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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 17:19

11 août 2011
Georges Njamkepo

 

 

Multipartisme : 500 partis d’opposition ?

 

Après moult tergiversations et un accouchement dans la douleur et très compliqué, le Cameroun est entré du bout des lèvres, fin des années 80’, dans le cercle des pays qui acceptent le multipartisme comme mode de fonctionnement politique, avec un « mais » très important.

 

Multipartisme, puisque certains se vantent d’annoncer qu’au Cameroun, il y a près de cinq cent partis politiques, (les camerounais n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère...) indiquant ainsi que ce nombre de partis caractérise, disent-ils, le dynamisme de la vie politique dans le pays. A l’évidence, le nombre de partis politiques est quasiment calqué sur le nombre de tribus ou d’ethnies connues au Cameroun.

 

Multipartisme, mais pas démocratie, parce qu’on ne peut s’enorgueillir d’avoir une kyrielle de partis politiques qui sont l’émanation de tribus, à l’exception du RDPC, parti alimentaire qui doit sa façade multiethnique au fait que finalement c’est un réservoir de ressources pour qui souhaite accéder aux prébendes lâchées de temps en temps par le pouvoir.

 

Multipartisme, mais pas démocratie, puisque l’expression du peuple, même si elle peut se faire à travers les journaux qui fleurissent à tous les coins de rue, n’a pas voie au chapitre dans l’hémicycle d’une Assemblée nationale quasi monocolore où s’engage véritablement la vie politique de la nation et la gestion effective de la cité.

 

Pas démocratique, parce que finalement, ceux qui sont censés être les représentants du peuples subissent le diktat d’un exécutif incontrôlable qui organise le travail du législatif qui ce faisant, n’a aucune vision pour le pays et n’a cure des revendications qui surgissent de ci, delà.

 

Pas démocratique, le troisième pouvoir n’a aucune marge de manœuvre pour agir, dire le droit et rendre la justice. Il y a dans l’opération épervier, comme des odeurs nauséabondes de règlement de comptes politiques, même si nous devons reconnaître que les justiciables concernés ont effectivement posé des actes délictueux dans la gestion de la chose publique qui leur avait été confiée.

 

Omnipotence du parti au pouvoir

 

Alors, pourquoi choisir au milieu de cette plèvre, genre de délinquants à cols blancs, certains et pas d’autres, si ce n’est pour se permettre de conserver à la cour et au ballet de courtisans, une certaine consistance et ne pas se séparer d’affidés acquis à la cause que l’on pourra utilement selon les circonstances, sortir du chapeau et utiliser à des fins politiciennes dans leurs villages pour battre campagne pour des desseins que l’on peut imaginer. Ceux qui sont en prison sont ceux-là qui ont fait preuve d’une certaine indépendance d’esprit ou à tout le moins, ont voulu s’affranchir du poids tutélaire des dirigeants et qui de par le fait, ont failli démontrer qu’ils pouvaient être affranchis.

 

Pas démocratique, parce que le RDPC et l’exécutif du pays ont choisi le SDF comme opposant officiel et adversaire politique, l’ont façonné à leur goût et l’ont installé comme le gage de crédibilité d’une démocratie qualifiée d’apaisée. De temps en temps, par des moyens détournés, cet opposant reçevrait de l’aide en espèces sonnantes par valises entières pour en contrepartie organiser des manifestations « pacifiques », déclamer ou hurler selon les exigences du RDPC, afin de donner le change à la communauté internationale et continuer à prêcher la pensée unique.

 

Avec le SDF en face, il est possible au RDPC de négocier des plateformes et des ententes qui leur permettent pour l’un, de rester en place au grand dam et en contradiction avec les aspirations populaires et pour l’autre, d’engranger tranquillement les prébendes que le premier consent à accorder à certains de ses membres. C’est ainsi qu’il est arrivé que le SDF ne présente personne à certaines élections présidentielles, pour laisser la voie totalement libre au RDPC.

