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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:39

8 mars 2010
Adrien Poussou
L'Indépendant



Vive tension à Bangui où le climat politique se détériore

Plusieurs signes laissent penser que l’on s’achemine surement vers une énième crise politique dans ce pays d’Afrique centrale, à commencer par le double rejet par l’opposition, regroupée au sein du Collectif des forces du changement, de la date du 1er tour des élections législatives et présidentielles et le nouveau découpage électoral, fixés par le président François Bozizé. 

L’opposition centrafricaine dénonce ce qu’elle qualifie de « vitesse et précipitation » dans la conduite du processus électoral, exige « Le retrait pur et simple du décret du 25 février 2010 convoquant le corps électoral e la mise en œuvre immédiate du programme DDR, condition préalable à l’organisation des élections libres, démocratiques et équitables ». 

Ce à quoi le pouvoir a répondu par la publication le 3 mars d’un décret établissant les circonscriptions électorales. 

Un membre de la coalition de l’opposition estime qu’il sera difficile d’éviter une crise politique. Pour lui, l’envie du président d’aller vite aux élections, illustre bien les préparatifs d’un hold-up électoral. « Nous ne pouvons malheureusement pas faire l’économie d’une prochaine crise politique avec ce qui se passe. Le président Bozizé veut mettre le pays à feu et à sang. Tout semble indiqué qu’il est à la recherche d’une guerre civile », analyse-t-il sous le couvert de l’anonymat. 

Faux, rétorque un membre du gouvernement pour qui « toutes les conditions sont réunies pour se rendre aux urnes. Si on suit le raisonnement de l’opposition, les élections ne seront pas pour demain. Ce sera de l’illégalité », fait savoir ce ministre partisan du KNK, le parti politique au pouvoir. 

C’est dans ce contexte de tension que le président centrafricain a décidé de dépêcher deux bataillons à Kaga-Bandoro, chef lieu de la préfecture de Nana-Gribizi, à Paoua et Bocaranga dans la préfecture de l’Ouham-Pendé, qui sont des localités contrôlées par la rébellion de l’APRD (armée populaire pour la restauration de la démocratie) de Jean-Jacques Demafouth dont le départ de la base de la FOMAC, aurait été demandé par le président Bozizé aux responsables de la force multinationale. Ces derniers auraient en retour opposé une fin de non-recevoir à la demande présidentielle. 

Par ailleurs, le président centrafricain a décidé désormais d’habiter la résidence présidentielle du camp militaire de Roux, tombée en ruine depuis le départ en 1993 du président André Kolingba. Cette résidence réhabilité grâce à un financement libyen avait accueilli le président camerounais Paul Biya lors du récent sommet des chefs d’État de la CÉMAC, qui s’est déroulé dans la capitale centrafricaine les 16 et 17 janvier dernier. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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