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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 01:58

5 mars 2010
La Libre
 


50 Américains vont former un nouveau bataillon de 800 à 1000 soldats congolais. Ils répondent ainsi à une demande de M. Kabila. Le général Richard Sherlock et l’ambassadeur Anthony Holmes (le choc des noms de famille est purement fortuit) étaient jeudi à Bruxelles pour y expliquer le projet américain de formation de militaires congolais, inauguré à Kisangani le 18 février dernier. Il s’agit d’un projet d’Africom, le commandement militaire américain pour l’Afrique, approuvé par le président George Bush en 2007. Il s’agissait d’en informer les Européens et, au passage, la presse.

Africom, a indiqué l’ambassadeur Holmes, adjoint au commandant chargé des activités civiles et militaires, a été d’abord orienté vers la sécurité, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamique après les attentats de New York, le 11 septembre 2001 qui avaient été précédés, le 7 août 1998, par des attaques contre les ambassades américaines de Nairobi, au Kénya, et Dar es Salam, en Tanzanie, qui ont fait respectivement 213 et 11 morts, ainsi que 4500 et 85 blessés. 

L’intérêt de Washington pour l’Afrique est aujourd’hui "bien plus important qu’auparavant". Depuis 2003 Washington a ainsi développé un programme de lutte contre le terrorisme en Afrique sahélienne (Mali, Niger, Tchad, Sénégal, Maroc, Mauritanie, Nigeria, Algérie, Tunisie) en formant plusieurs centaines d’officiers tout en finançant des projets de développement.

L’engagement d’Africom, précise M. Holmes, "est de construire des capacités en Afrique, pour que ces pays puissent contrôler eux-mêmes leurs problèmes de sécurité". "Ce n’est pas une militarisation de la politique américaine" sur le continent, "mais un appui à celle-ci". Principale préoccupation : la Somalie.

S’agissant du Congo, Africom s’engage "à construire des capacités en faveur de la paix". C’est "à la demande du président Kabila" que Washington prend en charge la formation d’un bataillon congolais, demande faite il y a un an, lorsque les Etats-Unis avaient critiqué les crimes commis par l’armée congolaise dans l’est du pays, en particulier l’abondance des viols dont elle se rend coupable. 

L’insistance de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton sur ce point a joué, note ainsi M. Holmes, selon qui la formation donnée par les Américains vise à "renforcer le rôle des militaires dans la démocratie" ; leur "apprendre à protéger les droits de leur po pulation" ; "les professionnaliser".

Le général Sherlock a précisé pour sa part que la formation sera donnée à "800 à 1000" Congolais, qui formeront un "nouveau" bataillon chargé de "servir de modèle" au reste de l’armée. La formation, d’un coût évalué à 6 millions de dollars, aura une durée de sept mois.

Les militaires qui y participeront, "venus de partout", ont fait l’objet d’une vérification de leurs antécédents "par nous et par le gouvernement congolais", "avec enquête dans leur village" d’origine, afin de ne pas inclure de criminels. 

Quelque 80 Américains sont chargés de la formation : 50 venus de l’armée et 30 d’une société de sécurité privée, MPRI (qui a eu des contrats en Bosnie, en Afghanistan, en Irak et dernièrement en Guinée équatoriale). "Beaucoup" d’entre eux parlent français, a précisé le général Sherlock, et il y aura en outre des traducteurs, "y compris pour traduire en swahili" - la lingua franca de l’est congolais - a ajouté M. Holmes.

Selon M. Holmes, le gouvernement congolais "s’est engagé à payer régulièrement" ces soldats. Les Américains ont également obtenu l’assurance, disent-ils, que ce bataillon ne sera pas dispersé, "notamment pour étoffer la garde présidentielle", sa cohésion étant plus apte à lui permettre d’assurer le rôle de modèle qu’on attend de lui
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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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