Textes de Juliette

Lu pour vous le 20 janvier 2010
Soninkara.org


Conquête coloniale: La Résistance Afrique

L’empire colonial français se met en place à la fin du XIXe siècle. Iil comprend en Afrique l’AOF, Afrique occidentale française, l’AEF, Afrique équatoriale française, la Côte de Somalie et Madagascar (plus la Réunion et une partie des Comores). De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique est celle du pillage des ressources, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes et de la mise sous tutelle culturelle, au profit d’une partie puissante du capitalisme français, anglais, portugais, espagnol et dans une moindre mesure, le capitalisme ilatien et germanique. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir du capitalisme.

Une décision d’Etat pour le bénéfice des entreprises françaises

Depuis la Traite des Noirs, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels. Mais à la fin du XIXe siècle la colonisation devient alors le moyen pour les capitalistes - dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes - de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.

Le choix de la colonisation correspond donc pour le capitalisme à la recherche de nouveaux débouchés, à une concurrence internationale forte et à un vaste mouvement d’exportation des capitaux européens. D’autant que la conquête coloniale elle-même n’a pas été le gouffre financier dont on a parfois parlé pour la France. De 1850 à 1913, les expéditions coloniales n’ont représenté en moyenne que 6,5% des dépenses. Les bénéfices sont rapides pour les capitalistes car ce sont les populations indigènes qui supportent la majeure partie des frais d’administration ; le service de la dette coloniale est colossal.

Face à la conquête française, la résistance africaine est réelle, notamment dans les empires d’Ahmadou entre le Mali et le Niger, de Almamy Samory au Soudan ou de Rabah au Tchad. Mais elle est rapidement écrasée. L'expansion coloniale est accélérée après 1876 ; il s'agit d'atteindre le fleuve Niger, ce qui implique un contrôle total du Sénégal. Les campagnes militaires se heurtent alors à de violentes résistances intérieures : Maba Diakhou Ba tente d'unifier les pays situés au nord de la Gambie et Lat Dior Diop au Cayor ; Alboury Ndiaye et Mamadou Lamine Drame, sur le haut Fleuve et au Boundou, s'opposent par les armes à la pénétration coloniale.
D’autant plus que les expéditions militaires créent et jouent sur les divisions africaines. Les ravages sont nombreux, en particulier dans le Sahara pour la jonction Maghreb-Afrique subsaharienne et en Afrique équatoriale. Les pillages sont systématiques et les populations sont enrôlées de force pour la construction d’infrastructures et dans les « troupes noires ». Toute résistance est réduite, comme à Birni N’Konni, ville de 10 000 habitants rayée de la carte en 1889 au Tchad par la mission Voulet-Chanoine.

Le système colonial

Dans les territoires conquis se met en place une administration coloniale variable selon les endroits, toujours injuste et oppressive.

Ainsi, la colonisation s’appuie sur certaines ethnies et sur les notables locaux qui sont juxtaposés aux cadres européens. La justice est double : les colons bénéficient du régime de droit français, mais les indigènes sont jugés directement par l’administration coloniale. Ils sont également soumis aux travaux forcés. Le marché est protégé pour les entreprises françaises et les terres sont confisquées et accordées à de grandes compagnies. L’ensemble des infrastructures est financé par les impôts payés par les indigènes.

En Afrique tropicale, l’administration coloniale se fait centralisatrice et directement autoritaire. L’Etat choisit de faire pression sur les structures sociales pour recruter la main d’œuvre pour les corvées, la collecte de la capitation (impôts par tête) n’hésitant pas par exemple au Cameroun, à faire fouetter sur la place publique les chefs refusant leur collaboration ou, en Centrafrique, à parquer femmes et enfants dans un camp d’otages pour augmenter la productivité des hommes (la plupart y moururent d’inanition). En Algérie, colonie de peuplement, la IIIème République mène une politique d’assimilation qui repose sur l’inégalité complète entre « citoyens » Européens et « sujets » Musulmans.

L’Afrique pillée

L’économie est essentiellement commerciale et les investissements productifs extrêmement faibles. Il ne s’agit pas de développer mais de spéculer. Les infrastructures mises en place grâce aux travaux forcés sont entièrement dirigées vers l’exportation. En agriculture, la monoculture (cacao, café, coton, hévéa, palmier à huile...) est privilégiée, en dépit de son impact en terme d’épuisement des sols et de la chute des productions vivrières qui fait disparaître l’autosubsistance rurale. L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population stagne ou régresse au cours de cette période.

Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement des produits agricoles, mais aussi de la « chair à canon », des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France.

La colonisation a aussi des conséquences sociales et culturelles.

L’administration s’appuie en effet sur les notables locaux, soit apparus avec la colonisation, soit anciens chefs locaux auxquels s’oppose la masse rurale surexploitée. Au nom d’une supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une « mission civilisatrice ». En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, elle a renforcé la pauvreté. En favorisant certaines ethnies, voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres dites « ethniques » présentés aujourd’hui comme une fatalité africaine.

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