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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 18:41

26 décembre 2012
Source: AFP 


Centrafrique: les rebelles s’affichent en maîtres

J'ai failli ne pas publier cet article, vu les nombreuses inexactitudes et approximations que j'ai trouvé très médiocre pour un grand organe étatique comme AFP. Mais finalement je me suis dit qu'il illustre bien la manière de révisionner la réalité par certains médias, et combien le choix des mots peuvent induire des réflexes insoupçonnés.

On ne mentionne pas les noms de certains leaders de la "rébellion", en grande partie centrafricains, mais on mentionne le nom du responsable du CICR à Bangui, signe indéniable de mépris pour les "autochtones" et de la négrophobie instutionnalisée de la politique africaine de la France. 

En parlant de "rébellion" en tant que mouvement de contestation aux diktats de Bozizé (pour son bien personnel), si on sondait la population centrafricaine, on trouverait probablement que plus des 3/4 des Centrafricains sont des "rebelles" ou des "insurgés", en désaccord avec le grand Bozizé et souffrant de ses exactions économiques et socio-politiques depuis bientôt 10 ans. 

Quels que soient les motifs et la diversité dans le mâquis, est-ce qu'on a un jour, en France libre, traité les Résistants de rebelles? Pourtant ils n'étaient pas d'accord avec le gouvernement de Vichy, sans parler des nombreux dérapages après la capitulation.

Tout ça pour dire, que les mots sont souvent une arme redoutable en terme de propagande et que nos esprits devraient toujours rester vifs et conscients dans nos lectures et nos partages. J. A.

(Annotations de Juliette en rouge dans le texte).

 

*  *  *


La coalition rebelle du Séléka (= mouvement armé non étatique) s’est affichée (une rébellion illégitime contre un gouvernement légitime "s'affiche", mais un mouvement armé d'envergure, expression d'un raz-le-bol global contre un régime illégitime "se déclare"...) mercredi en maître de la Centrafrique, affirmant que le président François Bozizé « avait perdu le contrôle du pays » (c'est un fait vérifiable) alors que des manifestants proches du pouvoir (plutôt des banguissois crédules, transformés en bouclier humain, répondant à l'appel à la guerre de Bozizé)  ont attaqué l’ambassade de France à Bangui pour dénoncer la passivité de Paris. (La RCA est un pays indépendant non?)

Les renforts tchadiens qui campent sur leurs positions aux portes de Bangui semblent être le dernier rempart contre une avancée des insurgés vers la capitale. (Deby a reçu l'ordre de Paris de ne pas toucher aux "rebelles")

Après plus de quinze jours d’opérations et de conquête de villes (soit plus des 3/4 du territoire centrafricain), le Séléka (Alliance en sango, la langue nationale), a affirmé que « par mesure de sécurité et de protection des populations civiles, nous ne considérons plus nécessaire de mener la bataille de Bangui et d’y faire entrer nos troupes, car le général François Bozizé (…) a déjà perdu le contrôle du pays » (En réalité, Bozizé n'a jamais eu le moindre contrôle sur le territoire centrafricain).

« Nous demandons à tous les fils et filles de Centrafrique, à tous les éléments de forces de défense et de sécurité encore fidèles au régime de François Bozizé (…) de déposer les armes immédiatement », ont ajouté les rebelles.

Les insurgés (fait partie du vocabulaire qualifiant ceux qui ne sont pas d'accord avec Bozizé!), qui ont pris les armes le 10 décembre pour réclamer « le respect » d’accords de paix conclus entre 2007 et 2011, se sont rapidement emparés de villes stratégiques, Bria (ville diamantifère du centre), Bambari (ville aurifère du centre sud), avant de prendre Kaga Bandoro (centre nord) mardi, s’approchant dangereusement de Bangui par le nord et par l’est.

Sous-équipée, démotivée et mal organisée, l’armée régulière n’a opposé que peu de résistance.
(les derniers "combattants" ayant été recrutés il y a quelques jour par le fils de Bozizé pour 300 000 fr CFA par tête!)


Tout en affirmant vouloir négocier à Libreville, comme l’avaient demandé vendredi les chefs d’Etats d’Afrique centrale (association de malfaiteurs par excellence, et attendant chacun son tour!), la rébellion a continué à avancer, refusant de quitter les villes conquises sans un cessez-le-feu préalable, que le président (ex-insurgé lui-même) centrafricain ne semble pas prêt à accorder.

