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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 00:12

1er mars 2010
Benjamin BILOMBOT BITADYS

En Afrique, en matière militaire, la France souffle le chaud et le froid. Par un tour de passe-passe, Paris ferme les bases militaires sans pour autant les quitter. Ainsi, par le jeu de déploiement-reploiement, la France perpétue sa présence militaire en Afrique. Avant son élection, Nicolas SARKOZY avait promis de moderniser les relations de la France et l'Afrique. S'il semble bien décidé à faire évoluer la carte militaire et à jeter par dessus bord l'encombrant képi de "gendarme de l'Afrique", on ne peut pas en dire autant de sa diplomatie.

Formé à l'école de Charles PASQUA, le chef de l'Etat continue de recourir aux réseaux parallèles et aux rapports personnels avec les dirigeants locaux. Sa visite au Gabon, où la France a été accusée de cautionner l'élection contestée de BONGO en août dernier, le démontre une fois de plus. Cette troisième visite à Libreville n'est pas le moindre des paradoxes dans une politique élyséenne qui n’en manque pas.


Partir en restant ou rester en partant

Le concept de base militaire a vécu. Exit l’opération "Barracuda". Exit l’opération sur Kolwezi. Place désormais à la doctrine de "coopération militaire" inspirée du Livre blanc de la défense publiée au printemps 2008.
Après la base militaire d'Abidjan, dont la fermeture a été décidée sans tambours ni trompettes, la France poursuit donc la réorganisation de sa présence militaire en Afrique francophone. La France  a annoncé, le 20 février 2010, son intention de fermer ses bases militaires au Sénégal, fortes de 1 200 hommes et qui constituent une de ses trois installations permanentes en Afrique.

Toutefois, elle souhaite conserver à Dakar un "pôle de coopération militaire à vocation régionale".
Et, c’est là l’ambiguïté. "Les bases militaires françaises vont quitter Dakar en vertu d'un accord qui sera signé avant le 4 avril (date de l'indépendance du Sénégal) par les deux parties", a déclaré  le porte-parole du président sénégalais Abdoulaye WADE (AFP, 20 Février 2010).

C'est une diminution de la présence militaire française  au Sénégal, ce n'est pas une disparition.
Quelques semaines auparavant, sans moins de panache, le Congo-Brazzaville annonçait l’arrivée prochaine des instructeurs militaires français. Pour une mission de formation  en génie militaire.

L’école nationale à vocation régionale (ENVR) spécialisée dans les travaux publics et le bâtiment devrait être fonctionnelle en septembre 2010.
L'accord relatif à l'implantation de cette structure de formation venait d’être signé entre le ministre philosophe congolais à la présidence, chargé de la défense nationale, Charles Zacharie BOWAO et l’ambassadeur de France au Congo-Brazzaville, Jean-François VALETTE (AFP, 9 Février 2010).

Simple coïncidence de date et des faits ? Pur hasard ?

Le Congo-Brazzaville et la France revitalisent les accords de défense au moment où la coopération en matière culturelle et d’éducation est au plus mal.

Que cache donc ce regain de coopération militaire ? Cette école masque-t-elle un centre de formation de combattants endoctrinés à la défense des intérêts français dans un environnement mondialisé ? Ces accords servent-ils des ambitions peu avouables telles des clauses secrètes ? Pourquoi la présence de troupes étrangères au Congo-Brazzaville n’a-t-elle pas fait l’objet d’un débat parlementaire ?

La France a certainement serré les fesses lors des élections gabonaises, en perdant BONGO son allié de toujours. Il lui manque désormais l'appui inconditionnel que Bongo père lui offrait.
L’Elysée cherche certainement une autre base en Afrique centrale. L'implantation de cette école à Brazzaville en présente peut-être les contours. Denis SASSOU NGUESSO au Congo-Brazzaville en compétition pour le leadership de la sous-région avec Paul BIYA du Cameroun, fort tenté supplanter BONGO, est sans doute pour Paris le meilleur garant de la continuité de sa très honteuse politique africaine.

Ce centre d’instruction n’est, vraisemblablement, pas l’arbre qui cache la forêt. Car on peut rêver éveillés en se demandant : à quand une école Polytechnique, HEC, une école d’Informatique sous-régionale financées par la France à Brazzaville ? 

A lire également l’article sur l’importation via la Chine par le Congo Brazzaville d’armes de guerre en Corée du Nord en violation de l’embargo imposé par les Nations unies.
A noter à ce sujet la déclaration d'Hillary CLINTON, secrétaire d'Etat américain qui se félicite que la Chine collabore aux sanctions imposées à la Corée de Nord : "les Sud-africains ont arrêté un navire transportant des armes de la Corée du Nord à destination du Congo-Brazzaville, pour causer plus de violences et tuer encore plus de gens là-bas comme dans le passé, tout ceci parce que nous avons le soutien de la communauté internationale, et c'est ce que nous cherchons" a-t-elle déclaré. Tiens, Mme Hillary CLINTON connaît donc bien la nature du régime de Brazzaville ! Tant mieux.

Cette dernière information est à mettre en parallèle avec la déclaration publiée jeudi 25 février à Brazzaville par Alix LORISTON, représentant local du Programme alimentaire mondial (PAM).
Ce dernier a révélé que selon une étude sur la sécurité alimentaire au Congo Brazzaville environ 41% des Congolais sont sous alimentés.

Que Alain AKOUALA vienne nous expliquer maintenant que les armes achetées par le Congo Brazzaville en Corée du Nord contenaient en réalité du lait infantile...

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Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
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commentaires

RATEFY 04/03/2010 15:07


La France , devenue puissance subalterne en Europe et phagocytée par la mondialisation veut se donner l’illusion d’être une grande puissance en jouant les « gros bras » dans ses anciennes colonies.
C’est pourquoi elle s’investit et investit tant dans la francophonie et soutient tous LES SATRAPES DE l’Afrique francophone ,finance les trublions à Madagascar .
C’est à la lumière de ces données qu’il faut analyser les agissements de NAGY BOCSA DE SARKOZY . ce Français de fraîche date qui doit faire d’un prosélytisme pour se libérer du qualificatif de
meteque que lui accolent une partie de l’opinion publique française .


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