Textes de Juliette

14 janvier 2010
Ghys Fortune Dombe Bemba


En attendant, le protocole national et les FAC devraient se pencher sur les attitudes de Ntumi

L’histoire politique récente du Congo est jonchée de situations bizarres qui ne cessent de choquer la mémoire collective des Congolais. Pour preuve, du fait des conflits sociopolitiques à répétition et surtout ceux intervenus en juin 1997 et décembre 1998, le pays a traversé une crise sans précédent, avec la destruction des biens, meubles et immeubles, sans compter les pertes en vies humaines.

Des paisibles populations ont été victimes innocentes de la bêtise humaine occasionnée par la classe politique congolaise en désaccord permanent sur la pratique de la démocratie.

Aujourd’hui, de nombreux observateurs de la vie politique de notre pays, beaucoup de populations du département du Pool notamment, mais aussi tous les Congolais oeuvrant pour la paix, le respect des libertés fondamentales et des droits de l’homme, la solidarité agissante, l’entente, la fraternité et la justice sociale, saluent à n’en point douter la décision concernant l’arrivée récemment à Brazzaville de M. Frédéric Bitsamou, alias pasteur Ntumi, pour la prise de ses fonctions de Délégué général auprès du président de la République pour la promotion des valeurs de paix et la réparation des séquelles de guerre.

Qui des Congolais a oublié que pendant au moins une dizaine d’années, du fait de la guerre, le département du Pool est resté en marge du processus de paix, de la réconciliation et de la reconstruction du pays, mais aussi du développement ?

La question de l’instauration de la paix et la sécurisation des populations du Pool préoccupe encore tous ceux qui prônent la promotion et la consolidation de la démocratie au Congo et qui veulent aussi que les auteurs et les complices des assassinats à grande échelle commis pendant les différents conflits sociopolitiques que le pays a connus, comparaissent devant les tribunaux internationaux tels que la Cour Pénale Internationale (CPI).

Aujourd’hui, il est question d’arrêter, d’encourager l’impunité totale, le sentimentalisme, le régionalisme face à certains bandits qui n’ont toujours pas compris, jusqu’à présent, que les guerres ayant opposées les différentes milices créées pour cette cause, ont définitivement pris fin et que tous les actes de grand banditisme, de vol, de pillage, de rançonnage, de racket et d’autres phénomènes anti-sociaux ne peuvent plus se justifier sous quelles que raisons que ce soit.

De l’avis de nombreux observateurs, l’insécurité dans le département du Pool et la recrudescence ces derniers temps des actes de braquages, d’assassinats, de vol, d’extorsions de fonds perpétrés par des bandits armés et d’autres désagréments malheureux dont certains de nos compatriotes ont été victimes, cachent beaucoup de choses du fait qu’aucune, soi-disant enquête n’a abouti. Beaucoup d’anciens combattants ayant servi dans les différentes milices, qui ont existé pendant les guerres civiles, mais aussi quelques éléments incontrôlés de la force publique commettent en catimini des forfaits avec le soutien de beaucoup d’hommes politiques et des lobbies influents du régime de Mpila.

Comment alors comprendre cette impunité totale dont bénéficient ces ennemis de la paix et de la réconciliation nationale suffisamment réclamées par le peuple congolais meurtri par les guerres fratricides intervenues dans le pays ? Cette situation inconfortable de ni paix, ni guerre dans le pays développe des appétits gloutons et mercantiles de certains leaders politiques, dinosaures du régime et des parlementaires, ainsi que des individualités animées par le gain facile qui font de l’insécurité un fonds de commerce.

Comme on l’a constaté, au lieu de mettre hors d’état de nuire plusieurs anciens bandits, qui ont commandité et exécuté des massacres, mais aussi entretenu l’insécurité dans le pays pour leurs intérêts égoïstes, ne se sont-ils pas vus récompenser par des nominations à des hautes responsabilités ?

Ce qui ne cesse de susciter la consternation, la désolation et l’indignation auprès de beaucoup de nos compatriotes. Le cas récent est celui de M. Frédéric Bitsamou, alias pasteur Ntumi, nommé au poste de Délégué général auprès du président de la République pour la promotion des valeurs de la paix et des séquelles de guerre.

