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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:58

18 mars 2010
Mouafo Djontu


INTRODUCTION

La Corruption est un phénomène qui se rencontre aujourd'hui dans tous les secteurs de la vie civile. C’est un sujet sensible. Et pour l’aborder, cela impose d’aller au-delà du couvert d’un certain juridisme. La lutte contre ce fléau, tout le monde en parle. Elle est devenue, au fil du temps, à bien des égards, un discours à la mode pour se donner bonne conscience. Dans certains pays, à l’instar du Cameroun, « en voie de développement, [la corruption] se trouve érigée en système »
[1]. On dirait même qu’elle s’est dressée en système de norme de l’écart[2]. Il aura, d’ailleurs, fallu attendre que le Cameroun soit classé deux fois champions du monde de la corruption[3] pour qu’enfin les gouvernants se départissent de leur torpeur aux fins d’endiguer ce fléau. Cette prise de conscience, de pure forme, du point de vue de certains observateurs, ne repose sur aucun véritable plan stratégique de lutte contre la corruption.

On peut, dès lors, s’interroger sur l’impact des mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption au Cameroun. Et même du cadre normatif existant. On ne s’appesantira pas sur une étude des normes juridiques telles qu’édictées par le Cameroun pour barrer la route à ce fléau. Il sera globalement question, dans le cadre de la présente réflexion, de comprendre pourquoi le Cameroun, nonobstant sa richesse en ressources humaines, disposant de quantité d’agrégés et d’experts en tout domaine, tarde à faire du contenu des mesures de lutte contre la corruption une praxis pour la disqualification de la norme de l’écart ?

Ce questionnement nous amène à poser le problème du sens et de l’utilisation des savoirs revendiquée par l’élite intellectuelle et politico-administrative à force de distinction académique. Car au regard de la décrépitude morale ambiante, il faut bien convenir que leurs distinctions académiques ne sont pas toujours source de moralité et que les titres de connaissances ne constituent pas des garanties de vertu. Bien que nous pensions que l’homme du savoir doit pouvoir se distinguer par ses actes dans l’optique d’éclairer et guider les citoyens vers les valeurs d’amour de la patrie et de respect du bien publique. En clair ce n’est donc point le déficit de connaissance ou de compétence qu’il faut mettre en cause. Aussi prenons nous  le parti d’orienter notre investigation à l’élucidation de certains ressorts culturels de la corruption en mettant en évidence la persistance de mode de pensées  archaïques qui servent de trame à une mytho culture dominante (I). Nous développons ensuite  l’idée selon laquelle, une des solutions au problème résiderait dans la capacité de l’élite, à comprendre que l’honneur de leur position serait de se départir du culte païen des distinctions,  pour assumer une éthique de l’engagement (II) au service de la transformation de leur société.   

I -
  DE LA MYTHO-CULTURE A LA CULTURE AGISSANTE
 

Quand Platon, dans le livre 7 de la République décrit la caverne qui lui sert d’allégorie du principe de la connaissance, il place les ignorants en situation de prisonniers, attachés au fond de la caverne, condamnés à ne voir que l’ombre de la réalité, sans même savoir qu’il ne s’agit pas de la réalité elle-même. De nos jours, on pourrait qualifier ces ignorants, des temps modernes, de prisonniers d’une forme de mytho-culture lequel est un frein à l’enracinement des valeurs (A). Il devient, dès lors, urgent d’opérer un aggiornamento mytho-culturelle pour une culture agissante comme socle de la persévérance (B).   

A -
 
La mytho-culture comme frein à l’enracinement des valeurs

Le Cameroun a fait le choix politique de construire la société sur les bases démocratiques. Cela suppose le respect de la diversité qui vise à faire coexister les contraires. La pratique démocratique telle qu’observée tarde à se départir de vieux clichés que nous appelons la mytho-culture. Dans le cadre de cet exposé, ce concept renvoie à l’attachement à des coutumes surannées, allergique à toute forme de remise en cause ou d’adaptation contextuelle selon les époques. 

