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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 01:05

7 mai 2011

Georges Alain Boyomo

Mutations



Les hommes d’affaire allemands redoutent la corruption et l’environnement juridique des affaires au Cameroun. 


Le gouvernement camerounais a déroulé le tapis rouge du 26 au 29 avril dernier à représentant personnel de la chancelière fédérale allemande chargé de l’Afrique, Günter Nooke. Les échanges entre les deux parties ont essentiellement porté sur l’état des relations économiques entre le Cameroun et l’Allemagne. Officiellement, ainsi que l’indique les services de l’ambassade d’Allemagne à Yaoundé, la coopération entre les deux parties est sans nuages. 

 

Le Cameroun appartient d’ailleurs au cercle des 57 pays partenaires sur lesquels se concentre la coopération allemande au développement. «Les négociations intergouvernementales entre le Cameroun et l'Allemagne ont eu lieu du 22 au 23 septembre 2010 à Bonn conformément à leur plan d'échéance deux ans. Au cours de ces négociations les deux partenaires ont réaffirmé l'importance des trois secteurs prioritaires dans lesquels la coopération allemande au développement est actuellement concentrée [la santé et le Vih/Sida, la gestion durable des ressources naturelles ainsi que la décentralisation, le développement local et la gouvernance, ndlr]. Ces secteurs cadrent parfaitement avec les objectifs de développement du Cameroun», précise la chancellerie allemande. 

 

A la différence de l'échéance précédente, révèlent encore les services de l’ambassade d’Allemagne «un don d'un montant global de 77 millions d'euros a été octroyé au Cameroun pour le compte de la période 2010-2013. 40 millions d'euros de cette enveloppe seront destinés à la coopération financière alors que 37 millions iront à la coopération technique. 

 

L'engagement de l'Allemagne connaît ainsi une légère hausse par rapport aux dernières négociations en 2008. Ceci fait de l'Allemagne le bailleur bilatéral le plus important à côté de la France».

 

Mais, à l’analyse, la coopération germano-camerounaise effectue un mouvement de balancier, depuis quelques années, entre la langue de bois diplomatique et le désamour. «Le Cameroun et l’Allemagne sont liés par un passé commun. Malheureusement, la situation des relations économiques actuelles ne reflète pas ce lien historique. L’Allemagne – la plus grande force économique de l’Union européenne – et le Cameroun – la plus grande force économique dans la sous région de la Cemac – n’utilisent pas mutuellement leurs potentiels», soulignait, dans ce sens, le Club des amis [camerounais] de l’Allemagne. Club qui a organisé en décembre 2009 en partenariat avec l’Association des Entreprises germano-africaines les « Journées Camerounaises en Allemagne». Et en 2010, en partenariat avec le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) et la Chambre de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (Ccima) les «Journées germano-camerounaises» à Douala. 


Indices

En 2009 déjà, à l’occasion d’une encontre entre le Club des amis de l’Allemagne et l’ambassadeur d’Allemagne au Cameroun, Blumberger-Sauerteig, celle-ci déclarait que «sur un millier d’entreprises allemandes de la seule ville de Hambourg exerçant en Afrique, aucune n’est établie au Cameroun». M. Krause, alors représentant en Afrique Centrale du ministère des Affaires étrangères allemand invoquaient deux facteurs pour expliquer cet état des choses: l’image de pays corrompu que le pays projette à l’extérieur et la perte de crédibilité des hommes d’affaires camerounais auprès de leurs homologues allemands. Dans la même veine, l’actuel ambassadeur de l’Allemagne à Yaoundé, Reinhard Buchholz, déclarait au quotidien La Nouvelle Expression en mars dernier, s’agissant de la lutte contre la corruption, que «Le Cameroun peut mieux faire. Bien sûr, ce n’est pas satisfaisant dans tous les indices internationaux en ce qui concerne la corruption. D’après le classement de Transparency international depuis plus de 10 ans, le Cameroun se trouve toujours quelque part entre la 137e et la 143e place. II y a stagnation. Nous savons très bien que le gouvernement est préoccupé par la corruption. 

 

Mais, ce n’est pas du tout satisfaisant». Par-delà, les investisseurs allemands n’ont pas oublié les déboires de la société Reemtsa Cigaretten Fabriken Gmbh avec son partenaire camerounais Sitabac sur la propriété de la marque de cigarette Delta, une affaire qui les aurait fait plus de 11 milliards Fcfa, encore moins la discorde entre la brasserie Siac-Isenbeck et son associé camerounais Alphonse Bibehe. La dernière visite de l’envoyé spécial de la chancelière, Angela Merkel, va-t-elle réchauffer les relations économiques entre le Cameroun et l’Allemagne ? La question trouvera probablement bientôt réponse.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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