Ntumi n’a-t-il pas compris que pour mieux combattre son ennemi ou son adversaire, il est mieux d’être à ses côtés que de rester loin de lui ? Bien avant lui, le défunt Bernard Bakana Kolélas, Jacques Joachim Yhomby-Opango et bien d’autres personnalités, qualifiées naguère d’ennemis ou de démons du pouvoir de Brazzaville, n’ont-ils pas procédé de la même manière afin de
garantir leur part du gâteau ?

Le pasteur évite, semble-t-il, qu’il soit un jour le seul à répondre devant les tribunaux internationaux comme la CPI des massacres accomplis par ses ex-combattants et ceux exécutés par les troupes gouvernementales dans le Pool, qui n’ont pas manqué de diviser la classe politique du pays et son intelligentsia, de faire naître des divergences au sein des ressortissants de ce département notamment parmi les grands cadres politico administratifs qui se sont ensuite livrés à la lutte d’influence, aux conflits d’intérêts personnels et égoïstes, de compétence, certains ayant vendu leur âme auprès du pouvoir de Mpila pour tenter d’apporter des solutions durables dans ce contexte.

Avant l’arrivée de Ntumi à Brazzaville et pendant tous les dix ans de crise ayant occasionné le mépris du Pool par les pouvoirs publics, qui ne sait pas que des ex-miliciens ninjas et des éléments de la force publique ont usé de leur influence pour martyriser ou maltraiter les populations. Beaucoup d’encre et de salive ont coulé et les guerriers les plus truands ont tiré des avantages énormes dans le cadre de l’exécution du Programme national de désarmement, démobilisation et de réinsertion des ex-combattants (PNDDR), initié par l’Etat et les partenaires financiers internationaux comme la Banque mondiale, ainsi que les Agences du système des Nations-Unies, tels l’OIM et le PNUD.

Qu’attend-on aujourd’hui pour mettre fin au désordre régnant encore dans le Pool et aux actes de braquages, constatés ces derniers temps dans certaines grandes villes du pays ? Le gouvernement doit tout mettre en œuvre pour que les populations se sentent en sécurité où qu’elles se trouvent, pour le plus grand intérêt du pays. Il n’ y a pas d’autres miracles dans ce cadre.

S’agissant des actes de banditisme commis par quelques ex-ninjas opérant dans certaines parties du Pool, M. Ntumi a souvent dit que «ce n’est pas du ressort du Conseil National des Républicains (CNR), son parti, de faire la sécurité dans le département du Pool, parce que la paix a été réhabilité depuis 2003», tout en faisant observer qu’«en dehors des dispositions militaires mises en place à Mabaya et Makana jusqu’à Kinkala, il n’y a aucun poste de police. Il est de même pour Kinkala, Mindouli et Kindamba jusqu’à Loutété dans la Bouenza. Cela ne relève pas de Ntoumi, c’est le gouvernement qui doit le faire».

Ntumi ne devrait être donc pas le seul à comparaître au CPI. Le cas du pasteur ne devrait pas aiguiser l’appétit d’autres vieux démons oeuvrant contre la paix dans notre pays.

Ntumi jusqu’à ce jour se croit encore en forêt. Il est en train de confondre tout. La preuve, lors de la cérémonie de présentation des voeux au chef de l’Etat, il a imposé de passer les barrières de sécurité avec ses véhicules et ses barbouzes alors que, l’ordre était donné même aux ministres de laisser leurs véhicules, consigne respectée par ces derniers par rapport aux directives de la Direction générale de la sécurité présidentielle et du protocole national.

Certes cette incident a été rattrapée à la dernière barrière par le colonel Guy Pela, cependant les éléments qui ont laissé Ntumi et ses barbouzes se glisser dans le périmètre sécuritaire interdit par la hiérarchie de la DGSP devraient être interpellés pour faute lourde. car, il n’est pas question de rater le debut comme le disait Yhomby avant qu’il ne revienne à la mangeoire. Les éléments des FAC et le protocole national n’ont plus à des erreurs graves de ce genre qui suscitent frustration, mécontentement et autres. D’où la nécessité de canaliser toutes les actions qu’il doit mener pour ne pas frustrer les populations qui en ont déjà marre.

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