Au moins 2.000 Centrafricains se sont réfugiés dans le nord de la RDC voisine pour fuir l’avancée de la rébellion, a indiqué mercredi une source officielle congolaise. En Centrafrique, des ONG humanitaires se sont inquiétées du sort des déplacés (normal, c'est leur travail! Mais on ne s'inquiète pas de la source de tous ces malheurs!).

« Nous avons constaté un mouvement sur le terrain devenu assez régulier avec la progression du Séléka, avec peu de blessés ou de conséquences humanitaires graves, mais des déplacements des populations par peur des combats », a déclaré à l’AFP le chef adjoint de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bangui, Arnaud de Baecque.

A Bangui, plusieurs centaines de personnes proches du pouvoir ont lancé mercredi des projectiles vers l’ambassade de France pour dénoncer la passivité de l’ancienne puissance coloniale, a constaté l’AFP. Ils avaient auparavant fait un sit-in devant l’ambassade des Etats-Unis.

« La France nous lâche »
(éh oui, toutes les bonnes choses ont une fin! et d'ailleurs c'est qui "nous"?)


« Nous sommes ici à l’ambassade de France, parce que c’est la France qui nous a colonisés. Mais la France a tendance à nous lâcher. On n’a plus besoin de la France, la France n’a qu’à prendre son ambassade et partir », a affirmé une manifestante. (Elle zappe complètement la responsabilité personnelle de Bozizé dans le sort de la RCA)

Plusieurs jeunes ont jeté des projectiles sur les locaux dont certains ont cassé des vitres, ainsi que sur la représentation d’Air France. Une trentaine de soldats français sont arrivés en milieu d’après-midi pour sécuriser l’ambassade et éviter d’éventuels débordements (ils ne sont pas arrivés, puisqu'ils sont là depuis 1959!)Selon le ministère français de la Défense, 200 militaires français sont basés en Centrafrique, en majorité à Bangui. L’ambassadeur de France à Bangui a qualifié la manifestation de « particulièrement violente » et Air France a fait faire demi-tour à son vol hebdomadaire Paris-Bangui « en raison de la situation en Centrafrique ».

Les effectifs et la puissance de feu de la rébellion demeurent flous (quantité et qualité des effectifs difficiles à évaluer, vu que le mouvement avance de façon dispersée). Selon un enseignant dans la ville occupée de Bambari, Eudes Azouaka, « le nombre de rebelles (à Bambari) se situe entre 300 et 400 hommes », armés de lance-roquettes, mortiers, avec des véhicules équipés de mitrailleuses lourdes et des Kalachnikov (comme le bon président Bozizé à chacun de ses passages en ville de Bangui!)

Le Tchad, allié historique de Bozizé (Deby... pas le Tchad!)

Un contingent de l’armée tchadienne, arrivé la semaine dernière à l’appel du président Bozizé (après avoir été rappelé par Deby - ordonné par Paris - il y a quelques semaines, après 9 ans de bons et loyaux services en tant que moitié de la garde présidentielle de Bozizé), doit servir de « force d’interposition » selon N’Djamena et s’est positionné sur le dernier axe routier menant à Bangui. Présents sur les deux derniers « verrous », Sibut (130 km de Bangui) et Damara (60 Km), les soldats tchadiens, rompus au combat et plus lourdement équipés (supposition, puisqu'évaluation floue!), pourraient être le dernier rempart à une victoire des rebelles. (A noter que c'est au conditionnel).


Le "Tchad" (= Idriss Deby, bourreau du peuple tchadien), allié historique de François Bozizé, avait déjà envoyé ses troupes en 2003 pour l’aider à prendre le pouvoir (sur ordre de Paris), et à nouveau fin 2010 pour combattre des rébellions dans le nord. (sur ordre de Paris!)

La Centrafrique – 5 millions d’habitants (4.2 millions selon l'ONU, avec 42% d'habitants en-dessous de 15 ans et 1 500 000 de réfugiés internes) – était engagé depuis 2007 (c'est qui "le Centrafrique"?) dans un processus de paix après des années d’instabilité, de rébellions multiples, mutineries militaires et putschs. (en réalité le "processus de paix" concernait uniquement les années Bozizé; pratiquement tous les putschs, y compris celui de Bozizé, sont de facture française).

 

MERCI AFP!!

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
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