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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:13
5 septembre 2011
Pr. Franklin Nyamsi

“A man regards a piece of evidence as convincing. This is but another phrase for saying he is convinced.”James Mill, The Principles of  toleration.
 
 
 
L’une des raisons du désastre humain en cours dans les sociétés africaines contemporaines tient précisément à la multiplication des types d’impostures. Aux prédateurs de richesses et de droits humains, se sont adjoints des prédateurs de vérités qui affectent le plus naturellement du monde la morgue patriotique pour masquer leurs lâchetés les plus ostensibles. Un observateur mal averti des reconversions de l’obscurantisme africain n’y comprendrait que dalle. Il faut pourtant savoir lire dans le pavé mosaïque de leurs contorsions tragicomiques, en se servant des armes imparables de la pensée logique et de la traçabilité archivistique. A l’imposture de leaders politiques s’autoproclamant in extremis nationalistes et anticolonialistes quand leurs fauteuils sont convoités par des rivaux locaux, s’ajoute l’imposture de nouveaux ralliés à la cause nationaliste africaine, qui croient pouvoir se faire une place dans les rangs de l’intelligentsia critique en affectant l’indignation, en se présentant comme victimes d’un vaste complot mondial, afin d’occulter leurs propres liens intimes avec les forces criminelles de domination qui font rage dans le berceau même de leurs ancêtres.

On veut ainsi occulter les contradictions africaines internes en s’abritant derrière la ligne de fracture internationale entre les grandes puissances planétaires et le reste des nations. Dans cette manœuvre, quelques bousilleurs sans talent autre que la parole délirante se sont hélas glissés. A l’imposture d’ alphabètes sommaires propriétaires d’un ordinateur qui se prennent pour des gens de culture ou de science, s’ajoute ainsi celle de prophètes de foire se servant d’une intelligence grossière de la Révélation Chrétienne pour empoisonner les opinions par l’usage des fantasmes populaires, des imprécations apocalyptiques, de la terreur mythique et l’exacerbation des confusions de toutes sortes. On a vu ainsi les délires du soi-disant Révérend Koné Malachie en Côte d’Ivoire, prédisant pour la mi-août 2011, le feu du ciel aux adversaires de son mentor  de Mama, avant de s’éclipser quand l’autre rejoignait la résidence présidentielle de Korhogo. Entre temps, l’actuel président intérimaire de l’aile très radicale du FPI, Miaka Oureto,  annonçait officiellement le soutien  du parti déchu à la candidature d’Henri Konan Bédié, président du RHDP, pour le Prix Nobel de la Paix. Merveille des merveilles de l’opportunisme politique ! Voici que le délire des révérends s’empare à son tour du Cameroun.

Ces pasteurs/imposteurs de tous poils, dont la faune devrait faire l’objet d’une somme à charge, ont malgré tout un point en commun : ils se taisent ou minorent la responsabilité des despotes de leurs pays natals, tout en éructant lâchement sur les drames en cours dans d’autres contrées. Ainsi, ils passent pour des croisés de l’anticolonialisme et de l’anti-impérialisme international, alors même que ce sont les pires chevaliers-servants de la bêtise afro-africaine. Comme Calixte Beyala et Gaston Kelman passant le criminel Biya sous silence, nos imposteurs de seconde zone parlent rarement voire ne parlent jamais vraiment de leurs propres tyrans préférés pour des raisons intéressées. Ils minorent la nuisance de gens  comme Biya qui  se sont alignés, dès les indépendances, sous le diktat du colonialisme et de l’impérialisme que leurs adorateurs feignent de combattre par ailleurs. Nous laisserons-nous distraire par le jeu infect de ces plumitifs sans scrupules ? Suffira-t-il qu’on fasse de la dictature de Biya une lapalissade pour être admissible parmi les esprits véritablement critiques de notre temps ?

