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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 19:46

25 août 2011
Juliette Abandokwe

 

A ceux qui soutiennent encore la thèse de l’impartialité et de la justesse de ce qu’on appelle la « justice internationale », qui trouvent qu’elle fait du bon boulot, et surtout qu’elle défend les droits de l’homme en Afrique !

 

Me Goungaye Wanfiyo, avocat centrafricain, président de la ligue centrafricaine des droits de l'homme, Voix des sans Voix, revient de l'arrière-pays fin 2008 avec des preuves accablantes sur les exactions épouvantables commises sur les civils de 2001 à 2003, notamment par les banyamulengue de Bemba, mais par d’autres aussi.

 

Goungaye est tué dans un accident de voiture plus que suspect, qui n’a jamais été élucidé jusqu’à ce jour. Certaines de ses preuves étaient déjà dans les mains d’Ocampo.

 

Tout le monde sait parfaitement qu'il a été assassiné. Et le pouvoir de Bangui a activement contribué à la non-transparence et la non-indépendance de l'enquête. L'impunité à l'état pur, encore.

 

Bemba est sous les verrous sur ordre de la CPI pour sa responsabilité de leader dans les massacres (juste au moment où il fallait absolument que Joseph Kabila devienne le larbin officiel de l’Occident en RDC. Quelle coincidence !).

 

Le co-responsable de Bemba, ainsi que celui responsable de massacres équivalents, sont connus de tous;  mais leur nom n'est même pas mentionné par la CPI, sauf certainement dans les coulisses. Pourtant c'est un certain Patassé qui a fait appel à Bemba, et un certain général Bozizé qui, en face, fait sa part d’exactions sur les civils avec sa rebellion, traversant le pays depuis le Tchad pour arracher le pouvoir à Patassé, que l'Occident commence très sérieusement à ne plus aimer (autre coïncidence).

 

Aujourd’hui, Bemba est en taule (Kabila a donc eu le champ libre), Patassé est parti sans payer sa facture (Paix à son âme), et Bozizé risque bien aussi de partir prochainement sans payer sa facture. Ses successeurs y rajouteront encore du sel, puisqu’à coup d’aide de l’UE « détournée », et du pillage des mines de diamants, ils ont déjà fait leurs emplettes sur le marché des armes en Ukraine et ailleurs.

 

Où est donc la justice des Sans Voix centrafricains aujourd’hui ? Et surtout que fait la justice internationale dont les principaux financeurs continuent à déverser des milliards dans les poches sans fond de Bozizé et son clan ? 

 

Cela ressemble étrangement à de l’administration d’huile dans les rouages de la machine à production d’uranium, d’or et de diamant….. Ou bien ? 

 

Pour conclure, à la partialité de la justice internationale, dont cette histoire n'est qu'un petit exemple, se rajoute la mafia far-westienne des pouvoirs locaux, dont la pérennité est assurée par des financeurs prêts à dépenser des milliards pour la préservation de leurs intérêts, synonyme de leur survie métropolitaine. Au milieu de tout ça, un petit peuple qui reste sans voix, sans eau et sans électricité, à qui ladite justice donne des espoirs bidon, à l'aide notamment des organisations acolytes en tout genre dont les représentations pullulent à Bangui, qui "allouent" des aides à tort et à travers qui ne parviennent jamais aux bénéficiaires, et dont les dignitaires se régalent les poches de leurs trafics "du week-end".

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Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
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