protection des civils dans l'est du Tchad. Cependant, la France et l’UE n’ont pour l'instant pas réussi à s’attaquer aux véritables causes de l’insécurité au Tchad : pour cela, il est urgent de renforcer l'appareil judiciaire tchadien et d'œuvrer à une résolution du conflit à long terme», affirme Nicolas VERCKEN, responsable de plaidoyer à Oxfam France – Agir ici.

 

CONTACTS PRESSE

Annie LEROY, CARE France / leroy@carefrance.org / +33 (0)1 53 19 89 92

Magali RUBINO, Oxfam France – Agir ici / mrubino@oxfamfrance.org / +33 (0)1 56 98 24 45

Sylvain TROTTIER, Action contre la faim / strottier@actioncontrelafaim.org / +33 (0)1 43 35 82 24

Philippe LEFILLEUL, Secours Catholique / philippe-lefilleul@secours-catholique.org / +33 (0)1 45 49 73 23

 

 

NOTES AUX REDACTIONS

 

Sur la force EUFOR/MINURCAT

 

-            Le premier mandat de la MINURCAT prévoit : une composante policière, avec la formation d’une unité de police et de gendarmerie tchadienne visant à assurer la sécurité dans les camps de réfugiés, les sites de déplacés et les villes importantes situées aux alentours ; une composante civile, chargée d’aider à mettre sur pied le système judiciaire tchadien et de surveiller la situation des droits de l’homme. Un an après sa création, MINURCAT n’a pas été déployée.

-            Le mandat d’EUFOR, force militaire européenne majoritairement composée de troupes françaises et visant à créer des conditions sécuritaires favorables au déploiement de la MINURCAT, arrive à terme en mars 2009. Ce mandat implique qu’elle n’a pas le droit de patrouiller dans les camps, de procéder à des arrestations ou de rechercher des armes illégales, ces activités relevant de la MINURCAT.

-            Le déploiement de la MINURCAT et de l'EUFOR est prévu dans le cadre de la Résolution 1778 (2007) du Conseil de Sécurité de l'ONU : http://www.un.org/french/ga/search/view_doc.asp?symbol=s/res/1778(2007)

-            L'Union européenne est le principal partenaire du Tchad. Les relations, tant sur le plan politique que sur celui de la coopération, sont très étroites. En 2007, le budget de la Commission Européenne pour l'aide humanitaire au Tchad s'est élevé à 30,5 millions d'euros. Le Fonds Européen de Développement (FED) attribue 311 millions d’euros au Tchad pour la période 2008-2013, et viendra prolonger les actions mises en œuvre dans le cadre de l’EUFOR, qui dispose d’un budget de 119,6 millions d’euros. La Commission européenne contribue par ailleurs au financement de la MINURCAT à hauteur de 10 millions d’euros. (http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.do?reference=IP/08/74&format=HTML&aged=0&language=FR&guiLanguage=en)

 

Sur la situation sécuritaire (données à fin juin 2008)

 

-            26 véhicules humanitaires volés depuis début 2008

-            49 incidents de sécurité impliquant du personnel des Nations Unies ou d'ONG depuis début 2008

-            Assassinat de 2 travailleurs humanitaires en 2008


Pour davantage d’informations :

-            Rapport « Mission non-accomplie : les populations civiles demeurent en danger à l’est du Tchad » (Oxfam International, septembre 2008)
http://www.oxfamfrance.org/pdf/rapport_oxfam_tchad.pdf
http://www.oxfamfrance.org/php/cp_tchad_100908_ofai_fr.php (communiqué de presse)

-            Document d’information « Le dilemme du déplacement : un examen des problèmes et des préoccupations des personnes déplacées dans l’est du Tchad » (CARE, juin 2008)
http://www.carefrance.org/images/file/Etude%20de%20CARE%20au%20Tchad_juillet%2008.pdf
http://www.carefrance.org/?page=presse&id=20602 (communiqué de presse)

-            Rapport de Ban Ki-Moon sur la Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad  - http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N08/404/60/PDF/N0840460.pdf?OpenElement

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