Ainsi en est-il du soi-disant Pasteur Guy François Olinga - à l’ esprit fort trouble comme je l’établirai - qui se croit en mesure de porter le fer contre moi parce que j’ai appelé Gaston Kelman et Calixte Beyala, franco-camerounais comme moi, à s’exprimer avec autant de véhémence contre le despote Biya Bi Mvondo de Yaoundé, qu’ils l’ont fait pour défendre les despotes finissants Gbagbo et Khadaffi, auprès desquels nos écrivains à scandale se sont taillés de nouvelles égéries ces derniers mois dans tous les médias. Qui est Guy François Olinga ? Que dit-il ? Que me reproche-t-il ? Ce qu’il me reproche est-il fondé ? Qu’ai-je à répondre à l’espèce de tribune en entonnoir qu’il a publiée sur le présupposé « Ultime assaut des maîtres du monde » dont je serais le maillon médiocre de la longue chaîne ? La gravité et l’incohérence des accusations de ce camerounais du Canada qui craint de se faire mettre une puce quelque part – je n’invente rien- , sont telles que par-delà sa pathologique personne, la présente réponse, qui fait écho à celle que j’adressai autrefois aux « Gueulards de l’anticolonialisme dogmatique », aura une valeur pédagogique pour d’autres obscurantistes embusqués.

I L’irrévérent  Olinga dans tous ses états : critique de la méthode d’un obscurantiste sans talent.

A lire la prose de cet individu, on a de la peine à comprendre comment il se souvient de son propre nom tous les matins à son réveil. Incohérences, contradictions, confusions conceptuelles en tous genres, prospèrent dans ses dires successifs, sans qu’il ne s’impose jamais d’y revenir. L’homme parle comme un fleuve se perdant dans la plaine. Les choses qu’il dit après celles qu’il a dites n’ont rien à voir les unes avec les autres. Guy François Olinga confond de fait l’écriture du fait politique avec les poussées emphatiques de ses prêches du dimanche. Sa parole, déliée de toute exigence de cohérence, est pur bruit, flatus vocis où les effets de manches masquent mal une ignorance crasse et substantielle des questions évoquées. Vous en doutez ? Examinons la matière du texte de notre tribunicien à la petite semaine pour en décider.

L’argument – si on peut l’appeler ainsi – de l’irrévérent Guy François Olinga au sujet de la marche du monde est à la fois simple et grossier : il existerait, dans son imaginaire enfiévré par la lecture sommaire des textes évangéliques apocalyptiques,  une petite clique de personnes qui se prennent pour les Maîtres du monde , usent des moyens militaires, économiques, médiatiques et culturels pour réduire la pensée multiforme des sociétés humaines à la pensée unidimensionnelle, afin d’instaurer un Gouvernement Mondial satanique. Olinga nomme ce gouvernement mondial sans prendre la peine d’en citer les dirigeants, comme pour laisser au lecteur le soin de parachever le montage de ses propres délires. Ceux qui savent lire le non-dit de notre irrévérent personnage retrouveront au fond dans l’esprit et la lettre de son texte, une antienne fort connue qui combinant les ingrédients théoriques de deux courants idéologiques obscurantistes et conspirationnistes bien rôdés dans l’opinion internationale depuis des siècles : d’une part l’antisémitisme, d’autre part l’anti-maçonnisme. L’irrévérent Olinga défend en réalité la thèse de l’existence d’un vaste complot judéo-maçonnique pour diriger la planète. Identifiant ce judéo-maçonnisme au satanisme, il se présente comme le défenseur du Christ face aux légions de Satan. Une culture religieuse sommaire conduit inévitablement à de telles conclusions. Au fond, Olinga a-t-il seulement songé que la nécessité d’une gouvernementalité mondiale- par-delà les fantasmes mythologiques de gens sans culture symbolique et intellectuelle- est une donnée objective de notre siècle en raison précisément des crises climatiques, écologiques, nucléaires, économiques, sociales et politiques que véhicule la mondialisation capitaliste en cours ?  Olinga a-t-il seulement idée que s’opposer à l’idée d’un gouvernement mondial est aussi stupide que s’en tenir à la seule version impérialiste ou totalitaire de cette gouvernementalité mondiale ? Enfin, Olinga a-t-il connaissance de la hauteur éthique du judaïsme ou de la valeur anthropologique de l’école de perfectionnement maçonnique dans l’histoire des civilisations d’Occident, d’Orient et d’Afrique ? L’homme se mure dans une mauvaise foi et une ignorance prétentieuse aussi épaisses que la pâte d’Okok.

