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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 13:40

19 décembre 2010

Moni Mambu

Mwinda 

 

Le silence est assourdissant !

 

Des Congolais, des Gabonais, des Camerounais, brailleurs aux ordres des dictateurs, s'égosillent pour faire entendre l'innocence de nos tyrans !

 
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Des Avocats, dûment appointés, des deux côtés : Français pour la plupart ! Ils n'y vont pas de langue morte pour justifier leurs honoraires, surtout du côté des prédateurs africains. Le niveau de leurs rémunérations, certains parlent d'un million d'euros (650 millions de FCFA) pour enfiler la robe du défenseur de Sassou Nguesso. La tâche est ardue, certes ! Les caisses congolaises, certes sont pleines aussi ! Mais des montants pareils nous révoltent complètement. Deux cents Congolais, au moins viennent de mourir d'une épidémie de polio, car notre dictateur bien aimé n'avait pas jugé bon de ponctionner, pour un montant pareil, son Trésor Public pour vacciner nos enfants. Il avait préféré attendre que la Croix Rouge et le Croissant Rouge payent les vaccins à sa place... Il y a vraiment de quoi se révolter lorsque l'on apprend qu'un avocat perçoit comme honoraires presque l'équivalent d'une campagne de vaccinations !

 

A part cela, l'affaire parait franco-française et pas le moindre " bronzato " (comme dirait Berlusconi) pour colorer un débat franchouillard ! Qu'attendent, s'agissant de M. Sassou NGuesso, les Franco-Congolais, les Congolais expatriés, pour prendre part à ce débat accaparé par les invectives payées d'avance à MM. Pigasse (1) et Versini-Campinchi (2) pour ne citer qu'eux ? Sans parler bien entendu de ceux qui insultent et menacent anonymement les Transparency, Sherpa et William Bourdon. Quand verra-t-on se gonfler la liste de la partie civile de noms sentant bon les Plateaux, la Sangha, la Likouala, le Kouilou ou le Pool ? Beaucoup disent que c'est la peur qui nous retient...

 

Mais la peur ne tenaille pas seulement nos compatriotes d'ici ou de là. Qui pourrait citer un nom, une allusion d'un homme politique français qui aurait commenté cette affaire en donnant son point de vue, n'importe lequel ? Robert Bourgi, dans une récente interview racontait ce qu'il voyait lorsqu'Omar Bongo séjournait à l'Hôtel Crillon à Paris, en faisant un tour par le salon où les élus et responsables politiques français attendaient d'être reçus par le président gabonais. La liste, qu'il a donnée, de ceux qui passaient par ce salon n'excluait quasiment personne de ceux qui ont ou qui ont eu la responsabilité des affaires en France. Encore une fois, Omar, notre Cher et Regretté Omar, a bon dos : M. Bourgi aurait pu facilement citer cette même anecdote mais avec un autre président encore vivant... Par hasard, Sassou Nguesso !

 

Tout ce beau monde, de gauche comme de droite, était là-bas à attendre, bien entendu et uniquement, par courtoisie élémentaire. Les fleurs, pour pousser, ont besoin de fumier et d'être arrosées.... Pour l'Affaire Bettencourt, tout le monde, tous les partis politiques y avaient été de leurs mots et de leurs bons mots. Tous ceux qui étaient proches de l'affaire en ont pris pour leur grade. Eric Woerth y a laissé au moins son maroquin. Mais pour cette affaire BMA ce n'est pas les bicoques de ces parvenus africains qui posent problèmes, c'est davantage ce que la classe politique française toute entière, selon les dires de M. Robert Bourgi, allait faire dans les hôtels fréquentés par feu Omar Bongo et Sassou NGuesso.

 

Qu'un Parti, même de Gauche, vienne se fendre d'un commentaire et la réaction sera immédiate. Monsieur Untel, Madame Untel de ce Parti verra vite son nom jeté en pâture, peut-être avec quelques détails croustillants... Des classes politiques toutes entières, sur plusieurs générations, au moins deux pour Sassou et trois pour Omar, sont tenues dans l'omerta et le chantage dictatorial. Sassou NGuesso brisera l'inconsciente tentative. Quant à Omar a-t-il laissé en héritage à Ali les copies des photos et des films qu'il avait conservées à ces fins..?

 

 

Guettons, mais croyez bien que vous serez déçus, l'annonce d'un débat politique au sujet des Biens Mal Acquis. Un serpent ne se mord pas la queue. Qui sera assez fou pour défendre M. Sassou NGuesso et ses prête-noms ? Qui sera téméraire, voire suicidaire, dans la classe politique française, pour l'attaquer ?

N'attendons pas ce renfort illusoire. Il ne viendra pas !
 

Mais ne nous y trompons pas, le fond de l'affaire, comme ses défenseurs et ses griots patentés, est Franco-Français. Françafricain pour le moins !

 

(1) " Mercenaire de la plume " au service du palais de Mpila, présidence congolaise
 

(2) Avocat de Sassou dans l'affaire des Biens mal acquis.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
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