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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 11:47

27 avril 2010

Le Messager

 

Ce document produit le même jour par la section des affaires publiques de l’ambassade des États-Unis d’Amérique au Cameroun déplore la mort du journaliste Bibi Ngota, qui était en détention préventive à la prison centrale de Kondengui et exprime ses plus sincères condoléances à la famille et aux amis si durement éprouvés. 

Ledit communiqué indique que cette représentation diplomatique continue de suivre de près les cas Harrys Robert Mintya et Serge Sabouang, qui restent en détention provisoire pour les mêmes charges que M. Ngota. « Le gouvernement camerounais s’étant engagé à enquêter sur les circonstances de ce décès, cette étape positive doit être effectuée de manière globale, transparente et sans délai », y lit-on. Le pays de Barack Obama observe que la mort tragique de Bibi Ngota met en lumière « les mauvaises conditions de détention dans les prisons camerounaises, ainsi que le nombre élevé de détenus qui attendent encore d’être jugés par un tribunal de droit ».

L’ambassade interpelle alors le gouvernement sur la nécessité de renforcer la protection des droits de l’Homme au Cameroun, y compris la liberté de presse et la liberté d’expression. Cette réaction vient s’ajouter à de nombreuses autres enregistrées à travers le monde, parmi lesquelles celles du Quai d’Orsay. Vendredi dernier, lors de son point presse quotidien, La France a demandé à ce que la « lumière soit faite » sur cette disparition. 

« La France ne peut que déplorer le décès d’un journaliste en prison où que ce soit et quelles que soient les charges retenues contre lui », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Un sit-in ce jour devant la primature

C’est le 5 février dernier que Bibi Ngota est enlevé avec deux autres journalistes. Ils sont conduits à la direction générale des renseignements extérieurs (DGRE) dans le quartier du Lac à Yaoundé. Des sources rapportent que dès leur arrivée, ils subissent des interrogatoires musclés et de mauvais traitements. Bibi Ngota aurait évoqué sa maladie aux enquêteurs pour obtenir plus de ménagement, sans succès. 

Bien au contraire, « il sera sévèrement torturé au point de se relâcher », décrit notre source qui ajoute que l’infortuné souffre dès lors d’une hernie et d’une hypertension artérielle aiguë. Son tortionnaire l’aurait même obligé à nettoyer à mains nues les matières fécales, apprend-on. Mais effrayée par son état de santé, la DGRE le relâche plus tôt que ses compagnons. 

Traumatisé par les actes barbares subis dans les sous-sols de la DGRE, Bibi Ngota se réfugie dans son village, près d’Ebolowa, pendant quelques temps, avant de rentrer à Yaoundé se faire soigner à l’hôpital de Biyem Assi, d’où il sera à nouveau cueilli, le 10 mars 2010, pour la prison où il est placé en détention préventive suite à une plainte du secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso.

Robert Mintya Meka, directeur de publication du Devoir et Serges Sabouang (toujours en détention) sont également écroués le même jour à la maison d’arrêt de Kondengui à Yaoundé. Y étant, l’état de Bibi Ngota va se dégrader jusqu’à ce qu’il finisse par rendre l’âme, dans une cellule surpeuplée et infecte de cette prison centrale, jeudi 22 avril dernier. Le Code encourage l’ensemble de la presse camerounaise à observer une « Journée sans journaux» ou à publier dans l’une de leurs prochaines éditions une « Page noire pour Bibi Ngota » afin de protester contre ce crime inadmissible contre la presse nationale. De leur côté, les confrères projettent un sit-in ce jour, 27 avril 2010, devant la primature à Yaoundé et devant les services des gouverneurs pour ceux qui sont dans les autres régions. Mais jusqu’à ce que nous allions sous presse hier soir, rien n’avait encore été arrêté de façon précise pour une unité d’action.

Acculé, le régime de Yaoundé multiplie les initiatives. Dans une déclaration hier sur les antennes de la CRTV-radio, Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication a indiqué que le président de la République avait ordonné une enquête sur les circonstances du décès de Bibi Ngota. Sur la même lancée, le MINCOM a programmé le début de l’autopsie ce mardi. Et, pour donner des gages de transparence à l’opinion, il annonce la présence d’un journaliste qui devra témoigner au nom de la corporation du déroulement de l’opération. Selon nos recoupements, il s’agit de Félix Cyriaque Ebolé Bola, le secrétaire général de la South media corporation, société éditrice de Mutations. Joint hier au téléphone par Le Messager, le directeur de publication de Mutations, Alain Blaise Batongué confirme l’information et précise qu’il a donné le nom d’Ebolé Bola après avoir été consulté par Issa Tchiroma. Quels sont les critères ayant guidé le choix de Mutations et non par exemple une organisation corporative des journalistes ? En acceptant d’être le témoin de la presse, Félix Cyriaque Ebolé Bola a sans doute mesuré toute la responsabilité qu’il porte.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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