Aujourd'hui c'est Aujourd'hui!
Au nom d'une Afrique centrale ensanglantée et traînée dans la boue, et
d'une Afrique déniée de son droit à la souveraineté,
luttons ensemble et maintenant, pour une nouvelle éthique politique,
contre la légitimation d'un enrichissement illicite indécent,
contre une impunité institutionalisée,
et contre des droits de l'Homme à deux vitesses.
Juliette AbandoKwe
« L’arme la plus puissante dans les
mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »
Stephen Bantu Biko
AFP
8 janvier 2008
Le directeur de publication de l'hebdomadaire privé camerounais La Détente libre, Lewis Medjo, en détention préventive
depuis plus de trois mois pour "propagation de fausses nouvelles", a été condamné à trois ans de prison ferme, a annoncé aujourd'hui son journal.
La décision a été rendue hier par un tribunal de Douala, la capitale économique, où M. Medjo a été arrêté en septembre et placé en détention préventive sur ordre du ministère public, d'après un
communiqué de la rédaction de son journal.
Le journaliste, qui était poursuivi pour "propagation de fausses nouvelles", a été condamné à trois ans de prison ferme et à 2 millions de FCFA (plus de 3.000 euros) d'amende, selon le texte.
La Détente libre demande la libération de son directeur, invoquant sa santé "de plus en plus précaire" et affirmant que "les autorités pénitentiaires lui ont refusé toute autorisation d'aller
consulter un médecin".
Lewis Medjo avait été arrêté à la suite de la publication par son journal, en août, d'un article selon lequel le président camerounais Paul Biya essayait de forcer le premier président de la Cour
suprême, Dipanda Mouelle, à prendre sa retraite.
Son journal établit également un lien entre son arrestation et la publication d'un autre article, en août, épinglant le chef de la police, Edgar Alain Mebe Ngo'o, dans une tentative présumée de
corruption.
Reporters Sans Frontières exige la libération du journaliste Lewis Medjo
Publié le 26 septembre 2008
Delphine E.
Fouda
Reporters sans frontières dénonce la détention de Lewis Medjo, directeur de publication de l'hebdomadaire privé La Détente libre, arrêté à la sortie d'un dîner le 22 septembre 2008 et placé en
garde à vue par la police judiciaire.
"Ce journaliste n'a rien à faire en garde à vue et doit être remis en liberté. Comme n'importe quel citoyen, Lewis Madjo, en tant que directeur de publication, peut bien avoir à rendre des
comptes sur ce que publie son journal. Mais la loi camerounaise ne permet pas d'apporter une réponse juste et adaptée à ce type de problème, privilégiant les opérations de police répondant aux
ordres d'hommes puissants", a déclaré l'organisation.
Lewis Medjo a été arrêté par le chef de la division provinciale de la Police judiciaire (PJ), Vincent Minkoa Nga, devant l'hôtel Akwa Palace de Douala (Ouest), le 22 septembre peu après 23
heures, alors qu'il sortait d'un dîner organisé par le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala. Il a été conduit au siège de la PJ, où il se trouve toujours en garde à
vue.
Selon des journalistes interrogés par Reporters sans frontières, Lewis Medjo serait poursuivi pour "publication de fausses nouvelles" par le ministère public. Il aurait été interrogé sur deux articles parus le 14 août dans son journal. Le premier, intitulé "Paul Biya limoge Dipanda Mouelle", évoquait une prétendue manœuvre du chef de l'Etat pour contraindre le président de la Cour suprême, pourtant un allié fidèle de la présidence, à prendre sa retraite en 2009.
Le second, intitulé "Mebe Ngo'o met le passeport de (Yves-Michel) Fotso aux enchères", faisait état d'une tentative d'extorsion de fonds présumée de l'homme d'affaires Victor Fotso, son père, avec la complicité du délégué général à la sûreté nationale, Edgar Alain Mebe Ngo'o.