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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 21:53
« Nil novi sub sole » dit le Sage de l’Ecclésiaste. Cette expression latine signifie simplement « Rien de nouveau sous le soleil ». Ces paroles de l’Ecclésiaste peuvent n’avoir pas été une réalité ailleurs mais au Congo, tout le monde qui suit l’évolution des faits sociopolitiques admet sans peine que cette sagesse est bel et bien une réalité vivante. Au fait, dans le chef des créateurs et gestionnaires de la crise congolaise, qu’est-ce qui est nouveau ? La répétition de certains faits a toujours prouvé qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil congolais. Cela donne aux acteurs extérieurs qui façonnent la politique congolaise de ne pas se faire des soucis supplémentaires ; le schéma des années soixante reste toujours valable. Les mêmes modèles sont reproduits face aux circonstances qui ne changent que très peu. Le Congo et les Congolais ne sont jamais un énigme pour les Néocolonialistes. On les lit facilement, même de l’extérieur de leur propre être. 
L'ombre de Mobutu Sese Seko plane encore sur le Congo dans la manière machiavélique de dribbler ses opposants, zigouiller les mal-pensants, tripatouiller les institutions...
Dans leur combat de libération du joug colonial, les Congolais se réveillent aussi tôt que possible dans les années cinquante et adoptent le nationalisme comme vision. Le leadership politique endigue les aspirations profondes du peuple dans leur combat pour la liberté. La voie vers la libération se trace et un espoir s’étire à l’horizon. Pendant que l’indépendance se trouve déjà à portée de mains, l’impérialisme colonialiste mondial, qui exploite les richesses du Congo depuis des siècles, réagit en parachutant Joseph - Désiré Mobutu du néant politique pour faire de lui le plus puissant homme du paysage politique de la nouvelle nation. Les élections ont bon avoir lieu et le peuple a bon exprimé son désir mais son choix nationaliste qui menace les intérêts des acteurs extérieurs est vite court-circuité par l’assassinat du leader du peuple et héros de l’indépendance Patrice-Emery Lumumba. Ceci se passe en Janvier 1961.
Par cet acte barbare, le pays est replongé entre les serres de ses expoiteurs et le peuple est remis poing et pieds liés entre les mains de ses oppresseurs. Les rêves d’un Congo libre et indépendant s’évanouissent avec une chasse organisée contre les Nationalistes, pionniers de l’indépendance.
Fatigués du règne Mobutu Sese Seko qui n’aura servi pendant plus de deux décennies que la cause qui l’avait porté au pouvoir, les Congolais reprennent conscience et un nouvel élan de nationalisme et de lutte patriotique se dessine à l’horizon. En assassinant M'zée Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001, on parachute du néant Joseph Kabila. Le putsch de Janvier 2001 qui amène Joseph Kabila au pouvoir ressemble aussi bien dans le fond que dans la forme à celui du 24 Novembre 1965 qui amena Mobutu Sese Seko au même pouvoir. Tous les deux putschistes bénéficient d’une couverture de la communauté internationale et une transition de cinq ans leur est accordée sans une enquête préalable sur l’assassinat de leurs prédécesseurs.
Au Congo, l’histoire se répète bel et bien. Aussi, plusieurs faits démontrent une similitude déroutante entre Joseph Kabila et Joseph-Désiré Mobutu. Voici quelques traits tirés d’une liste infinie de ressemblances :
1. Du départ du néant.
La République démocratique du Congo regorge d’une ressource politique diversifiée et de grande valeur lors de la lutte pour son indépendance. Sa répartition géopolitique montre à suffisance que les mouvements d’indépendance ne sont pas des faits isolés mais une revendication nationale. Thomas Kanza, Joseph Ileo, Jean Bolikango, Guillaume Lubaya, Janson Sendwe, Anicet Kashamura, Christophe Ngbenye, Pierre Mulele, Patrice Lumumba etc. font la preuve vivante d’une représentativité nationale car provenant de toutes les provinces. Par contre, il n’est aucun point où l’on retrouve le nom de Joseph-Désiré Mobutu sur l’échiquier politique de l’époque. C’est un inconnu, un ramassis, une post-fabrication des services d’intelligence occidentaux.
Joseph-Désiré Mobutu n’était rien dans le processus de lutte pour l’indépendance, Joseph Kabila mêmement n’est rien dans la lutte contre le régime de Mobutu. Par contre, un autre fait de répétition est visible : toutes les régions se mobilisent autour de cet idéal où l’on retrouve des noms tels Faustin Birindwa, Etienne Tshisekedi, Laurent-Désiré Kabila, Antoine Marandura, André Kisase Ngandu, Antoine Gizenga, Marcel Lihau, Frederic Kibasa etc., qui constituent encore une fois une élite politique de très grande valeur et une représentativité de tout l’espace géopolitique de notre pays (ils viennent de toutes les provinces pour accréditer la thèse d’un réveil national et d’un signe d’unité contre la dictature mobutienne).
