Partager l'article ! RDCongo : Pékin s'impatiente avec Kinshasa pour un contrat minier de 7 milliards d'euros: 21 février 2009Adia TshipukuLe Monde J.A ...
Aujourd'hui c'est Aujourd'hui!
Au nom d'une Afrique centrale ensanglantée et traînée dans la boue, et
d'une Afrique déniée de son droit à la souveraineté,
luttons ensemble et maintenant, pour une nouvelle éthique politique,
contre la légitimation d'un enrichissement illicite indécent,
contre une impunité institutionalisée,
et contre des droits de l'Homme à deux vitesses.
Juliette AbandoKwe
« L’arme la plus puissante dans les
mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »
Stephen Bantu Biko
21 février 2009
Adia
Tshipuku
Le Monde
J.A.: La relève des vautours....
Le président chinois Hu Jintao, qui a achevé sa quatrième tournée africaine le 16 février, a snobé la République démocratique du Congo (RDC), pays qui a pourtant permis à la Chine de s'adjuger le
plus grand contrat minier d'Afrique. D'une valeur de 9 milliards de dollars (7 milliards d'euros) ce contrat a du mal à se concrétiser au point de devenir un véritable casse-tête pour la
RDC.
Fondé sur le principe du "gagnant-gagnant", l'accord de troc "mines contre infrastructures" prévoit la construction de plus de 5 000 kilomètres de route et autant de voies de chemins de fer,
d'une trentaine d'hôpitaux, d'une centaine de centres de santé et de quatre universités.
En contrepartie, la RDC, qui possède 10 % des réserves mondiales de cuivre, devra accorder à la Chine l'exploitation de 10 millions de tonnes d'hétérogénite (un mélange de cuivre et de cobalt) et
d'or. Si Pékin a déjà débloqué près de 3 milliards de dollars, la RDC, coincée entre les appels à la prudence des Occidentaux et les prétentions chinoises, a du mal à remplir son contrat.
Jusque-là, la Chine n'a pas encore exploité un seul gramme de minerai dans le cadre de ce partenariat. Selon des analystes congolais, la chute du cours des minerais y serait pour beaucoup. Le
prix du cuivre était estimé à environ 8 500 dollars la tonne lors de la signature des accords ; il évolue à présent autour de 3 500 dollars, chute qui perturbe les calculs des deux parties.
La RDC est entrée en récession au second semestre 2008. Elle devra s'endetter pour faire face à la crise. Mais où trouver les fonds nécessaires sans se heurter aux exigences budgétaires du Fond
monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale ? Le FMI a exprimé ses craintes d'un alourdissement de la dette extérieure de la RDC qui s'élève à 11,5 milliards de dollars. Il reproche à
la Chine de ne pas conditionner son aide à la mise en place d'une meilleure gouvernance et souligne des "risques de corruption et de non-transparence". Le FMI a demandé une révision de ce
contrat.
Les autorités congolaises ne l'entendent pas de cette oreille. "La Banque mondiale est un conseiller de la RDC. Elle nous a fait une proposition, mais c'est à nous de décider. Le contrat chinois
demeure tel quel", a affirmé au Monde, le vice-ministre congolais des mines, Victor Kasongo Omari. Le protocole d'accord légalisant ce contrat a été adopté au Parlement congolais en 2008 sans les
députés de l'opposition. Minoritaires, ceux-ci ont boycotté la session, dénonçant "un nouveau contrat léonin". "Nous avons rejeté ce contrat. La RDC n'y gagne rien", explique Albert Mpeti, député
du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), principal parti d'opposition. Car les firmes chinoises, exonérées d'impôts, ne contribueront pas au budget de l'Etat avant trente ans. La totalité
de l'exploitation minière servira d'abord à rembourser les travaux d'infrastructures (6,5 milliards de dollars) et les bénéfices ne seront partagés qu'à très long terme sur la base de deux tiers
pour les Chinois et d'un tiers pour les Congolais.
Étonnée de voir le pays "envahi" par les Chinois, la population n'a qu'une idée confuse de ce contrat. "On voit des Chinois partout, mais ils ne font rien. Pire, ils commencent à prendre nos
petits boulots ; ils vendent des beignets au lieu de construire des routes. C'est ça les cinq chantiers ?", s'indigne Théthé Gbagbala, une habitante de Kinshasa, faisant allusion au programme du
président Kabila baptisé "cinq chantiers (Infrastructures, Eau-Electricité, Emploi, logement, Education-santé)".
La révision du contrat sera difficile à obtenir par le gouvernement de Kinshasa, écartelé entre la crainte d'une sanction électorale en 2011, la demande de la Chine d'exécuter ses engagements et
les appels à la prudence du FMI.