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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 01:07

20 janvier 2010
Hamidou Ouédraogo
L'Observateur Paalga 


« Intégration des langues et des cultures africaines dans l’éducation » ; c’est le thème d’une conférence panafricaine qui débute aujourd’hui 20 janvier 2010 à Ouagadougou. Les organisateurs (l’Association pour le développement en Afrique (ADEA), l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) et le ministère burkinabè en charge de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation) ont entretenu les journalistes, hier 19 janvier, des défis et enjeux de ces assises.

Le ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation (MEBA) du Burkina Faso, Odile Bonkoungou, le secrétaire exécutif de l’ADEA, Ahlin Byll-Cataria et le directeur de l’UIL, Adama Ouane, étaient hier face à un parterre de journalistes venus de plusieurs pays d’Afrique. Il s’agissait d’échanges, en prélude à la conférence sur l’intégration des langues et des cultures africaines qui s’ouvre aujourd’hui dans notre capitale.

L’Afrique, a fait remarquer le premier intervenant, Adama Ouane, est le seul continent où dans la plupart des pays, depuis un demi-siècle, les enfants entrent à l’école et commencent l’apprentissage dans une langue étrangère. Des recherches et des expériences réussies avec des avantages certains, selon lui, existent cependant et prouvent qu’il est possible d’introduire dans l’éducation les langues et cultures qui véhiculent toutes les connaissances scientifiques. C’est ce que l’ADEA, a-t-il dit, en association avec l’UNESCO et le gouvernement burkinabè, en organisant cette conférence des ministres en charge de l’Education à Ouagadougou, veut faire partager.

De son point de vue, aujourd’hui il n’y a plus de problèmes techniques, car on a la capacité, la connaissance et les moyens pour surmonter les obstacles dans ce domaine. En témoignent, selon lui, les expériences concluantes dans certains pays africains dont le Burkina, le Malawi et l’Ethiopie. Toujours selon M. Ouane, l’intégration des langues et des cultures africaines dans l’éducation, contrairement à ce que pensent certains, n’est pas coûteuse mais constitue plutôt un investissement.

Ce fut l’occasion pour la ministre Odile Bonkoungou de vanter l’expérience du Burkina en matière d’enseignement bilingue. A en croire cette dernière, la solution à certains défis de l’expansion quantitative de l’offre éducative et de l’amélioration de la qualité de l’éducation est trouvée avec l’intégration des langues dans l’enseignement. C’est le fait, selon elle, de faire recours aux langues nationales ayant des éléments constitutifs de la culture véhiculant des valeurs qui doivent être inculquées à tout citoyen, qui s’identifie d’abord à sa culture. Partant donc de conclusions de différentes études et expériences réussies, le Burkina Faso, conclut Odile Bonkoungou, a fait l’option de l’introduction des langues dans son système éducatif, assortie d’une base légale qui est la loi d’orientation de l’éducation adoptée en juillet 2007 et qui accorde une place de choix à la langue. Un telle option présente l’avantage, selon elle, de ramener le cursus scolaire de 6 ans (dans les écoles classiques) à 5 ans (dans celles bilingues).

Ahlin Byll-Cataria, secrétaire exécutif de l’ADEA, a, à son tour, présenté son institution qui se veut un forum de dialogue politique et qui a pour objectif de constituer un pôle interpays regroupant plusieurs acteurs politiques et de la société civile. Dialoguer sur les problèmes de l’éducation en Afrique, les défis majeurs et les enjeux et, surtout, réfléchir ensemble sur les solutions novatrices à apporter à ces difficultés, tel est l’objectif visé par l’ADEA, qui fait l’analyse des programmes d’éducation en Afrique pour ainsi dégager leurs forces et faiblesses et des pistes porteuses à privilégier. Il s’agit d’œuvrer à la capitalisation d’expériences novatrices réussies en Afrique et méritant d’être vulgarisées au sein de la communauté éducative africaine.

Cette conférence, a indiqué Byll-Cataria, vise à tirer les leçons des expériences porteuses en termes de lignes directrices à même d’être proposées aux autres pays désireux d’introduire les langues africaines dans leur système éducatif. La finalité est surtout, selon lui, de pouvoir constituer, au terme de la conférence, des pôles de qualité interpays sur l’utilisation des langues africaines dans l’éducation et dont les conclusions seront suivies d’une concrétisation au sein d’un certain nombre de pays.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Culture et littérature
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