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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 04:45

28 décembre 2012
Telesphore Obame Ngomo

 

L'arrogance précède la chute...

 

http://www.voiceofnigeria.org/Africa/images/ali-bongo.jpgQuelles sont les dernières marges de manœuvre d’Ali Bongo ? 

Un proverbe populaire français enseigne que « tous ceux qui ne connaissent pas l’histoire s’expose à ce qu’elle se répète ». 

Si Joseph Désiré Mobutu avait compris que ce qui était arrivé à Jean Bedel Bokassa aurait pu lui arriver quelques années après, il aurait réfléchi par deux fois avant de poser des actes qui n’allaient pas dans le sens du bien être du peuple. Il en était de même pour Pascal Lissouba qui avait pourtant accueilli Joseph Désiré Mobutu tandis qu’il était en fuite. Hélas, au regard de sa situation actuelle, on peut affirmer qu’il n’avait pas bien analysé les raisons qui avaient conduit cet homme à fuir la terre de ses ancêtres. C’est pourquoi aujourd’hui il semble être condamné à vivre ses derniers jours loin de son pays comme Mobutu qui avait été inhumé lors de sa terre natale qu’il disait tant aimé. 

Si Ben Ali, Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi avaient compris que seuls le dialogue, l’humilité, la tolérance, la démocratie, la bonne gouvernance et l’alternance garantissent une fin heureuse comme celle de Nelson Mandela ou d’Abdou Diouf, ils n’auraient jamais connu une fin de règne aussi pathétique que dramatique vécue récemment. 

Toujours en Afrique, le 11 septembre 2012, les rebelles du M23 ont appelé Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo (ex Zaïre) au dialogue. Malheureusement, ce dernier, dans une arrogance injustifiée du fait de son élection contestée et problématique, s’est montré imperturbable. La réalité aujourd’hui est qu’il ne peut gouverner paisiblement son pays comme le fait actuellement Macky Sall du Sénégal. 

Idem pour François Bozizé, président de la République de Centrafrique qui s’est refusé la légitimité acquise démocratiquement par Mahamadou Issoufou du Niger. Aujourd’hui, il se retrouve nez à nez avec les rebelles qui ne lui laissent plus que trois ultimes choix : négocier une porte de sortie comme ce fut le cas pour Daddis Camara, être débusqué comme un rat comme cela s’est observé avec Laurent Gbagbo ou mourir comme un vulgaire animal tels que le général Robert Gueï ou Mouammar Kadhafi? 

Devant ce spectacle déplorable pour la situation du peuple centrafricain, il convient de dire que François Bozizé n’avait pas bien compris que le changement s’était pour maintenant et qu’il s’était imposé à l’Elysée le 06 mai 2012. Et mieux, ses conseillers et lui n’avaient non seulement pas bien lu le discours du Bourget de François Hollande, mais également, ils n’avaient pas bien apprécié les paragraphes de son programme de campagne qui faisaient allusion à sa politique en Afrique et en plus s’étaient certainement refusé d’apprécier à juste titre son interview avec les journalistes de France 24, TV5 Monde et RFI. Or, cet échange résumait parfaitement toute la nouvelle politique africaine que l’Elysée entendait désormais mener. 

Dans ce tourbillon médiatico-politique, il faut dire qu’Ali Bongo Ondimba aurait quand même eu beaucoup de chances car, il a au moins eu l’opportunité de voir ce qui est arrivé à ses pairs qui ont refusé le dialogue et qui n’avaient pas bien mesuré la nouvelle donne des partenaires stratégiques que sont la France, les Etats-Unis et l’ONU. Ces derniers, vivant une crise sans précédent, ont tout intérêt à chasser du pouvoir des chefs d’Etat mal élus et corrompus qui préfèrent traiter avec les pays asiatiques au détriment des pays occidentaux soumis à des contrôles de gestion et des règles de plus en plus drastiques. 

Après avoir publiquement dit NON à la Conférence Nationale Souveraine qui était pourtant la meilleure manière de sauver son personnage politique, Ali Bongo Ondimba a lui-même déclenché le compte à rebours de la fin de sa présence au sommet de l’Etat gabonais. Et ce ne sont pas ses sorties tonitruantes injustifiables, comme ce fut le cas dans l’évocation de l’anglais comme seconde langue au Gabon et ensuite jugée ridicule par ses propres mots, qui parviendront à stopper le sablier déjà bien en marche. Mais bien au contraire. 

Est-il encore nécessaire de rappeler les injures incessantes et insensées faites aux nouvelles autorités françaises, non seulement quand elles étaient dans l’opposition mais également une fois confortablement assises au sommet de l’Etat français ? Peut-on faire fi du renvoi incompris sinon capricieux des 200 militaires français experts qui exerçaient dans notre pays au sein de la Garde Républicaine ? Devrait-on s’affranchir de rappeler les nombreuses promesses non tenues, notamment les fameux 5000 logements par an, ainsi que la fortune colossale de plus de 700 milliards de francs cfa (soit plus d’un milliard de dollar) mal acquise par Ali Bongo Ondimba en trois années seulement à la tête du Gabon? Inutile de se demander ce que Maixent Accrombessi et les siens auraient empoché au passage. 

