Aujourd'hui c'est Aujourd'hui!
Au nom d'une Afrique centrale ensanglantée et traînée dans la boue, et
d'une Afrique déniée de son droit à la souveraineté,
luttons ensemble et maintenant, pour une nouvelle éthique politique,
contre la légitimation d'un enrichissement illicite indécent,
contre une impunité institutionalisée,
et contre des droits de l'Homme à deux vitesses.
Juliette AbandoKwe
« L’arme la plus puissante dans les
mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »
Stephen Bantu Biko
2 janvier 2009
Ferdinand Mayega (pour
AEM)
La liberté de la presse au Cameroun resterait une conquête, une bataille de tous les instants pour les journalistes de ce
pays. Les hommes de médias camerounais évoluent dans un espace de liberté qu’ils jugent restreint même quand ils observent une rigueur totale dans le traitement de l’information. Sous le prétexte
de réprimer l’incitation au trouble à la paix sociale et à l’ordre public, lesles pouvoirs publics fixent une ligne rouge aux limites très discutables et qui est surveillée vigoureusement par le
ministère de la communication, la justice, l’administration territoriale, la sécurité intérieure et la défense…
Il est notamment très difficile pour un journal de traiter des sujets sensibles de la vie nationale impliquant les cols blancs du régime. Il est aussi dangereux de traiter des sujets notamment
sur l’armée et la magistrature. Illustration : Le Messager fondé en 1979 à Bafoussam, à l’ouest du Cameroun par le journaliste Puis Njawe, fut saisi cinq fois et censuré douze fois de juin 1984 à
juin 1986. L’avènement du multipartisme grâce à la loi du 4 janvier 1996 avait suscité de l’espoir, un espoir vite envolé.
Il existe aujourd’hui chez les journalistes, une peur qui va au-delà des représailles du pouvoir : celle d’être agressé par des inconnus, dans un taxi, dans la rue même chez soi, à n’importe
quelle heure. Personnellement, nous avons subi des appels anonymes, des pressions diverses, des menaces sérieuses. Même en changeant régulièrement le numéro de téléphone, le nouveau est aussitôt
connu de ces gens-là et cela même si l’abonnement a été pris sous le nom d’un parent. La liberté de la presse au Cameroun évoque la danse Bafia, cette danse de l’ethnie du même nom caractérisée
par un pas en puis deux pas en arrière.
Les émeutes de février 2008 au Cameroun sont venues prouver, une fois de plus, la difficulté d’exercer librement le journalisme dans ce pays : l’arrestation pendant plusieurs jours de Jacques
Blaise Mvié, directeur de publication de l’hebdomadaire La Nouvelle Presse qui venait de publier un article sur le ministère de la défense. Et pourtant, nous pensons que dans un pays comme le
Cameroun, la presse privée devrait être encouragée à jouer le rôle de contre-pouvoir, de chien de garde. En théorie, « la liberté de communication, la liberté d’expression, la liberté de presse,
la liberté de réunion, (…) sont garanties dans les conditions fixées par la loi » selon la constitution, mais, il existe un fossé entre les lois en vigueur et leur application par les autorités
publiques.
Le Président Thomas Jefferson, le père de l’indépendance des États-Unis, déclarait un jour, à propos de l’importance des journaux dans un Pays : « Si je devais choisir entre un gouvernement sans
journaux ou des journaux sans gouvernement, je retiendrais sans hésiter la seconde solution ». Aussi la déclaration des droits de Virginie, en date du 12 juin 1776 en son article 12 précise à
propos de la liberté de presse : « La liberté de presse est l’un des plus puissants bastions de la liberté (…) ». D’où notre appel pressant au gouvernement camerounais de promouvoir la liberté de
presse afin que les journalistes exercent beaucoup plus librement leur métier et participent à la cohésion nationale, à l’instauration de l’idéal démocratique et au développement durable et
humain du pays.