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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 10:19

3 juillet 2010

Shanda Tonmé

Président de la COMICODI

 

 

Le 25 juin 2010, un crime crapuleux commis par des délinquants clairement identifiés par la police, a engendré des actes de violence d’une extrême gravité dans la ville d’Ebolowa, principale ville de la région du sud du Cameroun. Les violences qui ont donné lieu à des agressions physiques ciblées sur des personnes en fonction de leur origine ethnique et des destructions des biens importants chiffrés provisoirement à plusieurs centaines de millions de Francs CFA, ont été le fait des bandes organisées dont les instigateurs sont connus.

 

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination note avec consternation, inquiétude, et étonnement, que des événements semblables se répètent dans le pays de façon presque chronique, et par ailleurs que les forces de sécurité, les pouvoirs publics et les élus locaux, se montrent régulièrement impuissants, quand ils ne sont pas tout simplement passifs ou impliqués négativement.

 

La Commission constate avec regret, amertume et curiosité, que un mois seulement après l’organisation de festivités limitées à la capitale du pays pour le centenaire de l’indépendance, des camerounais sont pourchassés, traités d’étrangers, et crucifiés dans leur propre pays, pour cause de non appartenance à une région quelconque. Il y a lieu de relever que les auteurs de la constitution anti citoyenne et anti républicaine de 1996 qui divise les citoyens en autochtones et allogènes et prescrit des droits électifs discriminatoires selon le lieu de résidence et selon l’appartenance régionaliste, sont entièrement et clairement responsables de ces actes de barbarie, de sauvagerie, de guerre civile, et d’invitation au génocide.

 

La Commission prends très au sérieux les témoignages de certains rescapés à qui il a été dit, de la bouche de certaines autorités publiques locales, « qu’ils sont indésirables dans la ville et qu’ils devraient rentrer chez eux ».

 

La Commission rappelle afin que personne ne se trompe d’époque, de combat et de perspective, que le Cameroun est un et indivisible, et que les citoyens sont ou devraient être libres de s’établir partout sur le territoire de la république, que chaque camerounais est partout chez lui au Cameroun, et que le contraire est une pure hérésie inacceptable inventés par quelques criminels et obscurantistes assoiffés de pouvoir.

 

La Commission demande que les auteurs de la constitution de 1996 aient le courage d’abolir au plus vite ce document dangereux pour la paix, la sécurité, l’unité et le développement du pays, faute de quoi, ils devraient logiquement répondre tôt ou tard devant le tribunal pénal international, tant il ne fait plus aucun doute que la répétition des violences ethniques organisées, suscitées et programmées, participent du crime contre l’humanité.

 

La Commission s’étonne de l’absence d’une réaction forte du gouvernement devant de tels actes, en constatant avec regrets l’impunité constante dont jouissent tous les tenants des discours de la haine, du tribalisme, de la jalousie, de la tricherie au nom de l’équilibre, et de la prévarication.

 

La Commission condamne de façon ferme et rigoureuse les violences ethniques d’Ebolowa, et invite le gouvernement à prendre toutes ses responsabilités, faute de quoi, il y a lieu de rappeler que des violences de cette nature entraînant l’exode massif de populations ciblées, ne restent jamais  impunies dans l’histoire.

 

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination prend l’opinion nationale et internationale à témoin sur l’authenticité mais aussi la pertinence des présentes dénonciations, mises en garde, demandes, et recommandations.

 

 

 

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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