Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

 

Rechercher

13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 17:06

12 juin 2010

L'Indépendant

 

 

L’histoire ne cesse de se répéter en Centrafrique. Comme il y’a sept ans, où en désespoir de cause depuis son exil togolais, Patassé continuait de signer lois et décrets, promotions et limogeages sur son papier à en-tête de chef de l’État, François Bozizé, lui, se raccroche honteusement au pouvoir de l’Etat alors que son mandat est expiré depuis le vendredi 11 juin à zéro heure.



Le putschiste François Bozizé

Le putschiste François Bozizé

Ignorant pour le coup qu’il disposait de cinq bonnes années pour organiser des élections crédibles qui confèrent la légitimité. Car, même un élève qui a terminé son cycle de collègue le saurait, il n’ya que le suffrage universel, donc le vote, qui consacre la légitimité à un homme fût-il DE-PE-CEUR NATIONAL. Autrement dit, l’équation n’a plus qu’un seul inconnu et facile à résoudre : point d’élection=point de légitimité= point de président de la République= un Etat sans Président. 

Bozizé ne dispose plus de légitimité pour diriger notre pays. Il faut le lui rappeler et le rappeler également à la communauté internationale. Ce serait une insulte au bon sens que de l’inviter à la cérémonie du 14 juillet. La non invitation du putschiste Andry Rajoelina au dernier sommet Afrique-France de Nice doit faire jurisprudence. Bozizé étant lui-même auteur d’un coup d’Etat constitutionnel en se maintenant au pouvoir par la force du biceps et des armes de guerres achetées avec l’argent du contribuable. 

Ce n’est pas le pseudo texte de loi qu’il a fait voter par son Assemblée nationale pour modifier la Constitution du 24 décembre 2004 qui changera quelque chose. D’ailleurs, cette loi scélérate ne vaut même le papier sur lequel elle a été élaborée. 

Reste plus que la voie transitoire, qui passe par la conclusion d’un accord politique que l’opposition appelle de son vœu. Et ce, au nom du principe de la réalité. Non pas pour les beaux yeux d’assassin de Bozizé. Seul un accord politique pourrait définir le nouvel cadre dans lequel le pays doit aller aux élections. En 2005, alors que la Cour constitutionnelle de transition qui était déjà sous la férule du parent de Bozizé Malonga avait invalidé certaines candidatures, c’est sur la foi d’un accord politique conclu à Libreville sous les auspices du défunt Bongo Ondimba que les élections avaient été organisées. 

Le hors la loi Bozizé ne doit pas de prévaloir de son autisme et ses propres turpitudes pour conduire notre pays à la guerre civile. Parce que, nous n’allons nullement le laisser faire. En s’accrochant au pouvoir de l’Etat comme un vulgaire Gbaloukouma (chauffeur clandestin) qui s’accroche à son véhicule sans âge pour nourrir les siens, Bozizé teste la capacité de résistance des vrais démocrates. 

La réaction suite à la confiscation du passeport diplomatique de Me Nicolas Tiangaye doit être à la hauteur de la provocation. Bozizé essaie de jauger par ces affronts, la capacité de mobilisation de l’opposition. Tous les moyens légaux de la lutte démocratique doivent être utilisés par les leaders de l’opposition. Il est hors de question que seuls Bozizé et ses nervis organisent des marches et des meetings à Bangui privant de cours au passage les écoliers et autres lycéens. Comme Bozizé a décrété qu’il n’avait pas besoin d’aller à l’Université de Bangui pour s’emparer du pouvoir de l’Etat, à chaque fois qu’il organise ses manifestations, il ordonne la fermeture des écoles et lycées. Ce qui est tout simplement irresponsable et pathétique. Mais qui rappelle l’essence même de ce régime qui, depuis 2003, conduit le pays à la banqueroute. 

Disons-le tout net, le droit de manifester est un droit constitutionnel. L’opposition ne doit plus faire l’économie d’un clash avec Bozizé. 

Ce régime honni des Centrafricains doit prendre la porte ou être contraint à le faire. Y en a marre qu’un individu dont la place est à la Cour pénale internationale du fait de ses crimes, considère toujours la terre de nos pères comme son butin de guerre. Non, la République centrafricaine est tout sauf un butin de guerre ! Qu’on se le dise ! 

Partager cet article

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
commenter cet article

commentaires

Textes De Juliette