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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 01:44

5 mai 2010

Quel avenir pour la Guinée Equatoriale? 

 

 Les deux militants du parti d'opposition "Unión Popular" (UP), d'abord accusés de l'assaut du Palais présidentiel, le 17 février 2009, et finalement innocentés par la justice équato-guinéenne sont toujours emprisonnés à Black Beach, un mois après leur acquittement. 

Le 5 avril dernier, dernier jour du procès, le tribunal avait pourtant ordonné la remise en liberté immédiate des deux opposants, Marcelino Nguema et Santiago Asumu. Mais, à peine revenu de Dakar où il s'était rendu pour le Cinquantenaire de l'Indépendance du Sénégal, Obiang aurait convoqué Antonio Pascual Oko Ebobo, le Président du Tribunal pour lui dire qu'il n'acceptait pas la sentence. 

 

 L'intrusion de l'exécutif dans le domaine législatif est une chose courante en Guinée Équatoriale et que l'autorité de la chose jugée soit contestée par le dictateur ne surprendra personne dans le pays. Toutefois, pour un dirigeant qui souhaite améliorer l'image de son pays à l'extérieur, cela fait désordre. L'avocat des deux acquittés déclara alors à l'agence Europa Press : « En Guinée, il n'y a pas de d'indépendance de la justice, le président ne respecte pas les décisions des tribunaux, et ensuite il dira qu'il est un démocrate et qu'il a institué l'État de droit... » 

En réponse à ces accusations, pour sauver les apparences, et à destination de l'opinion publique internationale, le porte-parole de la présidence Miguel Oyono Ndong Mifumu répliqua : « Le président n'intervient absolument jamais dans les décisions des tribunaux et n'influence en aucune façon les décisions judiciaires... tout cela est le fruit de l'imagination de l'avocat ». Mais, un mois plus tard, les deux hommes, innocentés, croupissent toujours à Black Beach, où ils ont subi des tortures et des mauvais traitements. Alors, qui disait la vérité et qui a menti ? 

Aujourd'hui même, l'avocat Fabian Nsue confiait à Europa Press : « Ils sont toujours emprisonnés un mois après avoir été acquittés, et bien que le tribunal ait ordonné leur remise en liberté immédiate, ils sont encore emprisonnés et tenus au secret... Sa Majesté le président n'a pas souhaité que la Justice libère des gens contre qui il a de la rancœur », a-t-il continué. Ce qui va arriver, par conséquent, « dépend de son avis, rien de plus ». Selon l'avocat, on l'a informé que les deux dirigeants d'UP pourraient être transférés devant une juridiction militaire pour qu'on les rejuge pour les mêmes charges. 

« Nous avons envoyé une lettre à la juridiction militaire pour leur rappeler qu'il n'est pas possible, selon les principes du droit, de rejuger une personne [acquittée] pour les mêmes faits », a-t-il expliqué. Selon Fabian Nsue, le Ministère public n'a pas deposé de recours pour réclamer la libération des deux Guinéens, conformément à la décision du tribunal, et il n'ait pas certain non plus que le Gouvernement ait fait appel de la sentence d'acquittement.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Guinée Equatoriale
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