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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:54

11 octobre 2013
Relu pour vous.


Une exécution d'esclaves en Martinique en 1822

 

En janvier 1822, la France avait tenté de reconquérir Haïti, mais avait été repoussée. En représailles, les gouverneurs de la Guadeloupe et de la Martinique dénoncèrent de prétendus complots. Une rafle eut lieu en Martinique au Carbet, à la suite de laquelle 66 condamnations furent prononcées, dont 29 condamnations à mort. 

Le chevalier de Fréminville, officier de marine chargé de braquer les canons de sa frégate sur la foule, raconte l’exécution, qui eut lieu à Fort-de-France, le 19 novembre 1822. 

« Le 19 au matin nous nous approchâmes de la ville à une demie porté de canon et nous mîmes en panne devant la plage. Une immense potence y était dressée ainsi que deux échafauds. Un cordon considérable de troupes sous les armes environnaient le lieu de ces lugubres préparatifs et contenait la foule des spectateurs dans le nombre était prodigieux. 

À 7h 10 minutes un pavillon bleu fut hissé.  C’était le signal convenu pour nous avertir que le supplice des condamnés allait commencer. Aussitôt nous fîmes mettre tous les canonniers à leurs pièces, la mèche allumée et prêts à faire feu au premier mouvement tumultueux que nous apercevrions sur le rivage. 

Comme nous étions fort près, avec l’aide de nos lunettes surtout, nous pûmes distinguer jusqu’à la moindre scène de la sinistre tragédie qui allait s’y passer. 

À sept heures un quart, nous vîmes arriver les 66 nègres criminels, conduit par une forte garde et accompagnée de quelques ecclésiastiques qui leur offraient les dernières consolations. Tous s’avançaient d’un pas ferme et d’une contenance assurée. Les bourreaux armés de fouets et munis d’un fourreau rempli de braises allumées montèrent sur le premier échafaud. 

On y fit monter successivement 37 condamnés qui furent l’un après l’autre fouettés, marqués d’un fer ardent et mis ensuite aux fers pour la vie. C’était le premier acte et il fut fort long. 

Un instant après, 22 autres rebelles furent menés au pied de la potence. Ils étaient nus, à l’exception d’un court caleçon et ils avaient tous un bonnet de coton blanc sur la tête. Le premier qui fut livrer exécuteur monta avec courage à la fatale échelle. 

Nous apprîmes par la suite que, s’adressant à ses compagnons dans ce moment suprême, il avait dit d’une voix ferme : « Regardez-moi bien, mes amis ! Je vais vous apprendre à mourir. » Le bourreau lui abattit son bonnet sur les yeux et le lança dans l’éternité. 

Les 21 autres furent pendus avec cette même formalité préalable et en quelques minutes tous avaient cessé de vivre. 

Il en restait encore sept. C’étaient les plus coupables, car outre la rébellion à main armée dont ils étaient fauteurs comme les autres ils avaient débuté dans cet acte criminel par massacrer leur maître sur une habitation des environs avec des raffinements de cruauté inouïe. 

Ils montèrent sur le second échafaud où ils furent l’un après l’autre enchaînés dans une espèce de fauteuil. Là, il eurent d’abord le poing droit coupé d’un coup de hache puis la tête tranchée avec un large coutelas, car l’odieuse guillotine n’a pas été introduite dans les colonies. »

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Published by Juliette Abandokwe - dans Beurre et argent du beurre
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