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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 12:50

3 mars 2011

Joachim Mbanza

La Semaine Africaine N°3071

 

 

Le printemps arabe, suivi par le reste du monde, à travers les médias, a connu l’étape la plus sanglante de son parcours en Libye, où le colonel Muammar Kadhafi n’a pas hésité à faire usage de la force armée contre les insurgés, faisant des centaines de morts parmi les civils. La répression féroce et aveugle qu’il exerce sur le mouvement de révolte populaire, qui exige la fin de son régime, a profondément indigné la communauté internationale, qui ne pouvait continuer à demeurer sans réaction concrète.

 

L’adoption, à l’unanimité, des quinze membres du conseil de sécurité des Nations unies, samedi 26 février dernier, d’une résolution imposant de sévères sanctions au régime libyen, notamment son guide et sa famille, et ses proches, est, en elle-même, une véritable révolution dans les relations internationales telles qu’encadrées par les Nations unies. Généralement, il se trouve, toujours, un membre permanent pour opposer un véto, lorsqu’il s’agit de sanctionner un régime établi dans un pays souverain, sur la question des violations des droits de l’homme. Cette fois-ci, même la Chine populaire s’est préoccupée des violations graves et inadmissibles des droits de l’homme par le régime en perte de vitesse du colonel Kadhafi. Des violations assimilées à des crimes contre l’humanité sur lesquels on ne saurait fermer les yeux. Fait insolite et encourageant, la démarche du conseil de sécurité est soutenue par la délégation libyenne aux Nations unies, qui a rompu ses liens avec le régime du colonel Kadhafi, pour dénoncer sa folie meurtrière. Dans sa résolution, le conseil de sécurité des Nations unies demande la saisine de la Cour pénale internationale de La Haye, sur l’ouverture des enquêtes sur la répression meurtrière fomentée en Libye et la possible poursuite des dirigeants libyens responsables de la mort de civils. Il a imposé un embargo sur les armes. En plus de cela, les pays occidentaux ont gelé les avoirs du guide libyen, de sa famille et de ses principaux acolytes. Même le dictateur Saddam Hussein n’avait pas réuni contre lui une telle unanimité de la communauté internationale en quelques jours de crise. Le monde a, vraiment, évolué. 

 

 

« Ceux qui massacrent des civils seront tenus, personnellement, pour responsables», a lâché l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Susane Rice, et ce ne sont pas des paroles en l’air. Puisque l’armature juridique internationale se met en branle contre les auteurs et les commanditaires des deux mille morts qu’on compte, déjà, en dix jours de manifestation, en Libye. La résolution des Nations unies est un grand soutien moral au peuple libyen, décidé à se débarrasser de son dictateur honni. Mais, elle introduit, également, une nouvelle donne dans le mouvement du printemps arabe qui se répand à travers le monde, particulièrement dans les pays qui ont, jusque-là, méconnu l’incontournable nécessité de s’ouvrir à la démocratie et de faire de celle-ci la véritable base de la légitimité et de la gestion du pouvoir politique, pour garantir la transparence, la bonne gouvernance et, surtout, une répartition équitable de la rente nationale. Face à ce qui se passe en Libye, il n’y a plus que le silence des instances panafricaines qui étonne et choque même. La semaine dernière, le président de la commission de l’Union africaine, Jean Ping, a appelé, depuis Addis-Abeba, en Ethiopie, les protagonistes de la crise libyenne au dialogue. Une déclaration timide que les manifestants libyens ont, tout de suite, balayée. Peut-on dialoguer avec un régime qui a perdu le sens de la vie humaine, en n’hésitant pas à massacrer des civils à l’aide des avions de guerre les plus sophistiqués? Là est tout le problème des limites en matière de valeur morale et de simple bon sens. En ce début du XXIème siècle, cela est inconcevable, car la politique a des limites qu’impose la morale. La résolution du conseil de sécurité des Nations unies sur la Libye est historique, c’est une grande victoire pour les peuples et pour les dirigeants qui comprennent que servir son peuple, c’est l’écouter.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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