Autant d’éléments qui permettent de démontrer qu’Ali Bongo Ondimba pourrait couler ses dernières semaines à la tête de l’Etat s’il continue de refuser les priorités et les volontés du peuple gabonais car, dans sa très grande majorité, le peuple du Gabon n’accepte plus de subir ces conditions de vie misérable quand des gens comme Maixent Accrombessi, issu d’aucune fortune connue ou reconnue au Bénin brasse désormais nos milliards de francs CFA. 

Il est toutefois opportun de préciser que, dans plusieurs de ses interviews, Ali Bongo Ondimba fait souvent référence à ce qu’il qualifie de délit de patronyme. Une formule qui semble donner l’impression à ses concepteurs qu’ils friseraient le géni intellectuel gabonais. Mais, ces derniers peuvent-ils nous assurer que si Ali Bongo Ondimba s’était appelé, Bibang, Révignet, Moussavou ou Madoulazokou, il aurait pu accéder au sommet de l’Etat ? 

C’est d’ailleurs l’occasion de clairement rappeler à ces chantres de la médiocrité et de la collaboration que ce sont les piliers qui soutenaient le régime d’Omar Bongo Ondimba, mort brutalement et brusquement, qui ont grandement favorisé l’ascension politique d’Ali Bongo Ondimba. 

En effet, tout au long de son long règne sans discontinuité, soit 42ans au sommet de l’Etat gabonais en qualité de président de la République, Omar Bongo Ondimba avait instauré une gestion du pays sur la base de cinq piliers stratégiques. Aussi, le premier pilier était composé de sa famille quand le cinquième pilier était constitué par tous ses réseaux à l’international. Ensuite, il y avait le second pilier qui était la gestion du pouvoir par son clan (les tékés) quand le troisième pilier était symbolisé par le contrôle du pouvoir via la province du Haut-Ogooué (G2). Et enfin, dans le quatrième pilier, il avait fait le choix de canaliser les énergies, quelques fois débordantes, de la masse par le biais d’une intégration intéressée et divertissante dans le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et une cooptation de l’élite par un passage téléguidé sous le bandeau de la soumission et de la corruption. 

Devant un tel maillage du système de gouvernance ou de la chaîne de décision, il était quasiment impossible que cela ne fusse un des siens qui puisse lui succéder. Ce qui fait que, ces piliers ayant été mis en lambeau par les bons soins d’Ali Bongo Ondimba via sa gestion scabreuse sous les conseils d’étrangers étranges, arrogants, incompétents et impopulaires, il est plus que probable qu’il s’écroule telle une poutre rongée par les termites au moindre vent politico-social violent. 

Et ce ne sont pas les derniers mots de François Hollande devant la violente vague de changement qui semble s’être imposée en République Centrafricaine qui pourraient rassurer Ali Bongo Ondimba qui a certainement oublié qu’en 1964, c’est la France sous les ordres du général de Gaulle et l’exécution de Jacques Foccart que Léon Mba avait pu rebondir après le coup d’état militaire pacifique qui avait été opéré par des patriotes armés. Puis, c’est encore la France sous les ordres de François Mitterrand et sous l’exécution de Roland Dumas qui avait sauvé le pouvoir du président Omar Bongo en 1993 quand la rue l’avait presque mis à la porte. Et enfin, c’est encore la France sous les ordres de Nicolas Sarkozy mais sous les exécutions de Robert Bourgi et de Claude Guéant qui ont fortement contribué pour permettre au pouvoir gabonais actuel de s’installer au sommet de l’Etat. 

De ce fait, vouloir sous estimer la force de publique et politique française ou vouloir narguer ce vieux partenaire stratégique est tout simplement du pur suicide politique, comme c’est le cas actuellement avec la signature d’innombrables partenariats, inopportuns et injustifiables à travers le monde entier, qui brillent d’ailleurs par leur état de mort né. Espérons que le cas de François Bozizé servira d’étude de cas à Ali Bongo Ondimba et aux étrangers étranges, arrogants, incompétents et impopulaires trop concentrés à accélérer l’hémorragie financière de notre pays. 

Pour tenter de s’en sortir, Ali Bongo Ondimba n’a plus d’autres choix que de convoquer durant son discours de fin d’année, la tenue de la Conférence Nationale Souveraine et le rétablissement de l’Union Nationale s’il souhaitât réellement prendre de la hauteur et installer le début d’un climat d’apaisement afin qu’une rébellion, tant redoutée par les chefs d’Etat, n’explose très rapidement. 

Ceci étant dit, il ne sera pas inutile de dissoudre cette assemblée nationale monocolore qui ne devrait rester en marge des grands changements qui lui éviteront une fin pathétique et peu glorieuse. Ensuite, il devra mettre en place un gouvernement provisoire qui organisera des élections générales et la vie de la Cité sur la base des résolutions présentées par la Conférence Nationale Souveraine. Au quel cas, bonjour les dégâts pour lui et sa légion étrangère arrogante. 

Si François Bozizé avait eu l’opportunité de recevoir les conseils précités et le temps de les mettre en application, il aurait pu s’éviter cette chute vertigineuse à laquelle il est désormais condamnée. 

Qu’Ali Bongo en prenne garde. Certes comparaison n’est pas raison mais les mêmes causes ont toujours produit les mêmes effets. 

Qui vivra verra… 

Par Télesphore OBAME NGOMO 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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