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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 19:56

26 mai 2011

Kwanzaamillenium

 

On croit souvent à tort qu'en 1884-1885, la conférence de Berlin imposait à l'Afrique, qu'elle tailladait arbitrairement au crayon et à la règle dans les salons feutrés de la capitale Allemande, un concept nouveau: celui de frontières. On parle depuis d'un phénomène de balkanisation, ce qui est faux et cela pour deux raisons. La première de ces raisons est que le continent Africain n'a jamais été une entité politique unie sous l'autorité d'un même gouvernement, la seconde est qu'après comparaison des superficies et de l'hétérogénéité culturelle entre Etats Africains issus de ce tracé et Etats Balkaniques nés du démembrement de l'Empire Ottoman, de l'Empire Austro-Hongrois et de la Yougoslavie on voit que les premiers sont grands (voire immenses) en superficie et en diversité ethnique alors que les seconds sont très petits et présentent une diversité ethnique faible voire nulle, au passsage aussi les premiers sont dans une situation socio-économique désastreuse tandis que les autres ont relativement su relever les défis de la relance économique post-conflits et post-communisme ainsi que ceux de l'intégration régionale. Cela n'est pas le sujet de l'article et ne mérite pas que l'on s'y attarde trop, je revois les non-conavaincus à un article traitant du mythe de la balkanisation de l'Afrique. Revenons donc au principe de frontières qui comme on l'a vu plus haut n'est pas étranger à la tradition socio-politique Africaine.

 

La différence entre la conception Africaine de la frontière et la conception Européenne ou disons pour être plus juste contemporaine tient de l'application concrète que prenait celle-ci avant l'occupation. Faute de développement de la cartographie et en raison du faible peuplement de l'immensité territoriale Africaine, les sociétés ne voyaient leurs frontières que comme des zones tampons dans lesquelles l'autorité politique souveraine n'avait que peu d'impact, et au delà desquelles le souverain n'avait absolument aucun contrôle, soit parce qu'un autre concurrençait son pouvoir, soit parce que le centre politique était si éloigné que les populations vivant aux franges de l'entité politique ne vivaient l'autorité centrale que de manière très théorique ou même pas du tout, soit parce qu'on pouvait faire face à un no man's land dans lequel il était possible de ne croiser aucune vie humaine après au moins deux jours de marche, soit encore parce que la formation étatique n'était en fait qu'un ensemble de groupements qui sans se reconnaître de chef suprême avaient pour principe de faire front commun face à une menace. Il arriva aussi que les souverains définissent leur territoire en se référant à des éléments naturels comme c'est le cas des empereurs Ashanti ou des rois du Buganda, pour autant leur autorité ne couvrait pas toujours l'intégralité des territoires revendiqués, les premier par exemple (les empereurs d'Ashanti) considéraient que leur Etat s'étendait du nord aux franges des savanes au sud sur la côte Atlantique or ce territoire comprenait les cité-états Fante se présentant aux marchands et diplomates Européens et probablement Africains comme des entités entièrement souveraines, on peut alors parler pour les empereurs Ashantis d'un territoire imaginaire qu'ils s'étaient attribués au delà de leur territoire effectif qui seul était déjà considérable.

 

Ce qu'introduisirent les occupants occidentaux fut le concept de ligne de frontière, de frontière linéaire qui dessina jusqu'à nos jours ces enclos que l'on ose appeler Etats bien que ces frontières soient plutôt imperméables quand bien même l'intégration continentale Africaine reste à un niveau d'achèvement insignifiant. Lorsque je traçais les frontières internes de la Fédération Panafricaine, je le faisais en appliquant le principe colonial de ligne frontalière mais aussi surprenant que cela puisse paraître, Google Earth vint me décoloniser l'esprit. En effet, lorsque j'entrepris de superposer la carte sur le globe virtuel afin de vérifier si ces frontières bien que respectant les aires culturelles ne seraient pas géographiquement absurdes en isolant par exemple le territoire de certaines nations derrière un massif montagneux ou en divisant une métropole entre deux Etats comme Saint Louis qui a son centre dans le Missouri et ses quartiers Est dans l'Illinois, je dû constater que ce qui sur la carte était une ligne était sur le globe un véritable couloir pouvant avoisiner les 20km de largeur. Cela me chagrina un peu et je m'étais dit qu'il appartiendrait aux populations de tracer les lignes qui leur conviendraient à l'intérieur de ces couloirs, tout comme il leur appartient de tracer les couloirs dans les limites du raisonnable le but n'étant pas de construire une fédération de 500 micro-Etats ou plus, 150 serait déjà trop à mon avis.

 

Et puis après avoir interrogé l'historiographie sur la "philosophie" Africaine de la frontière, les travaux de divers chercheurs vinrent donner raison à Google Earth et ses couloirs frontaliers finalement très proche de celle-ci. Ces ainsi qu'est né un nouvel objet juridique dans le projet panafricain que je défends: les zones frontalières ou pour reprendre la dichotomie des historiens francophones: les marches.

 

Celles-ci comme leur nom l'indiquent marquent la séparation entre deux territoires nationaux, un Liberia prend place lorsque deux zones frontalières se croisent ou lorsqu'une zone frontalière est riveraine d'un lac, d'une mer ou d'un océan. Ces zones frontalières sont des couloirs dont la largeur ne peut excéder les 25km ni ne peut être inférieure à 5km. Les nations riveraines du couloir peuvent à loisir placer des portes d'entrée (poste-frontières) donnant sur celui-ci. D'un point de vue administratif, les zones frontières sont divisées en marches composées d'une vingtaine de localités regroupées autour d'un chef-lieu prenant en français (bien que cette langue ne sera pas utilisée) le nom de Marquisat, par exemple d'après Google Earth, Tambacounda dans l'actuel Sénégal située dans la zone frontalière du Mali et du Futa Tooro serait au vu de sa taille un Marquisat.

 

Les marquisats sont gouvernés par des conseils de Marquis, ceux-ci sont semi-autonomes, ils reconnaissent de manière honorifique comme Grand Marquis au moins un des chefs d'Etat voisins, au mieux les deux. Les habitants des marches ont en revanche la nationalité d'un des deux Etats voisins ou la double nationalité si ceux-ci permettent cela. L'autonomie juridique des conseils de Marquis est destinée à régir les rapports entre les communautés cohabitant sur le même espace et surtout à voir de quelle manière peuvent être conciliées les lois auxquelles les deux nationalités, voire les trois nationalités si s'installent des Marrons, sont soumises car même vivant dans une zone frontalière, un individu reste membre de sa nation et doit obéir aux lois de celles-ci, l'ordre est assuré en ces contrées par des brigades de coopération inter-frontalières sensés remettre les individus à la justice de leurs nations respectives. Pour résumer on peut dire qu'à Tambacounda par exemple on est à la fois au Fouta Tooro et au Mali, mais on y est soit Malien, soit Peul du Fouta Tooro la circulation est libre dans la zone frontalière pour les individus issus des deux nations riveraines et des Liberias situés aux extrémités . Les décisions prises par les conseils de Marquis peuvent orienter les politiques d'harmonisation juridique entre deux Nations voisines afin que la mosaïque juridique ne bloque pas trop la fluidité des échanges au sein de la fédération.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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