De la même façon que Mobutu n’était rien dans le paysage politique de la période pré indépendance, Joseph Kabila n’est rien dans la période de lutte contre la dictature de Mobutu. C’est un inconnu politiquement, un objet volant non identifié (OVNI).
Mobutu, militaire de rang en stage de journalisme en Belgique est recruté à la va-vite par les services d’intelligence occidentaux (CIA) et infiltré dans le pré carré du leader nationaliste Lumumba pour l’espionner et le vendre par la suite. Il réussit son coup en Janvier 1961. Joseph Kabila, membre des services d’intelligence rwandais est recruté à la va-vite et infiltré dans le pré carré de Laurent-Désiré Kabila pour l’espionner et le vendre aux ennemis du Congo par la suite. Il réussit son coup en Janvier 2001.
Ici, mêmes les dates d’exécution des forfaits corroborent la similitude et des faits, et des hommes, et des méthodes mises à contribution. Il n’est pas besoin d’être spécialiste en ceci ou cela pour s’en rendre compte.
2. De l’âge.
Pendant que dans leurs pays respectifs, les Occidentaux accèdent au pouvoir politique suprême entre la cinquantaine et la soixantaine, Mobutu a trente ans lorsqu’il est imposé dans l’hémicycle du pouvoir en 1960; c’est donc un adolescent, un néophyte dépourvu de toute expérience de gestion de la chose publique :c’est qui l’amène à recourir régulièrement à l’expertise des mêmes néocolonialistes pour maintenir l’expédition de certaines affaires courantes de l’Etat. Un moment c’est un allemand du nom de Blumenthal qui est gouverneur de la banque centrale, institution qui régule l’économie du pays. Plus tard par voie de corruption et de conversion volontaire ou forcée, on lui recrute parmi la meilleure ressource intellectuelle dont regorge le pays pour asseoir son malsain projet de société et pérenniser son règne. Il finit son pouvoir entouré d’une armée des professeurs d’universités comme conseillers sans grands résultats.
En Janvier 2001, Joseph Kabila a moins de trente ans quand il est imposé à la tête de la République démocratique du Congo avec une superficie de 2. 345 000 km2, un pays de plus de soixante millions d’habitants (le dernier recensement date de 1984) et qui a la taille de toute l’Europe Occidentale. C'est Louis Michel, Ministre des Affaires étrangères de la Belgique qui a eu le toupet d'annoncer l'assassinat de M'zée Laurent-Désiré Kabila à RFI et tous les médias mondiaux. Que "Big Loulou", petit nom de Louis Michel n'ai jamais aimé et apprécié M'zée Laurent-Désiré Kabila, cela peut se comprendre, fallait-il que ça soit lui qui annonce l'assassinat d'un chef d'Etat étranger non Belge à l'opinion internationale, là est le vrai problème. Joseph Kabila qui arrive au pouvoir n'a pour seule expérience qu’il brandit "Momemi Maki abundaka te asuanaka té !", arrivé à Kinshasa dans le cortège des Kadogos après s'être converti au métier des armes au sein de l’armée patriotique rwandaise (APR). Un moment c’est un zimbabwéen blanc du nom de Billy Rotternberg qui gère la Gécamines, cette même institution qui contribue pour plus du tiers dans les recettes du budget national. Au moment où nous couchons ces quelques lignes, c’est un armada « d’intellectuels » qui l’entoure pour justifier ses actions et couvrir ses limites. Il est aujourd’hui talonné des professeurs d’universités comme conseillers.
Bien que Mobutu, géant de taille soit l’opposé de Joseph Kabila, l’âge d’accession à la magistrature suprême du pays les rapproche tels deux vrais jumeaux.
3. Des officiers fabriqués de toute pièce.
Ni un stage de journalisme en Belgique dans les années cinquante ni trois mois de formation en Chine ne pouvaient jamais faire respectivement de Mobutu un officier militaire de haut rang dans la Force Publique de l’époque, ni de Kanambe un général major dans la défunte armée zaïroise des années deux mille.
Pour pallier aux limites intellectuelles et militaires de leurs pions, les Occidentaux sont capables de tout. Quelques jours de stage en journalisme ont transformé un soldat de rang de la Force Publique en officier supérieur de la future armée congolaise. Il mourra avec le plus élevé de grades reconnus par toute armée ; celui de maréchal. Trois mois de formation en Chine ont transformé Joseph Kabila, militaire de rang de l’armée patriotique rwandaise en suite, en général major des Forces Armées de la République Démocratique du Congo-FARDC. Nul ne sait ce qu’il deviendra cinq ou dix ans plus tard... finira-t-il en un autre maréchal ?