Ces questions lui passent manifestement par-dessus le chapeau. Occupé à affirmer sans preuves, il procède par copier/coller des derniers fantasmes de certains persécutés imaginaires qui polluent le web.  Voilà comment notre homme jette le bébé et l’eau sale du bain. La vérité dans cette affaire - thèse que nous défendons- est qu’il est nécessaire de structurer une gouvernementalité mondiale sur la base des principes de fraternité, de solidarité, de responsabilité et de justice, ce qui passe autant par une réforme des institutions internationales vers une plus grande multilatéralité, que par le renforcement des luttes locales pour la démocratie afin de donner aux peuples et citoyens du monde entier, les moyens d’être effectivement acteurs et auteurs de leur devenir, dans un vivre-ensemble sans cesse perfectible. Dans la perspective progressive d’un gouvernement démocratique planétaire qui est la destination impérieuse de l’homo sapiens s’il ne veut périr de ses propres œuvres, il est précisément nécessaire de mettre en place les mécanismes intellectuels, moraux, socioéconomiques et politiques consolidant du proche au lointain et inversement, dans le cadre d’une politique de civilisation qui donne chair terrestre à la tolérance mutuelle et bien pesée des convictions privées. 


II L’irrévérent Olinga enfonce ses mentors par sa défense de bousilleur

Allons plus loin dans l’analyse de l’effarante incapacité  d’articuler une pensée critique chez ce vendeur d’illusions terrifiantes. L’imposture grossit alors comme un nuage d’orage à l’horizon. L’irrévérent Olinga se prend pour un prophète éclaireur de consciences, au nom de la science infuse de la Révélation Chrétienne qu’il a sommairement agitée, mais aussi en se réfugiant derrière l’ignorance crasse qui voile son évocation des intellectuels camerounais qu’il croit connaître. Nous nous sommes imposé la tâche ingrate de parcourir les thèses éculées de notre barbouze de l’écriture dans la presse cybernétique récente. Que d’aberrations flagrantes ! Concluant un article de 2011 sur le despote finissant Gbagbo, qu’il nomme par ailleurs « Notre leader tant éclairé et aimé »[1] Olinga ne craint pas d’écrire : « Autant dire que sans le soutien de Jésus-Christ, la cause me semble perdue d’avance ».[2] Puisque Laurent Gbagbo, aujourd’hui incarcéré à Korhogo, a fini par perdre le pouvoir le 11 avril à Abidjan, faut-il en déduire que le Christ a plutôt choisi Alassane Ouattara ? Si le soutien du Christ a été retiré à Gbagbo et donné à Ouattara, selon la logique de notre dogmatique, comment comprendre que ses mentors Kelman et Beyala ne se rangent finalement pas derrière celui que soutiendrait le Christ ? Mieux encore, Olinga établissait en fin 2010 dans un autre article que parce que Gbagbo a commis de graves erreurs, il devrait quitter le pouvoir. Comment comprendre que le même Olinga[3] soutienne Calixte Beyala présentant Gbagbo en 2011 comme le parangon de la cause des africains ? Vertigineuse folie !

Olinga, du fond de son repaire de Québec où il rassemble et exploite les ragots de toutes sortes, opère dans ce tohu-bohu indistinct, un distinguo fictif entre d’une part, les « acteurs/auteurs principaux/esprits d’élite » qui comprendraient le jeu de dames stratégique du monde, et d’autre part  les visionnaires qui cogiteraient sur la destinée du monde et agiraient pour accomplir leurs visions, « Quitte à perdre les faveurs financières et médiatiques des Maîtres du monde ». Bien comprendre notre crypto-écrivain, c’est donc identifier d’une part les Obama, Cameron, Sarkozy, Merkel, Netanyahu, bref les grandes puissances occidentales et leurs puissances alliées, comme Maîtres autoproclamés du monde. C’est ensuite ranger Beyala, Kelman et ceux qui leur ressemblent dans la catégorie des visionnaires intellectuels qui, capables de se faire harakiri, dénoncent quand ils l’estiment nécessaire, les crimes en cours des Maîtres du monde. Cette distinction imaginaire révèle cependant vite ses limites car Olinga affirme pourtant que ces mêmes visionnaires intellectuels doivent leur statut aux faveurs financières et médiatiques des Maîtres du monde. Ainsi, Beyala et Kelman seraient des agents alternatifs du complot judéo-maçonnique international, dont ils se démarqueraient de temps à autre quand ils estiment que les Maîtres du monde exagèrent…Hilarante et vertigineuse logique d’ignare ! Olinga raisonne comme une foire à tout, dans un bric-à-brac de bribes poussant la confusion de son dire au paroxysme. Comment comprendre que Guy François Olinga défende encore ceux qu’il accuse insidieusement d’être de temps à autre au service de la domination internationale ? Dans la logique absurde de l’argument que nous analysons, on peut donc supposer que l’irrévérent Olinga veut encourager Kelman et Beyala à s’émanciper davantage des Maîtres du monde, tout en stigmatisant ceux qui – entendez pour lui Franklin Nyamsi – serviraient toujours les desseins du supposé complot judéo-maçonnique des Maîtres du monde. A quoi s’en tenir quand un type a l’esprit aussi confus ? Un fanatique de cette espèce mérite-t-il l’hospitalité d’une démocratie ?

