Publié le 27 novembre 2007
© Lazare Kolyang, Mutations

 

Le "nationaliste panafricain" revient sur son voyage à Genève et se prononce sur la modification de la constitution.Vous revenez de Genève en Suisse où vous êtes allé recevoir le " Prix " Moumié de la résistance et de la Liberté ". En quelques mots, en quoi consiste cette récompense ?

Je suis allé recevoir ce prix qui a été décerné depuis le 30 juin. Et les organisateurs ont voulu que la remise de ce prix coïncide avec la date de la commémoration de l'assassinat de Félix Moumié, c'est à dire le 03 novembre. A Genève il y a eu plusieurs cérémonies parmi lesquelles la remise proprement dite du prix mais aussi une conférence publique à l'université de Genève. Toutes ces manifestations ont été organisées à mon honneur, en tant que premier prix Moumié de la résistance et de la liberté. J'ai connu quelques difficultés de voyage. Mais dès le 04 novembre, certaines choses ont été reprogrammées, mais d'autres ne pouvaient plus être reprises parce que certaines personnes étaient déjà reparties. Et donc on m'a remis le prix.

Pouvez-vous nous parler de ce prix ?

Le but recherché par les organisateurs est d'avoir des repères, sur le continent, sur la race. Parce que la période actuelle est une période de manque total de repères véritables. Il y a une époque ici où on nous a fait la promotion d'un homme qui a trop réussi et qui aujourd'hui se retrouve les deux mains coupées en prison quelque part parce que sa réussite n'était pas une réussite repérable. Il faut donc que ces repères vrais, positifs commencent à être identifiés. Ils ont donc pris Moumié comme une des références historiques par rapport à la résistance à l'équilibre moral. Ils ont estimé qu'il faut créer un prix panafricain. C'est à peu près cela et c'est cohérent parce que je fais partie des gens qui pensent et soutiennent que tant que nos pays, nos peuples n'auront pas encore eu de base de référence, son devenir sera toujours comme il et actuellement, c'est-à-dire pervers.

Parlant de ces repères, on sait que vous avez été traduit en justice par l'Etat du Cameroun pour avoir détruit certains monuments. Où en est-on avec ce procès ?

Nous sommes presque à la dixième audience de ce procès qui dure depuis deux ans, parce que en janvier ça fera deux ans. Nous nous confrontons aux difficultés au niveau de la justice. Parce que je ne suis pas persuadé que la justice même connaît l'enjeu de ce procès. Je voulais expliquer l'enjeu de ce procès sur la base d'un document qui est ma défense et que j'ai voulu développer au cours d'une audience de juin mais que le juge a refusé d'écouter. J'ai exprimé mon désaveu par rapport à cette attitude du juge. J'ai donc décidé de rendre publique cette défense parce que j'ai compris qu'il ne veut pas tenir compte de ma défense et je voudrai quand même que le peuple camerounais sache sur quoi je base mon refus de voir ériger partout des monuments qui n'ont rien à voir avec notre passé. Il n'y a donc pas de raison qu'il y ait sur le territoire des monuments qui nous ne rapportent pas grand-chose alors qu'il y a des héros nationaux reconnus en tant que tels et qui n'ont aucun monument quelque part.

L'actualité politique aujourd'hui ce sont ces appels des militants du Rdpc qui demandent la modification afin de permettre au président Paul Biya de se représenter. Qu'est-ce que ça vous inspire?

Ce débat ne m'intéresse que parce que mon peuple y est impliqué. Et sur cette base, je dois dire que la constitution de 1996, c'est la constitution de Paul Biya. Parce que lorsqu'il la mettait en place, il a demandé aux gens de téléphoner. Si les gens ne veulent pas qu'on la révise que les gens l'aident encore avec le téléphone. J'ai même écouté certains constitutionnalistes que je pouvais respecter, des enseignants d'université qui ont eu la maladresse de penser qu'il faudra consulter le peuple pour réviser. Biya avec sa constitution n' pas consulté le peuple pour la mettre en place, pourquoi devait consulter le peuple pour ne pas la réviser.

Il faut qu'on réfléchisse profondément sur la question et que l'actualité on nous embrouille On continue de penser que quand une constitution n'arrive pas à défier le temps et l'espace, ça veut dire que ses rédacteurs n'ont pas tenu compte des enjeux globaux de la nation. Si je ne peux pas participer à une action où si je n'engage pas une action véritable pour que Biya parte avant 2011, ce sera peut-être parce que je n'aurai pas les moyens de le faire, mais si j'ai les moyens de le faire je n'attendrai pas 2011
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