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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 23:24

 

13 mai 2010

Marc Wegerif/Oxfam

 

Pour la première fois, le Forum économique mondial (FEM) sur l’Afrique s’est tenu en Tanzanie du 5 au 7 mai. Les réunions du FEM sont dominées par les dirigeants d’entreprise et de gouvernement tandis que l’avis de personnes ordinaires est rarement pris en considération. Oxfam a apporté son soutien au Forum du peuple africain, une conférence qui a eu lieu en parallèle du FEM. Marc Wegerif y a participé :

Le forum du peuple africain est né de la volonté de créer un espace d’échange d’idées entre les personnes affectées par les décisions prises au FEM par les grosses entreprises et leur permettre de s’exprimer sur ce qu’ils souhaitent pour l’avenir et sur la façon d’y parvenir. Un forum de ce genre est désormais plus que nécessaire pour faire face aux menaces telles que le changement climatique, lahausse du prix des denrées alimentaires et l’exploitation par les entreprises.

Le Forum a été un véritable succès. Plus de 300 personnes ont participé à deux jours de débats sur le thème : « Pour la prospérité, la résilience et une croissance inclusive en Afrique ». Des débats animés ont porté sur des sujets allant du changement climatique à l’accaparement des terres par les entreprises étrangères, en passant par le rôle des femmes dans l’économie.

Les conclusions ont été claires : « Le modèle économique actuel ciblé sur la croissance, et les investissements des grosses entreprises qui en résulte, sont rarement bénéfiques aux populations. Les inégalités se multiplient et les pauvres sont de plus en plus pauvres » a conclu le dernier communiqué du forum. Le fait que les priorités du FEM sont souvent établies au détriment des peuples africains les plus pauvres s’est révélé être un sentiment partagé par tous.

Le point fort du premier jour a été pour moi le discours d’ouverture du Professeur Issa Shivji, un expert tanzanien sur les questions de développement et leader en son domaine. En s’appuyant sur la place qu’a occupé l’Afrique dans l’économie pendant le siècle dernier, il a argumenté que les dirigeants d’entreprise du FEM ne font qu’encourager une ère d’ « accumulation primitive » basée sur l’exploitation continue des ressources africaines au détriment du peuple africain. « Ce n’est pas le peuple africain qu’ils veulent mais juste l’Afrique », a-t-il déclaré.

A la différence du FEM, certains des secteurs les plus marginalises de la société ont eu la possibilité de s’exprimer amplement. Les groupes de femmes, les petits agriculteurs, les éleveurs et les pauvres des villes sont tous particulièrement affectés par les mesures prises par le FEM. Ils ont tous parlé de leurs problèmes et de leurs expériences comme le fait d’être expulsés de leurs terres pour laisser la place aux multinationales ou du manque d’investissement dans les services de santé et dans l’équité des sexes.

Le deuxième jour les participants ont bravé des pluies torrentielles pour débattre des problèmes du changement climatique et du rôle et des responsabilités des grosses entreprises. Les participants aux forum ont été informés de la façon dont les sécheresses prolongées, les inondations et les variations du climat affectent les communautés tanzaniennes. Ils ont appelé les entreprises a réduire leurs émissions de CO2 de façon radicale, à payer des indemnisations pour leur impact sur le changement climatique et la destruction environnementale et à accroitre l’investissement dans les énergies « propres » afin de fournir de l’électricité à toute la population.

Les multinationales ont aussi été au centre de la réunion consacrée aux accaparements des terres et ont été accusées de voler les terres et les ressources naturelles des petits producteurs. Dans un grand nombre de cas, les entreprises étrangères se sont accaparées des terres appartenant à des communautés locales sans respecter, ou trop peu, les droits juridiques ou traditionnels fonciers. En Tanzanie par exemple, les participants ont expliqué comment des agriculteurs de Kisarawe ont du céder leurs terres à une entreprise de biocarburants et comment à North Mara une entreprise minière étrangère a pollué les sources d’eau locales.

Les gouvernements africains ont eux aussi été critiqués pour “ne pas en faire assez pour protéger les droits et les intérêts des citoyens.” Certains services essentiels tels que lasanté et l’éducation, dont dépendent les populations, ne s’améliorent pas et dans certains cas sont même en train de se détériorer à cause des politiques de réductions des coûts adoptés par les gouvernements.

Le Forum a représenté un espace où les citoyens pouvaient discuter de leur propre développement et émettre des suggestions pour un avenir meilleur et plus juste. Le monde devrait écouter ce qu’ils ont à dire.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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