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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 16:40

Relu pour vous
The Analyst, vol. 2, no 4, 1987, pp. 18-19. 

 

La fureur du monstre du lac Nyos

 

Le 21 août 1986 un mystérieux désastre a eu lieu au lac Nyos dans la région montagneuse du Cameroun, à quelque centaine de kilomètres de la frontière du Nigeria.

Selon les compte-rendu officiels, plushttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/41/Lake_nyos.jpg/250px-Lake_nyos.jpg de 1 200 fermiers et éleveurs de bétail de même que toutes leurs bêtes – en fait presque toute vie (humaine et animale) dans la région – furent silencieusement et instantanément tués.

Les chiffres non-officiels estiment cependant que le désastre a fait à peu près 5 000 morts.

 

Qu'est-ce qui a tué ces gens ? 

 

Au moment du désastre, ces décès furent rapportés comme étant le résultat d'une explosion du lac volcanique qui déclencha les gaz et des vapeurs empoisonnés asphyxiant les personnes qui les respirèrent. La revue West Africa rendit compte que les survivants dans la région rapportèrent avoir entendu une explosion bruyante vers vingt et une heures alors que la plupart des gens dormaient. Cette explosion fut suivie par une odeur fétide dans l'air semblable à l'odeur du gaz de cuisine. 

 

Néanmoins, les médecins qui se rendirent dans la région à la suite de la tragédie remarquèrent que les survivants souffraient de brûlures dans les poumons et sur la peau; des indications claires de brûlures et de blessures étaient évidentes sur les cadavres. Ces découvertes n'étaient pas compatibles avec l'affirmation que les victimes étaient mortes seulement de suffocation due à la respiration de gaz empoisonnés.  La cause réelle de l'explosion et des décès demeure jusqu'à ce jour un sujet de controverse scientifique.

 

La revue New African de juillet 1987 rapporte qu'un groupe de 120 experts et scientifiques ont assisté récemment à une conférence sur le désastre du lac Nyos tenue à Yaoundé. Après une semaine de délibérations, et après avoir examiné des documents totalisant 5 000 pages, les savants ne purent se mettre d'accord sur les raisons de l'explosion bien qu'ils semblèrent convenir que c'était un gaz contenant du carbone bioxyde qui avait tué la population. Mais le processus par lequel ceci eut lieu demeure inconnu.

 

Des savants camerounais, britanniques et américains discutèrent de la question que le gaz s'était dégagé du fond du lac en raison d'un brusque changement de température ou bien d'un glissement de terrain. Les experts italiens, suisses et français quant à eux estimèrent que l'explosion du lac fut provoquée par une intensification de la pression qui entraîna le relâchement du gaz. Cependant aucune des théories n'a pu répondre aux questions posées par les événements du lac Nyos. Comme le note le New African, s'il y avait eu une explosion, il aurait dû y avoir des débris, mais il n'y en eut aucun. D'autre part, les médecins n'ont pu expliquer les brûlures et blessures trouvées sur les victimes, et qui n'avaient pas pu être causées par le dégagement du carbone bioxyde. 

 

Toutefois, une nouvelle lumière qui est venue récemment éclairer le désastre, soulève certaines questions alarmantes pour les Nigérians et pour les Africains. Selon un article paru dans un journal américain, le San Francisco Examiner [3], et qui a pour auteur la commentatrice politique Mae Brussel, l'explosion du lac Nyos a été causée par une bombe à neutrons secrètement mise à l'essai dans la région par les États-Unis et Israël. Brussel constate que les interprétations actuelles données à la tragédie ne sauraient expliquer les blessures et brûlures trouvées sur les victimes. Elle relève aussi le fait que les États-Unis et Israël ont tous deux été partisans du développement de la bombe à neutrons capable de tuer toute vie humaine et animale dans une région sans endommager la propriété. Le fait qu'Israël ait agi dans plusieurs parties du monde comme représentant ou substitut des États-Unis dans des affaires délicates auxquelles les États-Unis n'auraient pas voulu être directement associés, est aussi noté par le reporter. En fait, comme une source de Washington l'a récemment indiqué, « Israël est devenu une sorte d'agence fédérale (du gouvernement des États-Unis)... agence qu'il est commode d'utiliser quand on a besoin de faire quelque chose en sourdine ». 

