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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 11:30

30 mai 2010

Jean Arthur Awoumou

Union des Populations du Cameroun - UPC

 

Pour nous, la jeunesse c’est des compatriotes âgés de 18 à 39 ans. La jeunesse parait sacrifiée, et dépolitisée aujourd’hui. Par jeunesse sacrifiée, on n’entend les retombées négatives des décisions et actes politiques, économiques et culturels sur la jeunesse. La dépolitisation s’entend aussi comme abandon ou rejet de la politique, ou de la pratique politique par la jeunesse. Pourquoi la jeunesse est t’elle sacrifiée ? Pourquoi se dépolitise-t’elle ? Pour répondre à ces questions, nous essaierons de scruter les causes du sacrifice et de la dépolitisation de la jeunesse au sein du Kamerun actuel. Nous verrons aussi si d’autre choix sont possibles au regard de la situation en cours au Kamerun et en Afrique. 

I – Le Kamerun d’aujourd’hui.

a) Situation politique : le Kamerun est une dictature voilée. Le Kamerun a ratifié la déclaration des Droits de l’homme, le Kamerun a ratifié aussi les conventions de l’O.I.T . (Organisation Internationale du Travail). Elles sont violées régulièrement. Les partis politiques, les syndicats, les associations ne peuvent tenir des meetings, des conférences, faire des manifestations, ou faire des grèves à cause du chef de village, du chef de district, du Sous-préfet, du Préfet ou du Gouverneur au texte de troubles à l’ordre public. Ce trouble à l’ordre public est un alibi et outil de répression contre les partis, les syndicats ou les associations qui contestent les idées et les actes du gouvernement, du Chef de l’Etat ou du patronat. Les élections pluralistes ne sont que des mascarades électorales. La jeunesse mobilisée dans les partis et les associations s’est impliquée en 1991 dans les villes mortes pour la conférence nationale souveraine. Des milliers des jeunes ont perdu soit leur vie, soit leurs études, soit leur emploi du fait de répression du gouvernement RDPC. En outre, elle été désabusée par divers partis et associations qui sabordèrent les villes mortes pour la tripartite. Les jeunes se battent régulièrement enfin que les partis ou leaders proches du peuple soient élus. Les mascarades électorales,  les retournements de veste de divers leaders politiques, ainsi que la répression multiforme du gouvernement RDPC et alliés provoquent colère, déception et dépolitisation au sein de la jeunesse.

b) Situation socio-économique : le Kamerun ploie sous les programmes d’ajustement structurel (PAS) du Fond Monétaire International et de la Banque mondiale depuis 1986. Ces programmes d’ajustement structurel ont entraîné la privatisation de l’économie camerounaise, le chômage de masse, la paupérisation. Les jeunes ont ainsi vu leurs études interrompues du fait de la privatisation de l’Ecole. La majorité des jeunes a basculé dans l’informel pour survivre. Ils ne peuvent ni étudier, ni se soigner, ni fonder un ménage, ni survivre, du fait de l’économie de marché instaurée par le FMI et la Banque mondiale, d’où la prostitution, le banditisme, les déviances sexuelles, appelées hypocritement orientations sexuelles qui sévissent au sein de la jeunesse. La lutte pour la survie provoque également la dépolitisation de la jeunesse. 

c) Situation culturelle : cette pensée de Karl Marx à savoir que les valeurs de la classe dominante sont les valeurs dominantes de la société est vraie et vérifiée au Kamerun. La gabegie, les détournements des deniers publics, les trafics divers, l’enrichissement illicite et le tribalisme en cours au sein de la bourgeoisie camerounaise sont des valeurs pour la plupart des jeunes. Les jeunes sont victimes et consentants parce que désabusés ou n’ayant pas d’autres repères. Pour consolider la mainmise impérialiste sur le sol et le sous sol des pays Africains et du tiers monde, les Etats impérialistes ont décidé de contrôler les consciences des diplômés et de la jeunesse Africaine via les loges ésotériques ( voir à ce sujet : « le problème national en Afrique noire , le cas du Kamerun » ELENGA MBUYINGA, actuel secrétaire général de l’UPC et « Noir silence »de VERSCHAVE), et les « orientations sexuelles » ou déviances sexuelles. La jeunesse victime des programmes d’ajustement structurel est capturée par ses loges et courants religieux fanatiques qui œuvrent à la dépolitisation des jeunes.
Nous pouvons dire au regard de la situation actuelle du Kamerun, que la jeunesse est sacrifiée et fortement menacée de dépolitisation. Doit-t-on se résigner ?