L’irrévérent Olinga entre enfin dans la description de la prise en main du monde par les comploteurs de son cru. On s’attendrait à voir une description des mécanismes économiques, sociaux, politiques et culturels de la domination du capitalisme financier ravageant l’équilibre de la distribution des richesses dans le monde. Cette description devrait l’amener à décrire d’abord le système duRenouveau National, dans lequel il a longuement pris ses aises d’antan, d’où ses nombreuses omissions de Biya dans les listes de dictateurs[4] qu’il agite. Car il existe de fait un conflit éthique et politique profond entre ceux qui veulent de la mondialisation capitaliste et ceux qui n’en veulent pas, entre ceux qui combattent les despotes de tous pays et ceux qui ne les combattent pas, entre ceux qui savent que le projet communiste de gouvernement mondial et le projet capitaliste sont tous inféconds, et ceux qui ne savent pas que nous avons résolument besoin d’un nouveau paradigme de la vie sur terre pour affronter les défis démographiques, écologiques, démocratiques et stratégiques qui s’imposent à notre espèce. On s’attendrait donc à ce que notre irrévérent écrivant esquisse ne serait-ce que les fondements d’une mondialisation autre que celle du Capital. Foin de tout cela. Son esprit enténébré par l’interprétation sommaire des textes bibliques et par le tout venant des fantasmes apocalyptiques qui animent la blogosphère s’emballe.  Ici se révèle toute l’emprise des préjugés, des fantasmes, des fables archaïques  sur l’entendement de notre défenseur du binôme infâme Beyala/Kelman. Nous serions en voie de nous faire tous mettre la marque du Diable par les comploteurs judéo-maçonniques à l’œuvre pour l’instauration du Gouvernement Mondial. Voyant le Diable partout, sauf dans les détails de ses propres silences, craignant l’ intrusion insidieuse de Lucifer dans les entrelacs sinueux de son âme corporelle, le pasteur Olinga a peur de finir par se faire mettre une puce électronique quelque part. Son fantasme de pénétration par effraction se mue en syndrome de persécution. Il fantasme le viol électronique des corps pour prouver sa thèse, mais dans le même geste il redoute l’orgie imaginaire qu’il s’offre. Et c’est de cette peur d’être violé qu’il tire toute l’épaisseur de sa littérature d’oiseau de malheur, témoignant ainsi d’un impensé de représentations confuses, où l’érotique se confond au prophétique, les pulsions accélérant alors la ratiocination dans sa scène mentale fort primitive de catéchiste de la terreur instrumentale. Ce type est un indécrottable jouisseur. Souffrons donc de faire lire l’ahurissant déferlement d’hallucinations précipitées par l’irrévérent Olinga. Le délire de l’affreux imposteur s’exprime ici tout seul, dans le style pernicieux du vraisemblable déguisant le faux : 

« Tous les hommes seront alors invités à se faire volontairement implanter la micro-puce sous la peau. Tous les résistants à ce mouvement se seront eux-mêmes mis en marge de la société, puisqu’ils ne pourront plus percevoir un salaire, payer un loyer, échanger des services et des produits. La micro-puce électronique contiendra un enregistrement unique composé de plusieurs zones dans lesquelles seront enregistrées les informations aux moindres détails concernant son porteur. »[5]

Sans commentaire. Ou alors oui, quand même : avec de telles idées, il ne reste plus à notre irrévérent imposteur Olinga qu’à quitter le pays de haute technologie qui l’accueille indûment, le Canada, et à aller se réfugier dans les taillis de la forêt équatoriale pour y revivre le temps de la civilisation paléolithique. Probablement, l’irrévérent Olinga, vivant au Canada en 2011, ne possède ni téléphone, ni carte bancaire, bref rien qui ne comporte de puce. Et s’il devait se faire infliger un jour l’outrage d’une pose de peace-maker dans le cœur, il y verrait l’accomplissement de sa prophétie hystérique. Non, Olinga ne veut pas se faire mettre une puce quelque part et il tenait à nous le faire savoir ! Rien que cela, car il préfère fuir la marque du Diable pour se protéger sous la marque de Biya. Autant fuir la pluie pour se cacher dans la rivière ! Venons-en pour en finir à l’acte d’accusation insipide de notre sicaire inavoué du biyaïsme.

