Partager l'article ! Cameroun : Camille Parfait Mboua Massok, la voix de la désobéissance civile: © Camer.be : Interview réalisé par Hugues SEUMO (paru le 8 ...
Aujourd'hui c'est Aujourd'hui!
Au nom d'une Afrique centrale ensanglantée et traînée dans la boue, et
d'une Afrique déniée de son droit à la souveraineté,
luttons ensemble et maintenant, pour une nouvelle éthique politique,
contre la légitimation d'un enrichissement illicite indécent,
contre une impunité institutionalisée,
et contre des droits de l'Homme à deux vitesses.
Juliette AbandoKwe
« L’arme la plus puissante dans les
mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »
Stephen Bantu Biko
© Camer.be : Interview réalisé par Hugues SEUMO
(paru le 8 novembre 2007)
"Il est temps que nous nous levons d’une seule voix pour provoquer une alternance politique au Cameroun."
Africaniste, activiste politique Camerounais, Mboua Massok indubitablement représente une des figures les plus
emblématiques de l’histoire de la lutte dans le Cameroun actuel. Il a pu émerger sur la scène politique camerounaise depuis les années 90. Arrêté, emprisonné plusieurs fois et relâché, Camille
Parfait Mboua est plus connu au Cameroun sous le nom du " Père des villes mortes", une campagne de désobéissance civile qui avait secoué le Cameroun en 1991 avec comme conséquence, la
paralysie de plusieurs secteurs de l’économie camerounaise. Mboua Massok, le premier lauréat du prix Félix Moumié pour la démocratie et des droits de l'Homme a reçu sa récompense des mains des
membres du Code à Genève le 4 novembre dernier. C’est avec plaisir que le « père des villes mortes » a répondu aux questions de Camer.be.
Qu’est ce qui a expliqué votre arrivée tardive à Genève ?
Mon arrivée tardive à Genève s’explique simplement par le fait que lorsqu’on prend un avion, on pense que l’on va arriver à destination
sans problème et, en chemin, il s’avère que l’avion fait escale. Dans mon cas, on m’a transféré dans un autre avion à Bruxelles qui m’a amené à Zurich au lieu de Genève et de Zurich,
j’ai été transféré une fois de plus dans un autre avion pour Genève. C’est cela qui explique le fait que je sois arrivé un jour après la remise solennelle de mon prix et mon voyage a été perturbé
à cause de cela et rien que cela.
Quel est votre sentiment après avoir enfin reçu votre prix ?
Mes sentiments, je ne peux pas vous le cacher sont extraordinaires. Comme tout le monde le sais déjà, c’est un évènement qui ne s’est
jamais produit dans l’histoire du Cameroun. Aujourd’hui, plusieurs personnes se présentent au peuple comme étant des leaders et maintenant, un groupe de Camerounais issu de la diaspora
progressiste a choisi quelqu’un parmi tant d’autres pour lui dire de porter le flambeau de la libération et de continuer la lutte que les Moumié n’ont pas pu achever à cause de leur assassinat .
Je crois que l’évènement est fort et il me manque les mots pour pouvoir exprimer mon sentiment intérieur.
Quelle analyse faites-vous de la situation socio politique du Cameroun actuel ?
La situation socio politique du Cameroun est stationnaire actuellement. Nos revendications sont les mêmes. Les choses n’ont pas changé.
Ces derniers temps, il ya des rumeurs au sujet d’un éventuel coup d’Etat. Je crois que nos patriotes devraient en tant que patriotes engagés continuer à maintenir notre ligne de conduite et
poursuivre notre combat. Vous savez que le combat que nous menons aujourd’hui est une dette. Nos héros ont laissé leur vie et nous ne pouvons pas croiser les bras face à la situation
précaire dans laquelle se trouve notre pays alors que nos héros se battaient pour que notre pays prospère. Il faut qu’on fonce pour ramener le pays sur la direction qui avait été
prévue.
Votre réaction au sujet de l’interview récente de Monsieur Paul Biya à l’émission Le Talk de Paris de France 24.
Ça ne m’intéresse même pas.
Faut t-il actuellement penser à une alternance politique au Cameroun ?
L’alternance politique au Cameroun dépend de nous. Elle ne doit pas se faire seule. Elle peut passer soit par les voies légales ou par d’autres voies. Vous savez qu’en réalité, le pouvoir doit reposer sur la légitimité populaire et le pouvoir en place actuellement ne peut pas se revendiquer cela. On ne peut plus continuer à dire qu’il faut attendre les échéances car, cela veut dire qu’on ne peut rien faire. Mais, si on veut faire quelque chose, on ne peut pas attendre les échéances. Il est temps que nous nous levons d’une seule voix pour provoquer une alternance politique au Cameroun.