 

Lors du décès de son épouse, paix à son âme, Monsieur Fru Ndi, ci-devant Chairman du SDF, nous a fait savoir qu’il était un citoyen normal et que c’est à ce titre qu’il aurait bénéficié des moyens de l’état pour accompagner son épouse à sa dernière demeure.

 

On peut en rire à gorge déployée, cette situation ressemble étrangement à des événements identiques qui se sont déroulés dans l’Union des Républiques Socialistes et Soviétiques à la belle époque d’un certain Brejnev.

 

De qui se moque-t-on, quand on sait combien de morts sont enterrés tous les jours dans le pays qui ne bénéficient pas des largesses du pouvoir pour festoyer et se rouler saoul, sous la table lors de la danse autour du corps du défunt.

 

Non contents de flouer la volonté populaire, ils s’organisent aussi pour rendre bêtes et idiots ceux qui essaient de réfléchir pour se sortir du marasme dans lequel ils ont plongé le Cameroun depuis bientôt soixante ans.

 

Démocratie, en sommes-nous si éloignés ??!

 

Alors, quel est ce pays dont les quatre cent quatre vingt dix neuf partis d’opposition circonstanciellement composante intégrante de la majorité présidentielle invitent systématiquement le peuple à voter pour le candidat naturel du RDPC.

 

Le Cameroun n’est pas et n’a jamais été un pays démocratique, parce que les résultats des élections sont connus avant la consultation électorale, et le pouvoir en place utilise la méthode des élections pour disqualifier les leaders indésirables et choisir ainsi qui des différents chefs de tribus pourront siéger à l’Assemblée Nationale, en fonction des enjeux du moment.

 

A se demander si les urnes sont ouvertes et les bulletins de vote ont été un jour comptés et pris en considération par les organes chargés de la gestion de l’opération.

 

Le fait de laisser le peuple s’exprimer sous quelques formes que ce soit n’est pas un gage de démocratie, parce qu’il peut toujours crier, ce peuple, les caravaniers ne sont pas obligés d’entendre, il peut hurler, la caravane n’est pas obligée de s’arrêter.

 

Quelle est cette démocratie où le gouvernement n’a de compte à rendre à personne, quelle est cette démocratie qui ne fait aucun cas, ne tire aucune leçon de l’accumulation d’erreurs et du chapelet de conneries exécutées avec une minutie consciencieuse et un stakhanovisme barbare, par des individus qui n’ont jamais fait la preuve de la moindre compétence sur rien du tout, ce gouvernement où personne n’est sanctionné malgré l’incurie et l’incompétence de certains, duquel personne ne démissionne malgré les milliers de morts sur les routes, les coupures d’électricité dans les hôpitaux, la fraude aux examens officiels, le mismanagement des structures de l’état, le détournement à des fins personnelles des équipements et biens de l’état,… la série est longue à citer.

 

Quelle est cette démocratie où le gouvernement peut se permettre de dire et faire une chose un matin et le soir affirmer le contraire, sans rire et sans conséquence pour les responsables et ce, en dépit des conséquences incalculables pour la continuité de la vie dans le pays… et tout le monde trouve ça normal ??!

 

Quelle est donc cette démocratie, cette démocratie où finalement c’est la prime aux casseroles qui font le plus de bruit, ceux qui sont le plus souvent confirmés dans leurs fonctions, ceux qui, en vue pour gérer les deniers de l’état, sont ceux qui un jour, ont eu quelque chose à se reprocher et continuent à abuser d’une manière grave de la confiance qu’ils sont censés avoir reçu du peuple ??!

 

Quelle est cette démocratie où chacun fait ce qu’il veut à partir du moment où il détient une parcelle de pouvoir, où la constitution et la table des lois sont bafouées, foulées du pied avec soin et vigilance par ceux qui sont censés les faire appliquer, au gré d’intérêts obscurs parfois mystérieux et mystiques.

 

Disons le simplement, le Cameroun, c’est une grande chefferie traditionnelle… où le pouvoir y est antidémocratique par essence !!!

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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