Face à cette déroutante ressemblance et à cet agenda similaire des faiseurs des rois, il est incroyable que la cécité politique, mieux la naïveté nous laisse croire que la situation n’est pas la même. Le temps seul nous prouvera la vérité d’ici là, sauf qu’il risque d’être trop tard pour nous de vomir ce somnifère qui nous maintient dans un sommeil adamique.
Il est des faits réels qui ne trompent pas entre ces deux hommes préfabriqués par des laboratoires des ennemis de notre peuple : ils se ressemblent. De quoi conclure que si, nous échouons toujours d’avoir le portrait de l’homme qu’il faut pour incarner nos aspirations au moment qu’il faut, l’impérialisme colonialiste mondial a toujours celui de son homme de paille capable de sauvegarder ses intérêts. Le portrait-robot que l’on nous amène cinquante ans le prouve à suffisance. L’on comprend donc que de tout ce temps, la communauté internationale n’avait pas encore trouvé un second Mobutu ; Eureka ! cria-t-elle sans doute en identifiant Joseph Kabila. Et c’est vite parti pour une nouvelle étape de recolonisation.
4. Des origines controversées.
Nul n’ignore que tout au long de la lutte contre la dictature mobutienne, les questions des origines de Mobutu ont alimenté la polémique politique. Autant Mobutu n’avait que très peu ou pas du tout convaincu les Zaïrois sur l’authenticité de ses origines même après la publication du livre du journaliste français Jean-Louis Remilleux de Le Figaro intitulé "Dignité pour l’Afrique". Selon un passage de ce livre une femme de l’ethnie Bangala nommée Yemo née en 1922 met Mobutu au monde en 1930 c’est- à- dire à huit ans d’âge. Du reste Mobutu est bien connu par ses oncles maternels qui le poussent dans la Force Publique mais de son père, très peu reste connu et nul n’osa questionner cet énigme.
Le thème de la "Congolité" que la Haute Autorité des Médias (HAM) de Modeste Mutinga et ses acolytes ont instrumentalisé lors des élections Louis Michel de 2006. Corrompu, acheté Modeste Mutinga occupe le poste de Rapporteur de Sénat, AMP-Parti-Etat et s'est fait bâtir une villa à Binza dans la commune de Ngaliema, quittant la commune populeuse de Ngaba Priver les Congolais d'un débat démocratique entre les deux candidats en lice au premier tour de l'élection présidentielle, est une hantise. Les Joséphistes veulent réitérer leur exploit de 2006, en tripatouillant la Constitution de Liège pour imposer une élection présidentielle à un tour sans débat !
L'étouffement des dépositions des différents témoins, membres de la famille Kabila (cas d’Etienne Taratibu lors des travaux de Sun City en RSA) tout comme les collègues de maquis de Laurent-Désiré Kabila( cas de Mzée Yambuya Lotika Kibesil cf:www.reveil-fm.com/.../338-a-coeur-ouvert-avec-pierre-yambuya-lotika-kibesi, l’interview accordée le 3 avril 2009 à Réveil-FM.com).
Malgré le livre de Vital Kamerhe « Pourquoi j’ai choisi Kabila ? », Joseph Kabila reste un énigme par rapport à ses origines. L’on somme les Congolais de ne pas en parler et une armada de la presse coupagiste-propagandiste-embrigadée des Joséphistes au pouvoir s’évertue à falsifier la réalité pour les besoins de la cause. Comment Joseph Kabila qui était un agent des services de renseignement rwandais lorsque l’AFDL avançait vers Kinshasa a-t-il pu accéder si facilement au pouvoir ?
La mythologie d’une femme née en 1922, Maman Yemo, qui enfante Mobutu en 1930 revient aujourd’hui au galop avec une autre femme, Sifa Mahanya, de la province du Maniema, qui défie toutes les théories modernes de la génétique en acceptant une maternité imaginaire, fabriquée de toute pièce par des stratèges qui veulent pérenniser la main mise de l’impérialisme sur les richesses du Congo.
Simple accident de similitude ou stratégie bien conçue ? Est-il nécessaire d’écrire des livres pour justifier les origines de quelqu’un ? « Quelle que soit la longueur de la nuit, l’aube finit toujours par apparaître » dit une sagesse africaine.