III Franklin Nyamsi, complice criminel des Maîtres du monde ?

Déterminé à régler des comptes théoriques que ni Beyala, ni Kelman – dont le niveau intellectuel est des plus délabrés dans l’historiographie des intellectuels camerounais – ni Mono Ndzana, ni Charles Mbélé, ni Lucien Ayissi, ni Towa,   bref qu’aucun membre de la coterie des adorateurs avoués et inavoués de Biya ne peut régler victorieusement avec moi sur le plan des idées, l’irrévérent imposteur Guy François Olinga procède dans la dernière partie de sa tribune de paranoïaque rdpciste : 1)  à un classement séparant ses soi-disant esprits de ceux qu’il qualifie d’esprits médiocres ; 2) à une mise à l’index de ma personne comme complice criminel d’Obama, de Cameron, de Sarkozy, de Barroso, bref co-responsable des crimes des grandes puissances en Afrique ; 3) à une exhortation moralisante tirée du livre biblique des Galates qui m’inviterait à examiner mon comportement. Examinons patiemment chacun de ces outrages, pour montrer dans toute sa hideur, l’esprit d’hypocrisie et de lâcheté qui anime les dires cryptés et contradictoires de notre religieux à la ramasse.

III.1 Ma tribune[6] contre Beyala et Kelman consistait en une thèse essentielle : des intellectuels camerounais ne peuvent pas vouloir la démocratie en Côte d’Ivoire ou en Lybie, tout en étant complices du système dictatorial de M. Biya au Cameroun. La méthode qui consiste à vitupérer contre l’impérialisme international et à se taire sur les mécanismes endogènes de domination à l’œuvre dans les pays africains a un nom : l’anticolonialisme dogmatique. Sa technique est sous couvert de patriotisme, de couvrir les crimes des dictateurs locaux en dénonçant hypocritement les grandes puissances que ces dictateurs locaux servent pourtant servilement. Or tout le monde le sait, Kelman et Beyala, comme tous les intellectuels organiques du RDPC, n’ont jamais esquissé publiquement une critique objective du système de Paul Biya. Cet homme a  assassiné des milliers de camerounais en 30 ans, parmi lesquels de nombreux prélats, tels par exemple le père Mveng ou l’abbé Mbassi. Des camerounais de toutes origines sont tombés sous les balles assassines du RDPC.  Lors des récents événements de 2008 par exemple, nos foireux Kelman et Beyala se terraient dans leurs antres en France. Biya a verrouillé, y compris par l’esbroufe d’ELECAM, le système politique camerounais, sans que nos forts-en-gueule ne s’en émeuvent. Les bilans social, économique, culturel et politique du régime RDPC sont comme tout le monde le sait, affligeants, mais nos gueulards enjambent la monstruosité camerounaise pour aller pérorer à mort sur les conflits politiques d’ailleurs. Dans cette démarche d’occultation qui leur est typique, l’irrévérent imposteur Olinga bat tous les records, car dans ses écrits contre les dictateurs africains, le seul qu’il ne cite jamais, le seul qu’il n’analyse jamais, c’est précisément le monstre Biya. La technique qui consiste à dire que parler du dictateur Biya c’est faire dans la lapalissade n’est rien d’autre que celle du déni de réalité. Faire de la dictature de Biya une lapalissade, c’est au fond en faire un détail sans importance, comme si un homme qui crie était un ours qui danse. C’est au fond minorer les crimes du biyaïsme, pour mieux prédisposer l’opinion à les oublier. Olinga est un tacticien de l’amnésie par euphémisme. Si dire que Biya est un dictateur n’est pas inventer la roue, réussir à écrire un appel à la repentance[7] des dictateurs africains sans jamais citer Biya une seule fois, c’est un miracle que seuls des suppôts inhibés du biyaïsme savent accomplir.

