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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:02

17 octobre 2008
Source : Prisma

 

NB: Le titre est de la rédaction, texte déjà diffusé par le Messager du 02/10/2008
© Correspondance de : Célestin J. DJAMEN

 

Les Camerounais du Canada qui s’apprêtent à accueillir Paul Biya doivent savoir qu’ils s’apprêtent à sceller le pacte du déshonneur et de l’infamie, ils doivent savoir qu’ils s’apprêtent à accueillir un président illégitime, qu’ils s’apprêtent à accueillir le président d’un pays qui a réalisé l’exploit d’entrer en moins de 15 ans dans le cercle « très fermé » des Ppte (pays pauvres très endettés).Aujourd’hui avec désormais moins de 4% de taux de croissance annuel alors qu’il fut de 13% à la fin des années 80, le Cameroun est devenu un vaste tombeau des danaïdes dû au fait d’un régime kleptocrate et plongé dans un ensauvagement inédit des mœurs.

Ces Camerounais doivent savoir qu’ils s’apprêtent à acclamer un dictateur dont les dépenses somptuaires et les fastes n’ont d’égal que sa cynique désinvolture et la profonde misère dont est victime tout un peuple depuis que le prince héritier d’Etoudi s’est hissé par un accident de l’Histoire à la tête d’une République devenue Royaume.

Savent-ils seulement, ces Camerounais du Canada, que l’Histoire observe, qu’ils s’apprêtent à recevoir le président d’un pays dont les secteurs vitaux de la santé et de l’éducation pour ne citer que ces deux là, sont complètement sinistrés et les populations plongées dans une misère insondable. Ils s’apprêtent à accueillir un président dont la jeunesse de son pays, ivre de désespoir et de pauvreté, a été purement et simplement massacrée en février dernier pour avoir commis le crime d’oser crier qu’ils avaient tout simplement faim. Nos jeunes ont payé de leur vie pour avoir manifesté au grand jour leur désespérance ; celle de toute une génération sacrifiée. Ils s’apprêtent à accueillir un président qui détruit aussi, à travers son ministre fasciste Biyiti bi Essam par ailleurs très allergique à l’exercice des libertés fondamentales, l’embryon de liberté de la presse qui tente péniblement de se frayer un chemin au Cameroun.

Qui peut d’ailleurs dire aujourd’hui que les médias récemment réhabilités ne sont pas dans l’œil du cyclone ? Qui peut dire aujourd’hui que les médias qu’on a fait taire par le fait du prince puis rouverts par le fait du prince ne sont pas sous liberté surveillée ? Nous appelons la diaspora camerounaise du Canada à plus de responsabilité. Nous l’appelons à ne pas se laisser instrumentaliser et patauger ainsi dans la boue avec l’apprenti sorcier d’Etoudi.

Le roitelet de Yaoundé qui a décidé de prendre tout un peuple en otage avec des complicités bienveillantes bien entendu, a souvent coutume de faire rassembler lors de ses virées élastiques en Europe des compatriotes paumés et souvent en situation irrégulière, moyennant monnaie sonnante et trébuchante. Mme Foning l’a parfaitement illustré en faisant débarqué des pauvres gens à l’aéroport de Roissy avec tee-shirts et casquettes à l’effigie de son mentor lors d’un de ses voyages en mars 2003 en France. Ces Camerounais de l’extérieur, par ailleurs toujours considérés comme citoyens de seconde zone puisque n’ayant toujours pas le droit de vote, ne cautionneront pas cet accueil. J’espère vivement que les Camerounais du Canada ne saliront pas les mains.

Je fus au mois de mars 2003 évoqué tantôt à la tête d’une délégation de la diaspora camerounaise qui fit annuler une réception d’hommes d’affaires camerounais de l’Hexagone venus soutenir le dictateur. Ce fût à l’hôtel Méridien de Bir Hakem quartier chic de Paris. M. Biya, les services de renseignement et le personnel de l’hôtel Méridien s’en souviendront toute leur vie et comprendront qu’on ne vient pas impunément se pavaner dans un pays où réside une forte communauté de Camerounais, avec le sinistre bilan qui est le sien. La diaspora camerounaise de France est fière de cela. Elle considère comme une victoire le fait qu’Etoudi ne publie plus depuis cette date le pays de destination du chef de l’Etat dès lors qu’il s’agit d’un voyage en Europe.

Nous ne pouvons plus tolérer qu’un président, croulant de 75 ans dénué de toute légitimité et défiant toute logique, se pavane dans des hôtels somptueux avec sa clique de griots alors que le peuple muselé et souffrant le martyre n’arrive pas à joindre les deux bouts. La diaspora alimentaire constituée de la petite poignée de Rdpcistes de l’extérieur ne se confondra jamais avec la vraie diaspora que j’appelle à plus de responsabilité.

Non ! La diaspora patriotique et responsable doit refuser de commettre ce crime d’acclamer un Ubu africain qui ne représente en rien les intérêts du peuple camerounais. Il serait indigne et criminel de recevoir un homme qui, en un quart de siècle, a réduit le Cameroun en un vaste champ de ruine. Celles et ceux qui le reçoivent en grande pompe pour lui donner un semblant de popularité au Canada participent d’une vaste œuvre d’escroquerie morale et de conspiration contre le peuple. Nous nous dresserons avec la plus extrême énergie à cette supercherie et condamnons par avance ce bal masqué insupportable.

Faut-il encore rappeler que c’est encore l’argent d’un peuple déjà à genoux depuis de longues décennies qui sera dépensé dans cet inutile sommet de la Francophonie pour « acclamer » un dictateur finissant.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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