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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:45

26 mai 2010

Source: Quel avenir pour la Guinée Equatoriale?

 

 

Le principal parti d’opposition, présent dans le pays, Convergencia para la Democracia Social (CPDS), qui a un député au parlement équato-guinéen (Placido Mico Abogo), a publié aujourd’hui un rapport sur la situation des Droits de l’Homme dans le pays en 2009-2010.

Pour cette formation politique, la situation ne s’est guère améliorée et l’année 2009 n’aura pas été un tournant dans l’histoire du pays « après tant d'années de violations des droits humains tant de fois dénoncées par la Communauté internationale, les ONG et par l'ONU elle-même : Le professeur Fernando Voglio Jiménez dès 1979 ; Alejandro Artucio Rodriguez en 1993 ; Gustavo Gallón Giraldo de 1999 à 2002 ; le rapporteur de l'ONU Ambeyi Ligabo en 2002 ; le groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire en 2007, et Manfred Nowak, rapporteur spécial sur la torture et d'autres traitements ou peines cruelles, inhumaines et dégradantes, en 2008…»

Dans ce nouveau rapport, la CPDS accuse les forces de sécurité de la Guinée Équatoriale de « semer la terreur » dans une population sans défense et d’avoir la « gachette facile » , commettant en toute impunité des actes de tortures et des enlèvements. Entre 2009 et le début de 2010, « la violence arbitraire des forces armées n’a pas diminué » au mépris des lois et de l’institution judiciaire à la solde du régime.

« Le sujet du manque d'indépendance du pouvoir judiciaire en Guinée Équatoriale constitue le pivot central par de la tyrannie et de l'impunité qui règne dans le pays. Les juges continuent d’être nommés par le Président de la République, auquel ils obéissent pour ne pas perdre le poste. Il n'y a pas carrière judiciaire dans le pays. Toutes les autorités du pays, tous les militaires et corps constitués continuent à s’arroger les fonctions judiciaires » et agissent non pas conformément au droit, mais en prenant comme référence la loyauté envers le dirigeant qui les a désignés.

La CPDS dénonce également des élections "toujours frauduleuses" dans le pays, comme la "farce électorale" du 29 novembre dernier qui a une nouvelle fois conforté la « dictature régnante ». Les bureaux de vote ont octroyé la victoire Teodoro Obiang Nguema avec 95% des voix. Selon les résultats officiels, Plácido Micó, le candidat de la CPDS, aurait obtenu la deuxième place avec 3,5% des suffrages.

Selon la CPDS, le président Teodoro Obiang Nguema « tient en respect », grâce au pétrole, les pays occidentaux qui pourraient condamner ces excès. « Avec son enrichissement excessif, celui de son environnement immédiat, la militarisation du pays, l'impunité de ses actions, l'appauvrissement de la population et de l'organisation systématique d'élections frauduleuses, Obiang se préserve des menaces internes et assure son maintien au pouvoir pour continuer d’en abuser », affirme le parti d’opposition.

« Il n'y a pas d'élections libres. En réalité, le pluralisme politique n'existe pas. Il n'y a pas de dialogue entre le gouvernement et l’opposition », dénonce la CPDS. « La prétendue "démocratie" du régime du président Obiang consiste à empêcher, par tous les moyens, le développement d'une opposition politique dans le pays, à imposer, par l'intimidation, le harcèlement et la force, une vision politique monolithique à la population, de truquer les élections, d’emprisonner ceux qui ne partagent pas son opinion. »

« Depuis 1992, le Gouvernement a organisé quatre élections législatives (1993, 1999, 2004 et 2008), quatre municipales (1995, 2000, 2004 et 2008) et trois présidentielles (1996, 2002 et 2009). Toutes ont été effrontément frauduleuses, avec des scores toujours proches de 100% en faveur du parti gouvernemental »

Par ailleurs, selon la CPDS, « les citoyens ne peuvent toujours pas circuler librement dans leur propre pays, les étrangers ont d’énormes difficultés pour y entrer, et la liberté d’expression et d’opinion est bâillonnée... La santé est traitée selon des critères idéologiques, le système éducatif est au "point mort", l'université exclut les opposants, l’emploi reste conditionné à l'appartenance au PDGE, le parti au pouvoir, et le logement décent est un privilège réservé aux riches, aux hauts dignitaires du régime et leurs familles. »

« Les conditions de l'habitat sont encore celles d'un pays d'extrême pauvreté : il n'y a pas de l'eau potable, ni de conditions acceptables d'hygiène de base ; très peu de logements sont décents, il n'y a pas de système organisé d’évacuation des égouts et l'élimination des ordures domestiques est un problème national insoluble. Comme nous l’avons déjà dit, l'Equato-guinéen ordinaire partage son environnement avec les mouches pendant le jour, avec les moustiques le soir et avec les souris à tout moment.

