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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 18:05

1 février 2012
Guerandi Mbara Goulongo


Lorsqu'on analyse les actes posés par le système RDPCiste pour l'empowerment de la femme camerounaise, on est en droit d'être pessimiste quant à l'avenir de nos sœurs. Tant il est vrai que cette notion reste inconnue dans ce contexte, plusieurs peuvent l'assimiler à une simple émancipation, à une libération dépourvue de contenu. Nous ne reviendrons pas sur les multiples faits qui ont jalonné le système de Yaoundé, car leurs caractéristiques contradictoires sont suffisamment connues.

 

Pour les Refondateurs, l'empowerment de la femme camerounaise n'est pas un acte de charité et ne résulte pas d'une position humanitaire ou de la compassion. Ainsi, l'empowerment de la femme camerounaise se définit en termes de progrès, de participation, de responsabilisation, d'engagement, d'action, d'auto-détermination, d'affirmation, d'apprentissage, de conscientisation et d'une analyse rigoureuse des contradictions sociales liées au sexe en vue de la préservation des valeurs culturelles de nos terroirs et de l'épanouissement de l'Homme.

 

Pour analyser la problématique de la Femme, sont retenus les axes de réflexion suivants : (i) la nécessité de l'empowerment de la Femme au Cameroun, (ii) le moment du déclenchement du combat pour l'empowerment de la Femme, (iii) les fondements de l'empowerment de la Femme, (iii) les questions stratégiques et tactiques.

 

La nécessité de l'empowerment de la femme camerounaise

 

Des indicateurs fournis par le PNUD (en référence au rapport des OMD-objectifs du millénaire pour le développement- du Programme des Nations-unies pour le développement) pourraient étayer notre inquiétude sur la situation globale de la femme au Cameroun. Quelques indicateurs sont référenciés, à savoir l'autonomisation des femmes, la santé de la mère et le VIH-Sida.

(http://www.cm.undp.org/index.php/fr/omd-3--promouvoir-legalite-des-sexes-et-lautonomisation-des-femmes).

 

L'autonomisation des femmes passe naturellement par des emplois salariés dans tous les secteurs. Lorsqu'on s'intéresse à celles qui sont salariées dans les secteurs secondaire et tertiaire, on compte 1 femme salariée sur 4 en 2001 et un peu moins en 2007. En effet, selon le PNUD, on avait 4,8% en 1996, 7,8% en 2001. L'augmentation de la population féminine en âge de travailler et la stabilité de l'effectif des employées due aux difficultés d'embauche des jeunes sont sources de cette dégradation générale.

 

Sur tout autre plan, notamment celui de la politique, bien qu'on note quelques améliorations, une très faible représentation des femmes demeure perceptible. Cela se traduit au niveau des effectifs de l'Assemblée Nationale lors des deux dernières consultations électorales. Pour l'actuelle législature (2007-2012), on enregistre 25 femmes sur 180 députés soit une proportion de 13,9%.

 

Si la tendance reste à la hausse, l'objectif d'égalité paraît réaliste dans l'enseignement primaire, probable dans le secondaire, incertain dans le supérieur et très éloigné en politique.

 

La santé de la mère reste encore affectée au niveau national par des complications liées aux grossesses nombreuses ou rapprochées, à l'accès limité aux soins de santé de reproduction et la faible utilisation des méthodes contraceptives.

 

Jusqu'à ce jour, beaucoup de femmes continuent de décéder en voulant donner la vie. Entre 1998 et 2004, le taux de mortalité maternelle pour l'ensemble du pays est passé de 430 à 669 décès pour 100 000 naissances vivantes. De même, en 2006, l'enquête MICS3 révèle que près de 75% des décès maternels surviennent pendant l'accouchement et pendant la période post-partum.

 

L'insuffisance du personnel sanitaire qualifié, l'émergence de nombreuses maladies telles que le SIDA, et l'état de pauvreté des populations peuvent expliquer cette situation. En effet, la proportion d'accouchements assistés par un personnel sanitaire qualifié est en régression entre 2004 et 2006. Au niveau national, il a chuté de près de 3 points passant de 61,1% en 2004 à 58,9% en 2006. Cette situation laisse encore constater que les femmes enceintes ont continué d'être assistées en 2006 soit par des accoucheuses traditionnelles (10%) ou par des parents/amis (21%). Ce phénomène est beaucoup plus observé dans les régions du septentrion et de l'Est. Le poids des traditions et l'enclavement sont les principales raisons évoquées pour expliquer ce phénomène.

 

Au Cameroun, le taux de prévalence du VIH/SIDA chez les adultes de la tranche de 15-49 ans est estimé en 2004 à 5,5% dont 6,8% chez les femmes et 4,1% chez les hommes. Le ratio de 170 femmes infectées pour 100 hommes montre que la gent féminine sexuellement active est plus vulnérable que les hommes.

 

L'empowerment de la femme est une nécessité fondamentale de la lutte menée par les Refondateurs. C'est une garantie de la continuation de notre politique après la victoire sur le système oppresseur de Yaoundé. C'est aussi une condition de son triomphe.

 

L'un de nos objectifs est l'épanouissement de l'Homme et sa libération des structures de pauvreté multiforme dans lesquelles le pouvoir de Yaoundé l'a plongé. Dans ce contexte, se pose la question de l'empowerment de la femme. D'une manière générale, au sein d'une société/communauté, la femme apparaît comme l'être le plus opprimé et le plus exploité. Dans plusieurs cas, elle est exploitée même par l'exploité, battue par l'homme, humiliée par l'homme et écrasée sous la botte de la domination.

 

Comment alors faire triompher notre lutte patriotique sans mobiliser les femmes, frange importante de notre population ? Si plus de la moitié du peuple asservi est constitué par les femmes, comment les laisser en marge de la lutte patriotique ? La lutte patriotique est engagée en particulier pour l'empowerment de la femme.

 

Considérant la nécessité de poursuivre cette lutte par les générations futures, comment pouvons-nous assurer la formation conséquente des nouvelles générations de combattants ou d'ouvriers du développement si la mère, première éducatrice, se trouve en marge du processus ? Comment faire du foyer camerounais, une cellule de combat, un centre de diffusion de notre ligne politique et idéologique et un stimulant pour l'engagement de la famille quand la femme est exclue de la lutte patriotique, reste indifférente à la société/communauté qui doit être créée et demeure sourde à l'appel vibrant du Peuple combattant?

 

Les femmes ne sentent-elles pas la nécessité de leur empowerment ? Certes, elles sentent la domination et le besoin de modifier leur situation. Mais cette domination exercée par la société/communauté, asphyxie leurs initiatives, les empêche fréquemment d'exprimer leurs aspirations et de concevoir les méthodes de leur lutte. C'est à ce niveau qu'interviennent les Refondateurs pour formuler avec les femmes une ligne et pour partager les méthodes de combat.

 

L'empowerment de la femme camerounaise vise avant tout la responsabilisation de celle-ci. De plus, cet empowerment l'associera aux activités productrices et aux différents combats auxquels est confronté le peuple.

 

Cela suppose que les femmes elles-mêmes s'engagent avec détermination, en rangs serrés et dans l'unité, à l'assaut des citadelles du système de Yaoundé, de la féodalité, de l'obscurantisme et d'ignorance qui, en freinant leur progression, entravent la marche du peuple vers ses nobles idéaux de démocratie, de droit authentique, de justice sociale et de bien-être pour tous.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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