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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 03:44

Relu pour vous....

Gilles Labarthe

 

 

Plus de 45 ans après les premiers assassinats politiques de leaders indépendantistes africains, c'est une chape de plomb qui pèse encore sur la plupart des «affaires» impliquant les services secrets des anciennes puissances coloniales. Les circonstances exactes de l'élimination le 17 janvier 1961 de Patrice Lumumba, héros indépendantiste du Congo, ont enfin pu être documentées ces toutes dernières années avec une déclassification d'archives en Belgique et aux USA. Les documents confirment que Lumumba a été torturé et liquidé sous l'ordre d'agents belges et de la CIA, et avec la complicité passive des casques bleus des Nations Unies.

Pour un cas élucidé et rendu public, combien d'autres restent enfouis dans l'ombre? Dans la lignée des tout premiers assassinats de chefs d'Etat africains perpétrés par la France via le réseau Foccart - piloté depuis l'Elysée par le général de Gaulle - figure le meurtre du premier président du Togo: l'indépendantiste Sylvanus Olympio. Commis le 13 janvier 1963 sur ordre de l'ambassadeur de France Henri Mazoyer et des services secrets français, cet assassinat attend toujours sa résolution au grand jour. Les responsables n'ont jamais été arrêtés, et les archives restent fermées.


C'est le même réseau Foccart qui a confié au franco-suisse William Bechtel, agent des services français et «anticommuniste de choc», l'opération d'éliminer le 3 novembre 1960 à Genève le chef camerounais de l'opposition, Félix Moumié. Comme le souligne Frank Garbely, réalisateur du documentaire «L'assassinat de Félix Moumié - L'Afrique sous contrôle», ce meurtre concerne la Suisse à plus d'un titre. L'assassin était connu de la police fédérale. Au moment des faits, la Confédération n'a «jamais vraiment mené une enquête. William Bechtel n'a pas été poursuivi en raison des affinités politiques entre la Suisse et la France. Et finalement, c'est 20 ans plus tard qu'on l'arrête par hasard à Genève alors qu'il a 80 ans. On a fait un procès qui s'est achevé par un non-lieu».

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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