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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 23:44

8 octobre 2010

Clarence Shiwawa

Le Confident


A l’allure où vont les choses, le commun des mortels peut très aisément comprendre qu’il existe dans ce pays des gens qui se considèrent plus Centrafricains que d’autres. Et qui pensent qu’ils doivent toujours avoir les faveurs du Chef de l’Etat. La preuve vient de nous être donnée par une lettre publiée dans Le Citoyen N°3470 du 6 octobre 2010 signée de M. Oguéré-Demona-Mozané, qui se présente comme un membre du Conseil national KNK du 4ème Arrondissement (Cité Jean XXIII). 


Dans cette correspondance à charge contre le président de la République, M. Oguéré-Demona-Mozané dénonce, non sans véhémence, ce qu’il considère comme une chasse aux sorcières dirigée contre les cadres Gbaya. 

« Peuple centrafricain en général et surtout la famille Gbaya en particulier. Il est grand temps pour que nous puissions nous retrouver autour du feu pour nous interroger sur la manière dont notre grand frère, le général Bozizé, président de la République, est en train de se conduire. Son agissement vis-à-vis de ses frères commence à faire peur… ». 

Déclaration signée de M. Oguéré-Demona-Mozané qui traduit, si besoin en était, un certain malaise qui serait ressenti par les cadres Gbaya dont il se fait ici le porte-flambeau. 

En prenant pour prétexte l’arrestation, le dimanche 3 octobre 2010, du Trésorier de la Commission Electorale Indépendante (CEI), M. Thomas Zandanga, et du caissier principal du Trésor, M. Auguste Kpengaï, M. Oguéré-Demona-Mozané soutient, pour sa part, que les deux cadres Gbaya sont victimes de complot ourdi à leur encontre par le Directeur Général du Trésor, le Général Guillaume Lapo. Loin de nous toute envie de polémiquer sur ce qu’il convient de considérer comme une déclaration partisane, tribaliste et clanique d’un Centrafricain qui se croît plus centrafricain que d’autres, et qui considère, de ce fait, son ethnie -qui est aussi celle du président de la République- comme une ethnie des intouchables, des hommes au-dessus des lois de la République. Mais il ya lieu de réfléchir en profondeur sur ses affirmations aussi fantaisistes qu’inutiles. Le président de la République, en prêtant serment le 11 juin 2005, s’était-il engagé à défendre les seuls intérêts des membres de son ethnie ? Etre Gbaya est-il une fin en soi ? A moins de nous ramener à une époque lointaine de l’histoire où Hitler considérait sa race comme la plus pure, et donc, au-dessus des autres. 

Bref, qu’à cela ne tienne! Il est urgent de comprendre que la République Centrafricaine, ce n’est pas seulement la patrie des seuls Gbayas qui doivent être promus à des postes de responsabilité et qui doivent être impunis, même s’il est avéré qu’ils ont commis des forfaits. 

La RCA est un pays de droit 
Mettre aux arrêts une personnalité qui se trouve être de l’ethnie du président de la République n’est pas si condamnable que cela. Bien au contraire : ceux qui se reconnaissent comme tel et qui crient leur appartenance à l’ethnie du Chef de l’Etat devraient être ceux-là qui montrent l’exemple aux autres. On n’arrête pas pour le plaisir d’arrêter. Si une personne, fut-elle un ‘’Gbaya boy’’, est interpellée, c’est justement parce qu’on lui reproche quelque chose. C’est à cette personne de se défendre devant la justice pour prouver son innocence. La RCA est un pays de droit. 

Mais qu’un ‘’Gbaya boy’’ en embuscade puisse se saisir de sa plume pour vociférer en chantant de manière solennelle les vertus sacrées du tribalisme et du clanisme outranciers, cela est d’autant plus condamnable. 

Pêle-mêle dans la mare des préoccupations sectaires de M. Oguéré-Demona-Mozané, tous ceux des transhumants politiques, qui gravitent autour des tenants du Régime, sont à leur tour flingués, puisque considérés comme des médiocres qui conduisent le bateau centrafricain à la dérive. On ne savait pas encore qu’il n’y a que des « médiocres » autour du Chef de l’Etat et que celui-ci jetait des billets de 500 Fcfa à chaque 5 Km quand il sillonne le 4ème Arrondissement de Bangui. 

Et comme les populations qui habitent les autres arrondissements de la capitale centrafricaine sont des « sous-hommes », c’est chez eux que les billets de 500 Fcfa peuvent être jetés mais pas au 4ème, l’arrondissement des « frères du président de la République ». 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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