II – D’autres choix sont possibles

a) Au plan politique : il est non seulement possible mais aussi vitale d’instaurer un système politique et démocratique au Kamerun pour que les mascarades électorales, les violations des Droits de l’homme, ou les conventions de l’OIT ne soient plus que des tristes souvenirs. Pour cela, il faut que la jeunesse se lève à nouveau de façon organisée pour revendiquer : la commission électorale nationale indépendante, l’élection présidentielle à deux tours, le droit de vote de la diaspora, le droit de vote à 18 ans, la remise immédiate de la carte d’électeur à l’inscription, et les candidatures indépendantes. L’expérience historique depuis 1992 au moins devrait permettre à la jeunesse de distinguer les partis réactionnaires et les partis de gauche. Les partis réactionnaires (de droite) sont ceux qui sont acquis au statu quo politique, socio économique et culturelle actuel. Les partis de gauche sont ceux qui remettent en cause ce statu quo actuel. L’UPC est ce parti de gauche, car depuis 1991 au moins, l’UPC est restée fidèle à elle-même et au peuple kamerunais, en remettant en cause l’ordre établi anti démocratique et anti populaire. La jeunesse peut compter avec elle et devrait lutter avec elle pour l’instauration d’un système politique démocratique. 

b) Au plan socio- économique : le néo-libéralisme, le capitalisme, et le néo-colonialisme ne sont pas des horizons indépassables. La rupture avec le libéralisme, et le néo- colonialisme est possible et réelle. Au Kamerun, l’UPC dans son projet de société, adopté au 9e congrès en Août 2008 propose un notre mode socio-économique de progrès pour tous et de développement en rupture avec les P.A.S , le libéralisme et le néo-colonialisme. A l’étranger, ces ruptures sont faites en Angola, en Libye, au Venezuela, en Bolivie et à Cuba. 

c) Au plan culturel : l’UPC a également proposé au peuple kamerunais et à la jeunesse une autre dimension culturelle pour un Kamerun nouveau dans son projet de société adopté à son dernier congrès en Août 2008. il est indispensable que la jeunesse se mobilise avec l’UPC pour la laïcité de la société, l’esprit scientifique, la probité, l’altruisme, le patriotisme et le panafricanisme. La jeunesse doit aussi se battre pour la vulgarisation de la littérature scientifique en lieu et place des littératures obscurantistes et asservissantes actuelles, pour une renaissance culturelle africaine, pour la construction des musées, des laboratoires, des centres de recherches scientifiques, des bibliothèques, des conservatoires, des statuts, des mémorial, et un panthéon pour les héros, les martyrs, et tous ceux qui ont contribué de façon importante à l’essor du Kamerun et de l’Afrique. 
Comme on le constate, d’autre choix sont possibles. La résignation, l’émigration, l’embrigadement, dans les loges ésotériques, les déviances sexuelles et autres courants religieux enthousiastes ne sont des choix obligatoires. 

En somme, nous pouvons dire que l’Etat politique, socio-économique et culturel actuel du Kamerun sacrifie la jeunesse et entraînent dangereusement la dépolitisation de la jeunesse. Faut t-il pour autant baiser les bras ? La réponse est négative car d’autres choix sont possibles et même nécessaires tant aux plans politique, socio-économique que culturel. Il existe des organisations syndicales et politiques comme l’UPC qui veulent mettre un terme aux P.A.S, au libéralisme, au néo-colonialisme, et à la dictature déguisée. L’UPC s’oppose hier comme aujourd’hui à l’oppression et à l’exploitation des masses populaires de la jeunesse du Kamerun et de l’Afrique. L’UPC s’oppose à l’ordre socio-politique qui sacrifie la jeunesse à l’autel des intérêts de la bourgeoisie locale et étrangère, par conséquent l’UPC s’oppose à la dépolitisation de la jeunesse qui est un vecteur d’assujettissement du Kamerun et du maintien du statu quo politique, économique et culturel actuel.


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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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commentaires

patrick essiane 25/01/2011 20:15


j'ai eu l'impression de suivre un révolutionnaire alors que je suis un autre vendeur d'illusion comment pouvez-vous dire que l'upc est un parti de gauche alors qu'il faisait parti de la majorité
présidentielle au dernier législature alors kodock et ogbe s'entre déchire qu'est ce qui peut encourager d'intègrer 1 tel parti?


Textes De Juliette