Le problème du VIH/Sida continue à frapper sans trêve la population. Les programmes d’éducation et d’information sont pratiquement inexistants. Les données officielles qui sont publiées ne s'accordent pas avec la réalité sur le terrain. »


« Le pays est encore plongé dans la plus absolue des intolérances concernant la liberté d’opinion et d’expression… Jamais la peur ne cesse de tenailler la population de ce pays qui se refuse à parler des abus dont elle est victime par peur des représailles.

En voici deux exemples éloquents :
- Pedro Luís Esono Edu, journaliste de la radio d’Etat, avec 15 années de service à Radio Bata, a été arrêté par la police et a été emprisonné du 8 au 10/02/2010, pour avoir diffusé une information que le régime voulait cacher : la découverte dans une décharge municipale de cette ville des corps de sept hommes assassinés dans des conditions atroces.
- Parce que le 28.11.2009, le jour qui précéda l'élection présidentielle, Madame PVY, en répondant à la question des journalistes d’Africa 24, déclara devant les caméras de télévision : « Si le Président Obiang est réélu, ce que je souhaiterais, c’est qu'il ait de l’eau potable pour toute la population », cette dame, après les élections, a été soudainement perdu son emploi dans la compagnie nationale aérienne Ceiba. »

Selon la CPDS, bien que tout au long de l’année 2009 il n’y a pas eu d’assassinats politiques, « la violence de la police et des militaires équato-guinéens et l'impunité avec laquelle ils agissent continuent de représenter un problème sérieux pour la sécurité des habitants de la Guinée Équatoriale ».
Le rapport de la CPDS rend compte d'une série d' "homicides volontaires", tel les cas du Nigérian Akeem Jimoh, mort en septembre 2009 après une altercation avec trois policiers à Malabo, et de Ferdinand Bikó, mort en décembre 2009 par des tirs des forces de sécurité à Bata « parce qu’il circulait sans autorisation. »
Sont aussi mentionnés les cas de Celestino Nsue Mabale, 19 ans, mort en août 2009 des coups portés par un groupe de militaires sur ordre de leur capitaine, de Luis Ondo Mozuy, mort en garde à vue à Bata en mars de cette année; et de José Mba, mort le 13 avril dernier après une altercation avec un groupe de militaires à un barrage routier près de Bata.
Le rapport rappelle aussi la découverte de sept cadavres dans une décharge municipale de Bata en février dernier. « Tous étaient des immigrants d'Afrique de l'ouest et dont les corps présentaient des marques de mort violente, notamment les crânes fracturés », assure la CPDS. « Aucune i

Par ailleurs, selon CPDS, « la torture et les mauvais traitements continuent d'être pratiques ordinaires en Guinée Équatoriale, leurs auteurs jouissant d'une impunité totale », malgré la Loi en vigueur Nº 6/2006, en date du 2 novembre 2006, sur la Prévention et la Sanction de la Torture en Guinée Équatoriale.

 

« La torture est pratiquée dans les commissariats de police, particulièrement les commissariats locaux des quartiers, dans les gendarmeries, dans les quartiers militaires, et même sur la voie publique. Dans cette situation, les étrangers sont particulièrement vulnérables parce qu'ils n'osent pas dénoncer les abus dont ils sont les victimes. »

Le rapport de la CPDS indique que, selon ses informations, il y aurait dans le pays au moins 31 prisonniers politiques, en majorité dans la prison de Black Beach, à Malabo, et les autres dans les prisons de Bata et d'Evinayong, dans la région continentale.


Parmi eux, se trouvent quatre équato-guinéens « enlevés au Nigeria en février 2010 », quatre autres capturés au Gabon en juin 2004 et à Cipriano Nguema Mba, enlevé au Cameroun en octobre 2008 malgré son statut de réfugié.


Il inclut aussi les dirigeants d'Union Populaire (UP) Marcelino Nguema et Santiago Asumu, arrêtés dans l’affaire de l'attaque du Palais Présidentiel de Malabo, le 17 février 2009 et dont l’acquittement, prononcé le 5 avril dernier, a été « refusé par le président Obiang lui-même » pour « les maintenir en détention. »

Source : http://www.scribd.com/doc/31910127/Informe-derechos-humanos-2009-CPDS

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Published by Juliette Abandokwe - dans Guinée Equatoriale
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