9 juillet 2009
Tchadvision


Le scénario a fait rire plus d’un chef d’Etat et de gouvernement présents au sommet : Idriss Deby quittant la salle de réunion de l'UA en signe de protestation contre la déclaration du Président de la Commission, selon laquelle, "le Tchad et le Soudan doivent résoudre d'abord leurs problèmes internes qui sont connus de tout le monde" pour ne revenir que plus tard sur les instances du Colonel Kadhafi. Il n’en fallait pas plus pour que ses pairs saisissent jusqu’à quel niveau le caractériel qui usurpe le pouvoir au Tchad manque de personnalité.

Mais qu’il est décidément têtu, le dictateur tchadien ! Et irresponsable en plus. Le 13ème sommet de l’Union Africaine qui vient d’éteindre ses lampions à Syrte en Lybie, est encore venu le prouver si cela était nécessaire.

La prise de position de Deby, opposée à celle de la plus grande organisation panafricaine, par rapport au fumeux mandat d’arrêt lancé contre le président soudanais, le Général Omar Hassan El Béchir, ne consacre pas seulement une pantalonnade diplomatique pour le dictateur Tchadien dont les maladresses dans le domaine sont connues de tous. Mais elle étale, au surplus, au grand jour l’inconséquence d’un suppôt du néocolonialisme et de l’impérialisme qui ose défier l’Afrique, prenant sciemment le risque d’une rupture avec l’Union Africaine qui aurait commis, à ses yeux, le péché mortel de ne pas être disposé à hurler avec les loups d’une communauté internationale complètement aux ordres des U.S.A et d’Israël.

C’est du reste pour la même raison qu’il serait – selon certaines indiscrétions - en train de prendre langue avec les opposants au régime Libyen.
C’est ainsi que, conseillé par des diplomates marrons, ce rancunier en diable a cru devoir prendre le contre-pied de tous ses homologues présents au 13ème sommet de l’UA, en affirmant ouvertement soutenir la Cour Pénale Internationale (CPI) dans sa procédure contre le président soudanais, ratant ainsi une occasion en or de se réconcilier avec son homologue qui ne demande pourtant qu’à vivre en paix avec ses voisins.

Cette posture incroyable n’est pas pour arranger les affaires de Deby Itno qui, au nez et à la barbe de tous ses pairs, vient de démontrer qu’il a vendu son âme aux exploiteurs de l’Afrique auxquels il a promis la tête du Général Béchir sur un plateau contre son maintien éternel sur le Tchad.

N’est-ce pas lui qui héberge, finance et arme, par France et Israël interposés, les rebelles du Darfour qui déstabilisent le Soudan et Kidnappent tous les jours des humanitaires ? Ces rebelles dont les exactions ont poussé le procureur Luis Moreno Ocampo à accuser le régime du président Béchir de génocide et d’actes violant le Droit humanitaire international, et de lancer un mandat d’arrêt international contre le Président Soudanais ?

La posture d’ennemi public N°1 de la paix entre les peuples tchadiens et Soudanais qu’affiche Deby permet aujourd’hui de répondre sans détour à la question de savoir, qui du Tchad ou du Soudan agresse l’autre. C’est Deby. Et à cette allure, il ne faut pas se voiler la face, ce n’est pas demain que le Tchad connaîtra la paix, car il est difficile qu’un pays vive dans la quiétude quand son chef, déjà incapable de s’entendre avec ses propres compatriotes, se pique encore d’aller chercher noise à son voisin.

Ne fût-ce que pour le bien de ses populations ainsi que celui des nombreux Tchadiens résidant au Soudan, Deby et ses diplomates obtus n’auraient jamais dû prendre cette position désinvolte. Et encore moins à l’occasion de la tenue d’un sommet des Chefs d’Etats du continent mobilisés pour opposer à la Cour Pénale Internationale (CPI) une résolution africaine contre le mépris manifesté par l’occident et les autres puissants de ce monde à leur endroit. Des chefs d’Etats africains, accusés facilement et même systématiquement de violations des droits de l’homme, alors que les Georges Bush, Ronald Reagan, Ariel Sharon, Benyamin Netanyahou, n’ont jamais été inquiétés outre mesure bien qu’ils aient massacré quand l’envie leur prenait, des peuples dont le seul crime est d’être arabes, musulmans, et surtout d’avoir du pétrole qu’ils ne voulaient pas céder pour des broutilles à ceux qui croient avoir le droit de préemption sur tous les biens de la planète terre.

Alors que l’Union Africaine s’insurge contre le fait que le Conseil de Sécurité de l’ONU n’ait pas, à ce jour, donné la moindre suite à sa requête relative à la suspension - pour une durée d’un an – des poursuites contre le président El Béchir, Idriss Deby s’en moque.

Plus grave, au moment où l’organisation continentale recommande à ses Etats membres de cesser toute coopération avec la Cour Pénale Internationale - en raison des démarches judiciaires sélectives visant seulement les dirigeants africains - Idriss Deby Itno choisit de s’en désolidariser. Avec la désinvolture qui caractérise tous ceux qui, comme lui, sont tenus en laisse.
En fait, il croit avoir campé cette posture contre son homologue soudanais. Mais il l’a fait en réalité contre lui-même, car plus criminel et génocidaire que lui, il n’y en a pas beaucoup en Afrique, malgré l’image factice que lui badigeonne la France. Les crimes contre l’humanité à son actif sont innombrables. Selon les organisations de défense de droit de l’homme, les annales du Tchad sont encore pleines des atrocités et des monstruosités de Deby, qui a massacré et fait massacrer près de 50.000 personnes soupçonnées d’opposition.

Ce Général autoproclamé, ce pseudo homme d’Etat qui est devenu et demeure un vulgaire guerrier sanguinaire, n’a fait que perpétuer une tradition qui est la sienne : tuer, tuer encore, tuer toujours. Et en vrac.

Toutes les populations victimes doivent apprendre qu’elles ont la latitude de saisir la CPI, cet instrument dont on dit qu’il serait la terreur des génocidaires, si tant est que ce sont les génocidaires qui sont visés par la CPI, pour pouvoir se débarrasser de leur bourreau, dans un avenir très proche.
Et l’on espère que quand ce moment sera venu, Deby n’appellera pas à sa rescousse – en jouant les vierges effarouchées – l’Union Africaine dont il foule aujourd’hui les résolutions aux pieds, et qu’il critique acerbement parce qu’elle ne s’est pas alignée sur ses curieuses positions.


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