A cet égard, on peut noter que la persistance dans notre société, pire encore dans les temples du savoir que sont les universités, d’assertions du genre : les aînées ont toujours raison, vieillesse équivaut à sagesse, le diplôme fait l’homme etc…participent du refus de penser et pourrait dans une certaine mesure empêcher les aînés et les « super-diplômés » d’avoir une obligation de gestion responsable dans une société à obédience démocratique. Ainsi, les « aînés », parce que prétendant détenir la vérité immuable ne sont plus confrontés à d’autres formes de pensées. Les agrégés, professeurs et experts en tel domaine ne jugeront plus utiles de collationner leurs thèses avec les moins gradés. La conséquence immédiate est la sacralisation de la distinction, comme gage de détention de la vérité absolue. Ce modèle de penser n’oblige pas le jeune citoyen à aller au-delà du diplôme pour donner de la valeur à son diplôme. Il donnera tout ou fera tout pour obtenir une distinction, même au prix de la corruption, parce que le système censé le socialiser accorde le respect et l’honneur à la distinction académique et non au prix des actions distinguées, à l’instar des actions de lutte contre la corruption. Parce que, la lutte contre la corruption ne se contente pas de distinctions académiques, elle demande des actions appropriées pour sa limitation voir son éradication.

Voilà pourquoi, nous pensons que les prisonniers de la mytho-culture ne favorisent pas la construction d’un référentiel de valeurs, gage parmi d’autre des éléments constitutifs dans la lutte contre la corruption. MONTAIGNE dans, Extrait des Essais, écrit : « l’ignorance qui se sait, qui se juge et qui se condamne, ce n’est pas une entière ignorance : pour l’être, il faut qu’elle s’ignore soi-même ». On constate, avec MONTAIGNE, que les idées sont émises pour être jugées pour une nouvelle forme de praxis culturelle où la remise en cause permanente pour le bien de la société s’ajoutera aux éléments constitutifs de la lutte contre la corruption. 
 

B -
  
La culture agissante comme socle de la persévérance

A l’opposé de la mytho-culture, la culture agissante ou vivante s’entend comme « l’ensemble des idées, institutions, outils, comportements et pratiques inventés aujourd’hui pour résoudre les problèmes qui se posent aujourd’hui »
[4]. En d’autres termes, ce qui était approuvé hier peut ne pas l’être aujourd’hui et pourrait même être considéré demain comme parjure. Précisons que, le monde actuel est en perpétuelle compétition scientifique, où le respect s’impose par la qualité des savoirs.

Il ressort de cette définition qu’il est fait obligation aux amoureux du savoir de faire preuve de persévérance intellectuelle afin d’apporter des solutions aux problèmes que posent la société actuelle à l’instar de la lutte contre la corruption. C’est pourquoi, le milieu scolaire, lieu de structuration de la pensée, doit faire sien les politiques de lutte contre la corruption. Et c’est à ce niveau qu’une culture agissante opère, pour donner à ces apprenants des recettes leurs permettant d’avoir l’amour de la persévérance (entendue comme une obstination à suivre la norme et non l’écart de norme dans la lutte contre la corruption) comme valeur sacrée indélébile. Richard NISBETT dans Intelligence and How to Get It, va dans le même sens lorsqu’il affirme que « l’intelligence ne doit rien ou presque rien à l’hérédité génétique ; elle est éminemment élastique et améliorable ; c’est par l’éducation et l’effort sur soi-même, par la recherche la plus opiniâtre de l’amélioration qu’on devient de plus en plus intelligent et qu’on s’élève au-dessus de sa condition de départ. »
[5]. Par la même, l’auteur définit l’intelligence comme « la capacité mentale qui nous permet de raisonner, de planifier, de résoudre des problèmes, de saisir les abstractions, de comprendre les idées complexes, d’apprendre vite et de retenir les leçons de l’expérience. »[6]

On comprend aisément que l’intelligence au service de la société n’est pas un don mais une quête permanente. L’homme fait donc, preuve de persévérance pour acquérir ce type d’intelligence. Bien que cette intelligence ne fait pas obligation à son détenteur d’être un modèle de société, de promotion de la vertu ou d’une morale de gestion. Précisons néanmoins que la capacité, pour l’homme, à remettre en cause des pratiques contre-vertueuses par des réflexions, sans cessent innovantes, d’où jailliront de nouvelles formes de lutte contre la corruption fera de lui un intellectuel engagé au sens noble du terme. On aboutira à une orientation de l’intelligence tournée vers la création du bonheur et de la prospérité. Un tel engagement pour des causes nobles participe, d’une certaine manière, à obstruer les pratiques illicites de corruption au sein de la société. 