III.2  La liste des esprits d’élite de l’irrévérent imposteur Olinga comprend donc  pêle-mêle : Beyala, Kelman, Monga, Mbembé, Monenembo, Moubamba, Mono Ndjana, Touoyem, Ayissi, Mbélé. Dieu merci ! Je n’y figure pas. C’est le seul outrage que je remercie l’ignare irrévérent Olinga de ne m’avoir pas fait en sa sinistre tribune, même si je n’en reviens pas qu’il ait osé salir les citoyens radicaux Achille Mbembé et Célestin Monga dans son délire classificatoire. Mais allons plus loin dans l’analyse de cette liste. Nom par nom, nous verrons que l’irrévérent Olinga est un cerveau brouillé, car il mélange résolument la chèvre et le chou, ignorant suprême qu’il est du contenu des prestations intellectuelles des gens qu’il cite.

Calixte Beyala, esprit d’élite ? Plagiaire reconnue de Ben Okri, oui ! Franco-camerounaise comme moi, Beyala n’est pas connue pour des travaux intellectuels de référence. Elle n’a réussi aucun concours universitaire en France – l’élite intellectuelle se reconnaît en France par l’excellence compétitive des grands concours  -  et ne fait pas partie de l’Université, où s’imposent les esprits d’élite ici. Mongo Beti, agrégé de l’Université française comme moi-même, en savait davantage et il faut lire avec intérêt son célèbre papier sur Beyala[8]. Pour quelle analyse sociale, politique ou culturelle de référence Beyala serait-elle une visionnaire ou esprit d’élite ? On n’en connaît pas. Cette dame est certes une romancière connue, mais elle est aussi  à certaines de ses heures libres plagiaire ou roturière parisienne. Ce sont des faits. Elle trouve Chantal Biya très brillante et n’a jamais écrit le moindre texte contre son dictateur préféré, Biya ! Ancienne amatrice de dictateurs de tous poils, elle s’est jetée dans la mêlée des anticolonialistes dogmatiques quand Sarkozy ne lui pas offert le fauteuil de l’OIF. Tout le monde le sait. C’est une enfant gâtée. Beyala, amatrice de scandales où l’érotique se mêle au politique et aux intrigues raciales n’a donc jamais été pour moi qu’un épiphénomène individuel.

Gaston Kelman, esprit d’élite ? Quel drame ! L’auteur malicieux de l’ouvrage négationniste Je suis noir mais je n’aime pas le manioc , bien connu pour ses entrées dans la droite colonialiste de France, dont il a été conseiller politique – chez le ministre Eric Besson -  peut-il me donner des leçons d’anticolonialisme ? Il faut être aussi bougre que l’irrévérent Olinga pour le penser. Ce vendu de l’inhibition nègre peut-il m’affronter avec succès dans un débat public ? N’a-t-il pas rudement mordu la poussière face à moi lors d’un débat public au Palais de l’Immigration à Paris en 2010 ? L’animateur social Kelman a-t-il titre et qualités pour se prévaloir d’une quelconque avance intellectuelle sur un agrégé/docteur de l’université française en philosophie ? Pour quels faits d’armes dans le domaine de l’intelligence théorique Kelman, serviteur périphérique de la sarkozie peut-il passer pour un esprit d’élite aux yeux du monde ?  Pitié, Olinga !

L’irrévérent Olinga ose mêler Achille Mbembé et Célestin Monga à sa liste de fous de l’anticolonialisme dogmatique. Affligeante contradiction ! N’est-ce pas le RDPC de Mono Ndjana qui embastilla Célestin Monga à la fin des années 80 ? Ne sont-ce pas les mêmes sicaires du biyaïsme qui contraignirent Achille Mbembé à quitter l’Université Camerounaise au milieu des années 80 du fait de son travail remarquable sur la mémoire de Ruben Um Nyobé et l’histoire de la lutte nationaliste camerounaise ? On ne peut considérer que Mbémbé et Monga sont des élites au même titre que leurs bourreaux locaux, ou ceux qui s’acharnent à proclamer précisément qu’ils sont des valets de l’impérialisme ! L’inculte irrévérent Olinga a-t-il seulement conscience du fait que les Mono Ndjana, Ayissi, Mbélé, bref toute la bande des criminels en cols blancs du biyaïsme tapis dans l’Université Camerounaise, ont consacré de larges extraits de leurs ouvrages à présenter justement Mbembé et Monga comme des suppôts de l’impérialisme international ? Olinga a-t-il par exemple lu le livre de l’hypocrite Charles-Romain Mbélé[9] qui accuse ni plus, ni moins, Eboussi Boulaga, Jean-Marc Ela, Jean Godeffroy Bidima, Achille Mbembé, d’être les suppôts intellectuels de l’impérialisme international en Afrique ? L’œuvre de Mbémbé[10] et Monga, véritables critiques de la postcolonie et notamment farouchement opposés à ce qu’ils nomment l’ensauvagement du Cameroun ou la satrapie de Biya, n’a rien à voir avec les élites corrompues élues par l’inculte Olinga. De grâce, M.Olinga, reprenez utilement le chemin  de l’Université et fermez-la pour un temps ! Voici par exemple comment, aux antipodes de l’anticolonialisme hypocrite de la bande rdpciste de Yaoundé, Mbémbé définit le projet de critique de la domination africaine locale dans son livre majeur :

