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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:50

3 mars 2010
Rousseau-Joël Foute
Cameroun Tribune

Pays membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), la République centrafricaine (RCA) tente de mener à son terme un processus de paix après avoir été confrontée pendant des années à des rébellions, coups d’Etat et exactions de rebelles, militaires et “coupeurs de route”.

Dans cette perspective, l’organisation des élections libres et transparentes est un sérieux gage au retour à une paix durable. C’est dire que la prochaine élection présidentielle est porteuse d’importants enjeux pour ce pays qui aspire à un développement rapide, baigné dans une atmosphère de paix retrouvée.

Seulement, à entendre les déclarations de plusieurs responsables politiques ces derniers jours, on se demande si le premier tour de l’élection présidentielle et le scrutin législatif, prévus le 25 avril prochain par un décret du président François Bozizé diffusé jeudi dernier, seront un catalyseur de paix. Car, alors que la campagne électorale est prévue pour se dérouler du 12 au 23 avril 2010, des voix dissonantes donnent déjà une idée des joutes politiques en préparation. En effet, l’opposition et les ex-rébellions de Centrafrique, réunies au sein d’un collectif, “rejettent en bloc” le décret présidentiel fixant les élections présidentielle et législative au 25 avril. L’annonce a été faite dimanche dernier à l’AFP par un responsable de cette coalition à Bangui. “Les entités de l’Union des forces vives de la Nation (UFVN, coalition de l’opposition), les autres partis (formations centristes) et les politico-militaires (ex-rébellions) réunies au sein du Collectif des forces du changement rejettent en bloc le contenu” du décret présidentiel, a déclaré Gabriel Koyambounou, un responsable de l’UFVN. “Nous avons mis en place à cet effet un comité de rédaction d’une déclaration qui sera rendue publique mercredi prochain (NDLR : ce jour)”, a ajouté M. Koyambounou, vice-président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

Le lendemain de la signature du décret convoquant les Centrafricains aux urnes, l’Union pour la renaissance et la démocratie (URD), qui ne se réclame ni de l’opposition, ni de la majorité et n’a pas de député à l’Assemblée, avait proposé d’organiser la présidentielle plutôt en janvier 2011, arguant qu’elle avait besoin de temps et d’une “transition qui pourrait durer jusqu’à décembre”. “L’organisation des élections dans le contexte actuel, où toutes les conditions ne sont pas réunies au plan sécuritaire, peut replonger le pays dans une crise sans précédent”, a estimé le président de l’URD, Auguste Boukanga.

Quant au chef de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD, ex-rébellion), Jean-Jacques Demafouth, il a simplement réclamé des élections “libres, démocratiques et transparentes”, pendant que Fidèle Gouandjika, ministre et membre du parti Kwa na Kwa (KNK) du président Bozizé, déclare que la majorité présidentielle est “prête” pour l’échéance du 25 avril.

Que faire dans ces conditions ? Sans nul doute, réunir tous les acteurs politiques en lice, déjà tous d’accord d’aller aux élections, afin de trouver une date consensuelle. Car comme le dit un proverbe, « Rien ne sert de courir. Il faut partir à point ». La RCA, qui connaît le prix de la paix, peut s’en inspirer.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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