5. Des méthodes d’arrivée au pouvoir.
La lutte congolaise pour l’indépendance s’est soldée par une victoire de la démocratie naissante dont le leadership politique de l’époque s’est efforcé de faire l’apprentissage. Au lieu que cela plaise aux Occidentaux qui n’ont que la démocratie comme intrant unique de tout développement, Mobutu est amené au pouvoir par un putsch qui court-circuite tout le processus démocratique commencé. En 1965, il s’installe par la terreur en suspendant la Constitution de Luluabourg, véritable chef d’oeuvre législatif des Congolais eux-mêmes. Il dirigera par la suite le pays par un méli-mélo des textes on ne sait législatifs constamment modifiés et toujours brillamment défendus par d’éminents juristes mais ayant moins ou pas du tout de valeur constitutionnelle démocratique. La communauté internationale approuve et loue son leadership.
Joseph Kabila est parachuté à la tête de la nation congolaise pendant que l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila présageait un retour à l’ordre politique initié par les travaux de la Conférence Nationale Souveraine avec une Constitution qui reflétait la volonté du peuple congolais. Joseph Kabila se maintient au pouvoir avec l’aide des textes et accords rédigés de l’extérieur et défendus par une cohorte des légistes congolais et étrangers mobilisés par le colonialisme mondial. De la constitution de la transition à celle de la troisième république promulguée dite Constitution de Liège rédigée par les Belges dont deux Congolo-Belges: Evariste Boshab et Bob Kazadi Kabamba, sous l'instigation de Louis Michel, en avril 2006 après une comédie référendaire, la querelle de ces deux textes ne cesse de plonger la transition dans un désarroi autant il est constamment fait référence à l’un comme à l’autre dans la gestion certaines questions pertinentes de cette période cruciale. Par l’appui des parrains extérieurs, un nouveau régime de terreur instauré contre toute tentative d’opposition aux voeux de la communauté internationale s’installe. Les libertés publiques sont réprimées au point où les geôles sont plein à craquer : journalistes, membres de la société civile, cléricaux, politiciens sont soit physiquement éliminés soit incarcérés sous des conditions inhumaines.
La terreur campe à la porte du Congolais. Les agents de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR) sont partout et dans tout. Cela sent le brûlé de la toute puissante deuxième république du mobutisme. Pourtant l’ère est celle du Joséphisme...
Les Congolais pas tous amnésiques ! En 2009, Joseph Kabila avait mis en place une commission d' «évaluation de la Constitution» qui avait pour mission de se livrer à l'activité la mieux prisée actuellement sous les tropiques: "le charcutage des Constitutions".
Bien qu'étant à son premier mandat, Joseph Kabila, en homme prévoyant, préparait déjà le terrain de la présidence à vie. En effet, dans le cahier des charges qu'elle avait reçu du locataire de Palais de la Nation, la commission devrait pousser le mandat présidentiel de 5 à 7 ans et le rendre illimité. Les hommes chargés de la basse besogne avaient eu également pour tâche de faire en sorte que constitutionnellement, le chef de l'Etat puisse siéger au Conseil supérieur de la magistrature.
Pourtant, la Constitution de Liège qui est la loi fondamentale elle-même interdit tout projet de révision de ces deux dispositions, en son article 220.
A l'époque, le gouvernement congolais dément avec la dernière énergie cette information diffusée par RFI. Tout cela ressemblait à du déjà vu et entendu. C'est dire combien les Constitutions en Afrique ne sont que de simples documents modifiables à souhait, selon la boulimie du pouvoir de ceux qui nous gouvernent. Qui pourrait empêcher Joseph Kabila d'assouvir ses ambitions de futur président à vie?
Etienne Tshisekedi dont le retour au pays a auguré un regain d'espoir ? Vital Khamere que Joseph Kabila a bouté du perchoir de l'Assemblée nationale ? Jean -Pierre Bemba qui est en train de se démener derrière les barreaux de la Cour pénale internationale ?
Chouchou de la communauté internationale, dans les deux semaines qui ont suivi sa montée sur le trône, en Belgique lors de la conférence de presse, c'est Louis Michel qui répondait à sa place, il a marché sur le tapis rouge de l’Élysée accueilli par le président Jacques Jacques, avant d’aller serrer la main de Collin Power, le successeur de Madeleine Albright, qui en voulait tant à M'zée Laurent-Désiré Kabila.
Joseph Kabila, a peu à faire pour se tailler son costume de président à vie. Il ne lui reste plus qu'à exhumer la toque de léopard de Feu Mobutu Sese Seko que Laurent Désiré Kabila-son père- a chassé du pouvoir avant d'être lui-même abattu dans son palais, dans des circonstances encore troubles.
Dossier à suivre !

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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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