Au lieu d’expliquer la nature et les causes de la domination par les raisons convenues (colonisation, impérialisme, lutte des classes, ethnicité et ainsi de suite), le livre propose de localiser, de manière générale, la source de la domination dans la rencontre intime entre la volonté de celui ou celle qui veut l’exercer et le désir de celui ou celle qui, se laissant séduire, s’y soumet ou tente de la capter, de la miner et, éventuellement, de l’utiliser à son profit. […] Ces signifiants sont régis par une double économie : l’économie de la jouissance et celle du désir dont on sait par ailleurs qu’elles ne sont pas sans lien avec la pulsion de mort.[11]

Mono, Ayissi, Mbélé, et Cie, esprits d’élites ??? !!! La bande à Mono Ndjana – l’homme déçu parce que Biya ne l’a pas nommé ministre- , Ayissi, Mbélé, Nkolo Foé et compagnie, est connue pour défendre précisément la thèse vaseuse que l’impérialisme international est la source de tous les maux de l’Afrique. Leurs bêtes noires sont les critiques de la domination camerounaise dont ils jouissent[12] arrogamment des fastes depuis 1982, au prix d’une omission chronique de la critique de la domination de Biya dans tous leurs écrits politiques publiés. Le nationalisme africain est chez eux l’ultime refuge de l’opportunisme intellectuel. La défense du despote Gbagbo n’était pour eux que le paravent de la préservation de l’hégémonie du RDPC au Cameroun. Par cet anticolonialisme dogmatique et hypocrite, ils déchargent le système tyrannique de Biya de ses responsabilités dans la malemort camerounaise. Du même coup, ils passent pour des anticolonialistes dans l’opinion nationale, alors même qu’ils ont partie liée et mimée avec la domination locale du meilleur élève de l’Elysée, Biya. Nous avons déconstruit et mis fin à l’arrogance de ces imposteurs.[13]Il faut dire que l’irrévérent Olinga est le plus médiocre d’entre eux tous, sa sortie étant mille fois inférieure en sophistication à celle de ses comparses. Je ne m’étendrai donc pas sur messieurs Touoyem, Ben Moubamba et Monenembo, parachutés dans la liste des esprits d’élite du comique Olinga pour faire une fois de plus diversion sur son incapacité à dénoncer de façon structurée, le scandale agonisant du biyaïsme[14], notre véritable problème national camerounais.

