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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 23:36

30 janvier 2011

Source: Magazine Entreprendre 

 

La source dit bien par quelle perspective il faut comprendre l'article qui suit. J.A.

Au lendemain de l’ordonnance présidentielle prise le jeudi 11 septembre 2010 portant interdiction, jusqu’à nouvel ordre, de l’exploitation des minerais dans le grand Kivu (Maniema, Nord-Kivu et Sud-Kivu), plusieurs prédictions et analyses ont tablé sur l’inefficacité d’une telle décision.

 

S’amusant à dresser cinq mois après  un premier bilan des effets attendus de l’interdiction de toute activité minière dans le Kivu,  des organisations non gouvernementales nationales et internationales qui suivent la situation de très près relèvent que « l’anarchie continue à régner dans les zones minières au Kivu. Tout se passe comme si la mesure d’interdiction de toute exploitation minière n’a jamais existé », lit-on dans un rapport publié en décembre 2010 par l’ONG britannique Global Witness. Le même document souligne que la répression du gouvernement semble avoir eu peu d’impact pour endiguer le commerce illégal qui finance les groupes armés. A en croire les activistes congolais engagés dans la protection des droits de l’homme, les milices Maï-Maï, les éléments des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR, Hutu rwandais) et des soldats gouvernementaux continuent de profiter  de l’exploitation  minière illégale dans l’Est de la RD Congo, malgré l’interdiction décidée par Kinshasa.

 

L’ONU s’exprime. Les Nations-Unies affirment que « les opérations militaires menées contre les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) ont échoué à démanteler les structures politiques et militaires de l’organisation». Les FDLR continuent à recruter et se réinstallent dans de nombreuses zones d’où ils avaient été chassés lors des opérations militaires Kimia 2. Ils ont, depuis, fait jouer leurs «réseaux de soutien régionaux et internationaux» pour se procurer des armes et parvenir à exporter des minerais jusqu’en Europe ou dans les Emirats, ajoute ce  rapport.

 

Insécurité et pauvreté. Le principal objectif poursuivi par l’ordonnance présidentielle du 11 septembre 2010 était de rétablir la sécurité des personnes et de leurs biens en privant les groupes armés des ressources qui leur permettent de s’approvisionner en armes. Il était aussi entendu que les structures et réseaux de commercialisation des minerais allaient être démantelés afin de les obliger d’opérer à ciel ouvert. A l’heure du bilan, des observateurs notent que, d’une part, les opérations militaires engagées par 25.000 hommes des FARDC et soutenues par 15.000 casques-bleus des Nations-Unies (Monusco) pour traquer 5.000 rebelles des FDLR et des Ma¨-Maï n’ont pas permis d’anéantir les forces négatives. Prise en réaction au viol de plus de 300 femmes et enfants perpétré à Walikale entre le 30 juillet et Le 1er août 2010, l’ordonnance présidentielle du 11 septembre n’est pas parvenue à faire cesser les vols, pillages et assassinats dans cette partie du Congo.

 

D’autre part, la main d’œuvre civile qui a cessé toute activité d’exploitation minière aurait, par contre, sombré dans une grande pauvreté. Selon le chercheur Daniel Balint-Kurti de Global Witness, « les milliers de personnes qui survivaient grâce au commerce des minéraux sont devenus pauvres puisqu’ayant perdu une importante source de revenus. Qu’à cela ne tienne, les 27 carrières reconnues par l’Etat congolais et les 46 autres mines clandestines recensées au Nord-Kivu sont demeurées actives.

 

L’hypocrisie occidentale. Dans un rapport transmis au Conseil de sécurité de l’ONU, les experts des Nations-Unies auteurs dudit rapport n’ont pas eu leur langue dans la poche. Ils accusent nommément des entreprises et ONG humanitaires occidentales d’hypocrisie.

 

Selon l’ONU, des entreprises belges, britanniques, françaises, américaines, thaïlandaises et malaysiennes – en contact étroit avec des ONG humanitaires espagnoles, belges et italiennes – permettent à la rébellion des Hutu rwandais opérant dans l’Est du Congo de s’approvisionner en armes et munitions.   

 

Ce rapport précise que ces ONG ont totalement délaissé leur mission humanitaire pour soutenir les FDLR en leur fournissant même des renseignements de première nécessité qui ont affecté les opérations militaires conjointes Fardc/Monusco pour neutraliser les forces négatives. Pire, elles jouent les intermédiaires pour l’exportation frauduleuse des minerais congolais via l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi permettant ainsi aux FDLR de disposer des ressources financières très importantes, grâce à un réseau international.

 

La responsabilité congolaise.  Quasiment, tous les observateurs déployés dans le Kivu sont d’avis que « les groupes armés encore actifs dans l’Est et les hauts commandants militaires de l’armée nationale congolaise se disputent le commerce des minerais en République démocratique du Congo ». Le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP), dirigé essentiellement par des Tutsi, les milices Maï-Maï constituées des combattants congolais et les hauts gradés des FARDC seraient donc impliqués dans l’affaiblissement de la mesure présidentielle.

 

En effet, bien qu’ayant officiellement rejoint les rangs de l’armée nationale congolaise début 2009, le CNDP conserve nombre de ses anciennes structures de commandement et a étendu son contrôle des régions minières depuis l’intégration de ses forces à l’armée. Dans le cadre de l’opération Kimia II soutenue par l’ONU, des unités de l’armée congolaise dirigées par d’anciens commandants du CNDP se sont emparées des sites miniers auparavant occupés par les FLDR et les ont exploités.

 

Cité par Radio Okapi (ONU), Jason Luneno, président provincial de la Société Civile du Nord-Kivu et natif de Walikale estime qu’«il est inadmissible que les militaires des FARDC envoyés sur le terrain pour protéger la population exploitent et commercialisent les minerais dans des carrés miniers ». Selon Radio Okapi, « la fraude à outrance constatée dans l’exportation des minerais à Walikale nourrit l’insécurité liée à cette activité, surtout que les carrés miniers de cette zone attirent des militaires des FARDC et des miliciens Maï-Maï qui s’adonnent à  une exploitation illégale ».

 

L’impunité et sanction. Des observateurs sont unanimes à reconnaître que si de 2006 à 2011, le Gouvernement n’a pas réussi à réinstaurer la paix et la sécurité dans l’Est, c’est en partie à cause de l’impunité. Les autorités congolaises tirent-elles aussi profit de la guerre et du business en cours dans le Kivu ? Sinon, comment interpréter la décision prise par Washington en janvier 2011 de retirer la RD Congo de l’Agoa, une liste des partenaires commerciaux des Etats-Unis d’Amérique du président Barack Obama ?

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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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ksnvd 17/03/2011 23:06


http://www.youtube.com/watch?v=yZbR9-G5JjM

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