Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

 

Rechercher

17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:41

16 février 2010
Les depeches de Brazzaville



Ce cinquantième anniversaire de l'accession du Congo à l'indépendance sera, bien évidemment, l'occasion de nous remémorer la longue et difficile marche qui fut la nôtre pour construire une nation libre, démocratique, viable, qui ne dépende plus que d'elle-même et soit donc en mesure d'assumer pleinement son destin.

Mais il sera aussi l'occasion de rappeler à la France et aux autres pays de la vieille Europe ce que le Congo et ses frères des empires coloniaux leur apportèrent tout au long des siècles précédents: ces travailleurs qui leur permirent de s'affirmer comme des puissances industrielles, ces matières premières qui alimentèrent continûment leurs ateliers et leurs usines, ces tirailleurs qui par deux fois moururent sur leur sol pour faire triompher la liberté contre la tyrannie.

Les peuples du vieux continent ont oublié ce qu'ils doivent à l'Afrique. Repliés égoïstement sur eux-mêmes, ils ne se préoccupent aujourd'hui que de préserver les richesses accumulées tout au long des siècles antérieurs sans songer à les partager. Alors qu'ils doivent aux peuples du Sud une bonne part de ce qu'ils possèdent aujourd'hui, ils ne voient en eux que des migrants potentiels dont il convient de se protéger en élevant partout des centres de rétention et des murs de la honte. Pire encore, ils relèguent dans des cités sans âme, dans de véritables ghettos, les descendants des hommes et des femmes qui les aidèrent jadis à construire leur économie, à défendre leur sol contre l'envahisseur, à faire triompher la liberté sur l'oppression.

Comme la France, pour ne parler que d'elle, ne semble guère se mobiliser autrement qu'en paroles pour la célébration de ce cinquantenaire qui nous tient tant à cœur, il convient ici de lui rappeler sans plus tarder tout ce qu'elle doit à l'Afrique. Et nous sommes, nous Congolais, mieux placés que quiconque pour le faire puisque, chacun s'en souvient, c'est à Brazzaville que le Général de Gaulle entreprit de rendre à son pays l'honneur que celui-ci avait perdu lors de la débâcle de 1940 et c'est aussi à Brazzaville que furent posés par lui les premiers jalons de notre indépendance. Deux évènements majeurs de l'Histoire contemporaine qui seront célébrés solennellement à Paris, le 14 juillet prochain, lorsque les soldats africains descendront nombreux l'avenue des Champs Élysées sous les vivats de la foule.

Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, l'année 2010 doit voir les nations européennes, qui tirèrent un si grand profit de la colonisation, se réapproprier l'Histoire, retrouver la mémoire, prendre conscience de leurs devoirs envers les pays émergents. Elle doit être ce moment unique où les évènements enfouis dans le passé resurgissent avec force et s'imposent à chacun, où les sacrifices consentis par les peuples africains trouvent enfin leur juste compensation.

Alors que se préparent les fêtes du Cinquantenaire, se trouvera-t-il de grandes voix sur notre continent pour dire ces vérités avec mesure et autorité ?

Partager cet article

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
commenter cet article

commentaires

Rock Dubien 08/04/2010 09:46


Ce que la France doit de plus précieux est souvent oublié. Elle ne nous doit pas que leur liberté.La France nous doit des milliers de vies humaines.Leur colonisation a causé des dégâts humains
considérables.Avons-nous oublié les milliers de victimes des travaux de chemin de fer Congo Océan? Avons-oublié le pillage français de nos matières premières? La France nous doit aussi leur
opulence.La société pétrolière Elf jusqu'à la fin du 20e siècle s'est distinguée par les pratique honteuses au Congo.Elle a tant trompé beaucoup de gouvernement et a détourne de cargaisons entières
de pétrole. Le pays de Napoléon est responsable de beaucoup de malheurs de populations du pays de Marien Ngouabi.La France nous a fabriqué de chefs de chefs d'Etat pour lui servir et a demis ceux
qui privilégient la souveraineté du pays. En ce cinquantenaire, le souvenir est plein des épisodes sombres.


Textes De Juliette