III.3  L’accusation de complicité criminelle et l’exhortation de bonne moralitéadressée à notre endroit par l’irrévérent imposteur Guy François Olinga apparaissent ainsi dénudées, dans toute leur stupidité vénielle et leur nullité de consistance. Les notions de « Maîtres du monde », « d’esprits d’élite », de « visionnaires » et d’ « esprits médiocres » commentant les faits d’armes des autres,  ne trouvent jamais d’équivalent dans la réalité historique distraitement invoquée par notre scribouillard. Je n’ai tué ni aidé à tuer personne. Les morts de 1955 à 1971, d’avril 1984, de février 2008 au Cameroun, ne sont pas mon œuvre. Je n’ai pas tué Bibi Ngota. Je n’ai pas tué Engelbert Mveng, ou Jeanne Irène Biya. Les morts des années 90 au Cameroun ne sont pas mon œuvre. L’halluciné  m’accuse sans preuves d’être le complice d’Obama, de Sarkozy, de Merkel, de je ne sais qui, alors que je prouve ici qu’avec les Beyala, Kelman, Mono, Ayissi, Mbélé, et leurs ouailles hypocrites, Olinga n’est rien d’autre qu’un défenseur planqué du biyaïsme et de ses crimes. On devine à sa tronche de haineux qu’il n’est pasteur que pour son ventre, comme son camp politique ne parle de politique que pour la jouissance. Le boomerang fonctionne bien. Le procès qu’il me fait n’est donc rien d’autre que la poursuite de notre différend historique originel sur la construction démocratique de la république et de la nation camerounaises. Fuyant ce débat où je leur fais mordre à tous la poussière dans tous les médias du monde, cette bande de serviteurs du satrape infect de Yaoundé saute sur les occasions latérales de porter le fer contre moi. Il leur arrive même parfois de mobiliser des petits lâches comme Touoyem pour tenter de s’escrimer sur mes plates-bandes. Peine perdue ! Ils ont cependant oublié que le temps émergent de la démocratisation réelle du Cameroun n’a rien à voir avec le temps déclinant de leur mentor de foire. La hideur des souffrances et des désillusions que le régime RDPC a infligées au peuple camerounais est telle que je ne puis que me réjouir d’être radicalement détesté par ce pasteur sans profondeur ni hauteur, dont l’intelligence a été sans doute trop tôt écourtée et étouffée par ses génuflexions à la bêtise qui tue encore chez nous. Dont acte. Et haut les cœurs ! Haut les cœurs ! Haut les cœurs ! Le peuple camerounais vaincra le biyaïsme.
 


[1] Voir son article insipide « De quoi je me mêle dans les élections des autres pays », in www.ladepechedabidjan.net/.
[2] Voir une autre éructation fanatique et délirante du personnage dans www.camer.be/index1.php?art
[3] Eugène WOPE témoignait ici de la critique anti-Gbagbo du sieur Olinga
[4] Voir son article  hypocrite  « Afrique : appel à  la repentance des chefs d’Etat et  barbouzes africains » http://www.camer.be/index1.php?art=12596&rub=11:1, où le seul tyran d’Afrique francophone qu’il s’arrange à ne pas citer, c’est …Paul Biya ! Comme par hasard.
[5] http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-4581.html. « L’ultime assaut des Maîtres du monde ». Tissu d’élucubrations indignes d’un être pensant.
[6] « Biya musèle le Cameroun : Kelman et Beyala se taisent… »,  http://brukmer.be/BIYA-musele-le-Cameroun-Kelman-et,2468.html.
[7] Voir « Afrique : appel à la repentance des chefs d’Etat et barbouzes africains ». Un  article hypocrite du sieur Olinga sur : http://www.camer.be/index1.php?art=12596&rub=11:1.
[8] Dans Mongo Beti à Yaoundé,  1991-2001, textes réunis par Philippe Bissek, Editions des Peuples Noirs, Rouen, 2005. Notamment, p.288-297
[9] Charles Romain Mbélé, Essai sur le postcolonialisme, Yaoundé, Clé, 2010.
[10] Achille Mbembé, De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000.
[11] Idem, op. cit., p.xxi.
[12] Notez au passage que la pensée de Mono Ndjana est absolument obnubilée par le concept de jouissance, qu’il sacralise dans sa thèse foutaise, Jouissance et développement. Ceux qui ont vu vivre cet homme n’ignorent par ailleurs pas sa lubricité. Or, c’est précisément contre cette théorie de l’agir politique comme jouissance que s’élève la pensée critique des Mbembé et Monga. Pire encore, Mono Ndjana, auteur de la théorie de l’exclusion politique des Bamiléké, est en passe de triompher des esprits au RDPC, où les révélations récentes de Wikileaks en ce mois de septembre 2011 sur les propos d’Amadou Ali, prouvent que l’instrumentalisation de l’ethnicisme anti-bamiléké devient un très grave problème politique national, frisant l’incitation au génocide entre camerounais !
[13] Dans notre réponse à l’importun et servile mono-ndjaniste Blaise Pascal Touoyem, « Les gueulards de l’anticolonialisme dogmatique », publiée sur afrik.com. http://www.afrik.com/article22659.html.
[14]  « Le Biyaïsme. Le Cameroun au piège de la médiocrité politique, de la libido accumulative et de la (dé)civilisation des mœurs» est le titre du livre que Thierry Amougou vient de publier aux éditions l’Harmattan.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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