Par ailleurs, « La fréquence et la persistance de la corruption ont ceci de décourageant qu’on finit par se dire, s’agissant des décideurs et des politiques, qu’ils ne désirent pas combattre le phénomène. »
[7]. S’attaquer à un tel fléau, sur le long terme, demande de la part des gouvernants politique de poser et analyser le problème de la corruption avec toutes ses conséquences dans les cadres de formations et d’éducations des citoyens. Il devient dès lors urgent, pour les apprenants de disposer et de partager un nouveau vivre ensemble où le bien public est sacré et le service public une noble tache. La construction d’une telle stratégie permet aux politiques, de faire des mesures anticorruption une victoire de la conduite aristocratique du respect de la norme sur la conduite désobligeante de l’écart de norme. Ceux qui s’engagent sur ce chemin périlleux, ô combien bénéfique, ont l’obligation de cerner les gagnants d’une activité illicite, les forces dont-ils disposent pour contrecarrer les efforts entrepris et comment faire pour les déjouer ou tout simplement les remettre en cause ?

Loin de vouloir centrer cet exposé autour des leaders politiques, principaux responsables, le citoyen X qui a compris le danger de la prolifération de la corruption pour les populations vulnérables, se doit par son savoir-faire et savoir-dire d’amener les autres à travailler pour l’avènement d’une société où les gouvernants politiques seront effectivement responsable devant les gouvernés. Une telle renaissance oblige la reconnaissance ou l’acceptation d’une culture vivante où les citoyens ont en partage la prospérité, le bonheur et la paix interne et non externe. L’homme se sent ainsi interpellé au premier niveau pour donner sens à cette nouvelle posture qui vient consacrer la mort de l’imposture mytho-culturel.   

II -
  
L’HOMME ET L’ACTION DU SENS

Pour certains il est préférable de ne pas savoir. Einstein, à juste titre, déclarait que « le plus dur n’est pas de cherché la vérité, mais c’est de connaître la vérité. ». Pour d’autres, il faut persévérer dans la recherche des savoirs et être cet homme de bien qui situe la justice au dessus de tout, quand bien même on  se trouverait dans une société de normalisation de l’écart (A). Même face à l’élite intellectuelle, à l’observation, qui s’est accommodée dans la pratique de l’écart de norme (B), l’homme de bien se doit d’exister pour donner sens à son action de lutte contre la corruption.  

A -
 
L’Homme dans une société de normalisation de l’écart

La volonté affichée par les hommes de comprendre et stopper le fléau de la corruption, doit pouvoir aller au-delà de l’ignorance et de l’acquisition de titres académiques. Car, la corruption s’apparente à une rationalité prédatrice. Elle fait preuve de subtilité pour contourner les normes publiques de référence. Ceux qui se lancent dans de telles pratiques illicites mettent en service leur intelligence pour inventer de nouvelles formes de corruption. Parce que la visée première de la pratique de la corruption est de faire échec à une norme, à un droit protégé. L'économiste américain Robert KLITGAARD a résumé cette pratique par une équation simple : Corruption = Monopole + Pouvoir - Transparence. Et l’assemblage d’outils d’écart de norme installe l’homme dans une société de normalisation de l’écart. L’Homme doit-il, pour autant, démissionner face à une telle ampleur ?

La lutte contre l’ignorance ou l’analphabétisme est un phénomène à la mode. BOUDHA qualifie, d’ailleurs, l’ignorance de péché le plus mortel. L’homme dans sa quête vers les nouveaux savoirs, dans une société telle que la nôtre, sera confronté à des pratiques de normalisations de l’écart. Il devient, dès lors, urgent pour un tel homme d’être entier et d’aller au-delà de l’armure du savoir-faire pour revêtir celle du savoir-être. Sinon à quoi sert-il à un homme de savoir s’il n’est point capable de faire savoir ce qu’il sait faire pour marquer son temps et participer à la construction d’un environnement de respect de la norme ? C’est par ses actions que l’homme de sens se fera distinguer afin d’endiguer la propagation du fléau. Son action n’étant que le prolongement indispensable de la pensée. C’est pourquoi son combat sera rude. Il y a plus de dix ans, dans une compétition organisée par Amnesty International le Cameroun fut sacré par deux fois championnes du monde de la corruption. Et pour confirmer la norme de l’écart, la magistrature, garante du respect de la norme, a été faite championne nationale de la corruption par la même organisation. Cette consécration de la magistrature lève ainsi les limites entre la norme prescrite et la non-norme.