 

Le développement de la bombe à neutrons par les États-Unis a été profondément enveloppé de mystère pendant plusieurs années. Il n'y a jamais eu d'essai officiel de cette arme chère au cœur des stratèges du monde capitaliste pour sa capacité de tuer les vies humaine et animale, tout en préservant les bâtiments et autres propriétés. Israël et l'Afrique du Sud vouent au développement de la bombe à neutrons, de même qu'aux armes qu'on appelle nucléaires, un intérêt particulier, à cause de leurs adversaires immédiats (les Palestiniens dans le cas d'Israël, et la population sud-africaine noire, de même que les États africains voisins dans celui de l'Afrique du Sud) situés dans un territoire adjacent.

 

Ils veulent développer des armes qu'ils pourraient utiliser contre ces « ennemis », et qui en même temps n'affecteraient pas leurs propres populations.  Cependant, avant qu'une arme comme la bombe à neutrons puisse être rendue utilisable, elle doit être testée. Une zone telle la région montagneuse du Cameroun, dans la proximité de lacs volcaniques connus où des éruptions de gaz ont tué des gens dans le passé, pourrait offrir un site idéal à la bombe à neutrons étant donné que les décès pourraient être attribués au gaz et que leur cause véritable pourrait être aisément dissimulée. Est-ce bien cela qui est arrivé au lac Nyos ? 

 

Entre-temps la pénétration croissante d'Israéliens en Afrique noire de même que leur rôle de substitut des États-Unis sont la cause d'une inquiétude grandissante parmi les forces progressistes. Comme le savent les lecteurs de The Analyst, Israël fournit des armes et de l'argent aux cruels dictateurs de l'Amérique Centrale et du Sud; il a été la source [PAGE 47] majeure d'armes du régime fasciste d'Afrique du Sud et a coopéré avec ce pays pour le développement d'armes nucléaires à son usage. Ces armes sont utilisées par l'Afrique du Sud contre la population noire des pays de même que contre ses voisins africains; et Israël a bien entendu joué un rôle principal dans le marché d'armes iranien qui fait actuellement l'objet d'une investigation aux États-Unis. En Afrique noire, Israël s'est assuré les faveurs des régimes pro-impérialistes et a renouvelé ses relations diplomatiques avec le Zaïre, la Côte-d'Ivoire, le Liberia, et le Cameroun; il est en voie de les renouveler avec le Togo, Sierra Leone et peut-être la Gambie, le Gabon, le Sénégal, la Guinée et le Niger. Israël s'acharne encore pour obtenir la reconnaissance diplomatique du Nigeria.

 

Le New African de juillet 1987 rapporte qu'à l'heure actuelle quelque 15 000 Israéliens travaillent et vivent en Afrique noire, dont 4 000 au Nigeria, « certains en tant que conseillers pour la sécurité à la présente administration militaire ».  Toute cette activité croissante d'Israël en Afrique noire, en plus de son rôle certain comme couverture des États-Unis et de ses autres activités impérialistes contre les forces du progrès en Afrique, soulèvent des questions pour nous autres au Nigeria que nous ne pouvons pas nous permettre d'ignorer. Que faisait par exemple le Premier Ministre Shimon Peres en visite officielle au Cameroun précisément à la période du désastre du lac Nyos ? Pourquoi avait-il emmené avec lui pendant cette visite dix-huit savants israéliens pour examiner ce qui était arrivé au lac ? Pourquoi avait-on décliné l'aide d'un vaisseau de la marine britannique qui naviguait dans les eaux camerounaises au moment du désastre (i.e. Pourquoi avait-on écarté les Britanniques de la région ?). Pour quelle raison Israël s'était-il montré tellement intéressé à ce qui s'était passé au lac Nyos? Cet intérêt était-il purement humanitaire compte tenu qu'Israël n'avait jamais auparavant manifesté un tel intérêt pour ce petit pays ? 

 

Qu'est-ce qui a en définitive causé l'explosion du lac Nyos? Les Nigérians doivent connaître la vérité.

La continuité de la survie de tous les Nigérians, des autres Africains et de toute personne en dépend.

Nous ne pouvons plus nous permettre de dissimuler la vérité. 

 

Texte traduit par Josette Ackad.
Sydney, novembre 1987 

 

[1] Opinion à l'évidence extravagante. C'est la zone franc qui est le principal responsable de l'évasion du capitaux qui étrangle le Cameroun (N.D.L.R.). 

 [2] Autre appréciation plus que complaisante, totalement contraire à la vérité de faits (N.D.L.R.). 

 [3] Erreur ! Il s'agit plutôt du « National Enquirer » (N.D.L.R.).  

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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