Textes de Juliette

21 août 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Les démarches entreprises par le nouvel employeur d’Ismaël Koagou, l’Ambassadeur des Etats-Unis à Bangui, sont toujours en cours. D’autres actions au niveau international sont également dans le pipeline.

 

Pendant ce temps, le fameux Tribunal Militaire Permanent (TPM), véritable instrument de répression et de parodie de justice, et auquel l’avocat de Koagou s’adresse avec insistance, est incapable de statuer sur son cas. Le motif fantaisiste invoqué contre lui, relève du domaine correctionnel, et de ce fait exige, selon les dispositions du Code de Justice Centrafricain, que la détention préventive ne dépasse pas six mois, si l’interpellé n’a pas été entretemps présenté devant un juge d’instruction pour une quelconque audition.

 

En d’autres termes, la situation est très claire : nous sommes en face d’une mauvaise foi monumentale et à vrai dire habituelle, savamment entretenue par les hautes autorités de Bangui, incarnées par François Bozizé et fils.

 

Le déni complet de justice est omnipotent. Onze prévenus dans l’affaire de l’incendie de Ryan, donc certains n’étaient là que de passage au moment de la rafle de la Garde Présidentielle du « Président » de la « République » Centrafricaine, le général François Bozizé. Ces onze personnes sont donc incarcérées depuis juin 2010 et sont depuis le 28 juillet 2011 au bénéfice d’une décision de la Cour d’Appel de Bangui, qui autorise leur libération. Voici donc 20 jours aujourd’hui, qu’ils sont toujours maintenus en détention, les deux femmes à Bimbo, et les neuf hommes à Ngaragba pour des raisons que personne ne comprend très bien. Il semblerait pourtant que ces 11 personnes soient en vérité les otages du pouvoir, qui n’avait pas réussi à mettre la main sur Me Symphorien Balemby et Jean-Daniel Dengou, faussement accusés d’avoir incendié le supermarché RAYAN le 9 juin 2010. Or, nous savons aujourd’hui que le véritable incendiaire n’est autre que le propriétaire lui-même, voulant faire disparaitre les traces de ses malversations financières.

 

Malgré l’évidence, le chef de l’Etat Centrafricain, une fois de plus, persiste à vouloir prouver au monde entier, qu’il est le seul à détenir le pouvoir suprême sur la vie et la mort de ses compatriotes, ce qui confirme une fois de plus le manque total de légitimité du clan au pouvoir aujourd’hui.

 

Outre ces personnes dont tout Centrafricain connait l’existence de par la médiatisation des circonstances de l’incendie du RAYAN, d’autres personnes sont détenues dans le silence complet.

 

C’est ainsi que Ngaragba est aussi devenu le foyer depuis plus de trois ans de vrais ou supposés rebelles, sans qu’aucun procès n’aie vu l’ombre d’une existence. Ont-ils même des avocats, on n’en sait rien. En admettant qu’ils en aient, quel poids peut avoir un avocat dans une situation de présomption automatique de culpabilité, sans preuves, sans audition, sans aucune volonté de faire respecter une Justice minimale dans un pays qui ressemble plus à une enclave du  Far-West qu’une république avec un président légalement et démocratiquement élu.

 

 

Le plus cynique dans l’histoire de ces détenus dont très peu de gens connaissent l’existence, est que leurs présumés chefs respectifs ont pour la plupart signés des « accords de paix » avec le pouvoir, et qu'ils les ont ainsi pratiquement vendu au Diable. Une manière d’acheter leur place à la mangeoire, comme quand on achète un billet de cinéma ! Les soi-disant rebelles n’ont qu’à croupir en prison, puisqu’ils n’ont plus de chefs, en admettant qu’ils en aient eu une fois, et qu’ils n’ont pas non plus de quoi corrompre une justice donc François Bozizé a acheté l’âme depuis belle lurette, et avec laquelle il joue quand il n'a rien d'autre à faire.

 

Une autre de toutes ces histoires uniques, un officier Tchadien en congé à Bangui en 2008, muni de tous ses papiers administratifs réguliers, est arrêté dans l’auberge où il. Fantaisie d’un pouvoir aux abois en permanence aidant, il est accusé de rébellion sans aucune preuve, et moisi donc sans audition et sans instruction depuis bientôt trois ans à Ngaragba. Son nom est Delco. Nos investigations pour éclairer la vérité sont en cours.

 

Tous ces hommes sacrifiés, au nom d’un pouvoir complètement ignare de ses droits et de ses devoirs, obsédé par un pouvoir auquel il n’a pas droit, ne le seront pas en vain. 

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