C’est face à une telle décrépitude de la pratique de la norme que le citoyen est interpellé. Il n’a pas le droit de se dédouaner sous le fallacieux prétexte que la société regorge des magistrats de l’écart de norme. Sa détermination à endiguer un tel fléau, pratiqué par la majorité, lui conférera le statut d’activiste au sens noble du terme. Parce qu’un activiste, dans un tel contexte, est un porteur de cause et de valeurs. Ce porteur de cause et de valeurs ira au-delà de la dénonciation pour imposer les valeurs perdues et rétablir la norme sociétale écartée. L’exemple, le plus retentissant, est l’action opérée par le gouverneur de Hong-Kong, Sir Murray Maclehose, au début des années 70, pour faire reculer la corruption dans les secteurs les plus stratégiques à l’instar de la police. De l’avis de Ernest HUNT, commissaire de police reconnu coupable de pratiques illicites, résume la situation : « La corruption dans les forces de l’ordre de Hong-Kong est un mode de vie. Je veux dire que c’est aussi naturel que de se mettre au lit, de se lever le matin et de se brosser les dents… »
[8]. La conduite de norme comme actions convenables et acceptables menée par le gouverneur Murray aura réussi à faire des conduites d’écart de la norme de la police de Hong-Kong, des réprobations et condamnations par les normes édictées. L’homme de Hong-Kong ou le gouverneur de Hong-Kong, bien qu’étant dans une société de normalisation de l’écart, aura réussi à démonter les mécanismes de l’écart de norme pour le triomphe de la norme sur l’écart. Il a été au centre de la lutte contre la corruption. Et de l’avis de certains observateurs, la police de Hong-Kong est devenue l’une des polices les moins corrompues d’Asie. Le Gouverneur Murray, au-delà d’une approche dissuasive, a également investi dans l’éducation. La structuration de la pensée du jeune citoyen de Hong-Kong repose sur des valeurs partagées et des attitudes à adopter face à la corruption. Il a placé l’élite intellectuelle de demain au centre de sa campagne à long terme de la lutte contre la corruption. 

B -
  
L’élite intellectuelle et la pratique de l’écart de norme. 

L’intellectuel s’entend comme une personne dont l'activité repose sur l'exercice de l'intelligence, qui s'engage dans la sphère publique pour faire part de ses analyses, de ses points de vue sur les sujets les plus variés ou pour défendre des valeurs, et qui dispose d'une forme d'autorité
[9]. Et selon les historiens Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, un intellectuel est « un homme du culturel, créateur ou médiateur, mis en situation d’homme du politique, producteur ou consommateur d’idéologie »[10].

En matière de lutte contre la corruption l’élite intellectuelle occupe une place de choix. Elle a un rôle central. Raymond Aron, dans L’opium des intellectuels, pose la question du rôle du savant dans la cité. La réponse à cette question sera empruntée à une formule de Diderot pour qui l’intellectuel est celui qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui, refusant d'être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpètrent, utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas strictement de son domaine de compétence, mais où l'influence qu'il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. Jean-Paul Sartre va plus loin dans le rôle de l’intellectuel dans la cité. Pour lui, l’intellectuel est forcément « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives. 

Et dans le cadre de cette étude, l’élite intellectuelle ne sera pas obligatoirement un homme de lettre ou un diplômé. Il s’agit de toute personne qui, partant de sa position sociale, dispose d’une forme d’autorité et la met à contribution pour convaincre, débattre, illustrer, offrir des ouvertures à l’esprit critique et être, soi-même, un modèle de savoir-être. Il ressort de cette définition, l’engagement comme signe distinctif dans la défense des valeurs. On peut à juste titre évoquer les choix littéraires d’Achille Mbembe, Mongo Beti dans la continuité du combat des Um Nyobé, Ouandié, Moumié, Ossendé Afana…. L’engagement de l’élite intellectuelle s’est également fait distingué dans le combat de Lumumba pour la libération du peuple congolais, d’un NKrumah pour l’unité africaine et d’un Pierre Vidal-Naquet dénonçant la torture en Algérie, ou encore d’un Martin Luther King lorsqu’il stigmatise la politique étrangère des Etats-Unis dans sa guerre au Vietnam, sans oublier Nelson Mandela bataillant pour les droits des noirs en Afrique du Sud.   

Dans le contexte camerounais, la question qui pourrait venir à l’esprit est de savoir comment la corruption prospère aux côtés de la classe qu’on qualifie, dans les décorums du savoir, d’élite intellectuelle. Le constat est simple. Elle a cessé de jouer le rôle de gardiens des valeurs. Ce rôle a été délaissé au profit du réalisme politique, entendu comme concession, compromis et même compromission pour la sauvegarde d’un plan de carrière. En définitive, la société camerounaise fait face à une sorte de « fraude sémantique » des « intellectuels exotiques » (pour reprendre les formules d’Alexie Tcheuyap et de Fabien Eboussi Boulaga). C’est ce qui explique qu’il devient aisé de voir vivre dans un environnement de normalisation de l’écart des intellectuels devenu amoureux de l’exotisme et « du goût de l’ostentation et du clinquant de ces nouveaux riches que la psychose du retour à la misère transforme en zombies roulant en véhicules Pajero VX et jaguar dans les rues défoncées des villes, on a presque pitié de ces élites abruties par leur incapacité à gérer le « succès » ».

Il ressort en définitive, la défaite politique des intellectuels. Ces derniers n’ont pas réussi à faire triompher la liberté de pensée. Notons que l’enracinement ou la vulgarisation des facultés de création et d’innovation qui impose le dépassement de soi en vue d’une nouvelle renaissance du soi, c’est-à-dire la venue d’un nouveau moi créateur de valeurs, doit être le fondement nouveau de l’engagement du citoyen dans la lutte contre la corruption. Et Emmanuel Kant de proclamer : « Agis toujours de telle sorte que la maxime de ton acte puisse s'ériger en règle universelle. »


Remarques conclusives

Il serait urgent que le Cameroun se dote d’une stratégie claire et précise de lutte contre la corruption. L’acquisition des savoirs seuls ne suffit pas à endiguer, dans le long terme, ce fléau. Il faut un aggiornamento mytho-culturel, pour la construction d’une culture vivante nationale axée sur les rapports nouveaux avec la corruption. Il n’existe pas un endroit, un secteur universellement reconnu par où commencer la lutte contre la corruption. L’important sera un travail sur soi-même afin de transformer le citoyen passif en citoyen angagé porteur de cause ou de valeurs. On pourrait nommer un tel mécanisme : le portage d’intégrité. Ce mécanisme disposera d’une procédure de création des solidarités agissantes dont la visée ultime sera la création d’un cadre où l’humain aura l’amour en partage, la paix en partage et la prospérité en partage. Le Cameroun ne devra son succès, au-delà des mesures dissuasives, qu’en orientant son action vers l’avènement de nouveaux modes comportementaux enseignés depuis l’école de base.

L’homme dans sa quête d’un autre monde est au centre de cette nouvelle praxis. Il doit intégrer que le diplôme est une distinction et qu’il a l’obligation de se distinguer sur le terrain afin de revêtir l’armure d’élite intellectuelle telle que définit dans ce texte.

  



[1] Robert KLITGAARD, Combattre la corruption, éd NOUVEAUX HORIZONS 1988. p. xviii.

[2] Hubert, MONO NDZANA, La norme et l’écart

[3] Par Transparency International.

[4] GHONDA NOUNGA, Ruben UM NYOBE : modèle d’homme de culture, Yaoundé, 13 Septembre 2007.

[5] Jeune Afrique, N° 2560 du 31 janvier au 6 février 2010. p. 3.

[6] Ibid.

[7] Robert KLITGAARD, op.cit. p. 3.

[8] Cité par Robert KLITGAARD, op.cit. p. 107.

[9] fr.wikipedia.org/wiki/Intellectuel 

[10] Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, Les Intellectuels en France. De l’affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Armand Colin, 2002, p. 10.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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commentaires

bompondja 09/11/2011 14:52


c bien bon de parler de ce theme car il ne peut decouler que des personnes soucieux du mieux de l`afrque, il faut en participer


fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 19/10/2011 12:23


Blog(fermaton.over-blog.com)No-18, THÉORÈME DU POUVOIR.- La CORRUPTION ?


Textes De Juliette