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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 16:58

24 janvier 2011

Maurice Khonde

Xinhuanet

 

La présence de Joseph Kabila à la tête de l'Etat congolais garantit les intérêts occidentaux

 

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a promulgué jeudi dernier le texte amendé de la Constitution de la 3ème République, en vigueur depuis 2006, au terme d'un débat qui a divisé la classe politique dans le pays.

Parmi les huit articles amendés figure notamment l'article 71 qui prévoit l'élection du président de la République à un tour et à la majorité simple.

Par ailleurs, l'article 110 institue le droit du député national ou du sénateur de retrouver l'exercice d'une fonction politique incompatible. L'articlé 126 intègre la disposition selon laquelle le gouvernement doit demander les crédits provisoires au Parlement lorsque le budget n'st pas voté à temps. L'article 149 donne autorité au ministre de la Justice en plaçant les magistrats du parquet sous l'autorité du gouvernement.

Les articles 197 et 198 relatifs aux institutions provinciales permettent désormais au chef de l'Etat d'arbitrer les conflits dans les institutions provinciales, à la suite de nombreuses crises enregistrées dans leur fonctionnement au cours de cette législature. L'article 218 autorise uniquement le chef de l'Etat à appeler le peuple au référendum.

L'article 226 propose la déconstitutionnalisation de la programmation de l'installation de nouvelles provinces et de la laisser aux bons soins du législateur.

L'ARTICLE 71, POMME DE DISCORDE DE LA CLASSE POLITIQUE

Des désaccords sur les amendements, entre d'une part le gouvernement et les membres du camp de la majorité présidentielle et d'autre part l'opposition, la société civile et l'Eglise catholique, persistent jusqu'à ce jour.

A la suite de cette tension persistante, le Premier ministre Adolphe Muzito a entrepris depuis jeudi dernier des consultations avec les différents ambassadeurs accrédités en RDC pour expliquer les raisons fondamentales du choix du scrutin à un tour.

Cee choix a été opéré suite à des contraintes politiques et financières, a-t-il déclaré.

Evoquant les raisons politiques, il a indiqué que le tour unique a l'avantage de fédérer les Congolais de tous les coins de la RDC dès le 1er tour, contrairement à ce qui a été observé en 2006 où l'on avait observé une tendance de division du pays en deux blocs (Est et Ouest).

Il croit également que la légitimité du président élu à la majorité simple est élargie par les élus du peuple qui reconstitueront sa majorité à la représentation nationale.

A propos des raisons financières, M. Muzito a souligné que le gouvernement, éprouvant des difficultés à réunir sa part de contribution financière de l'ordre de 400 millions USD, a jugé bon de recourir à la révision constitutionnelle.

L'OPPOSITION PROJETTE UNE PETITION POUR REVENIR A DEUX TOURS

Vital Kamerhe, candidat à la présidentielle de 2011 et président de l'Union nationale des Congolais (UNC), avait annoncé le 16 janvier son projet de pétition pour modifier l'article 71 de la Constitution et revenir aux deux tours.

"Je vais proposer aux collègues de l'opposition et des forces vives que les pétitions soient initiées sur l'ensemble du territoire national, puisque la constitution le permet, pour se prononcer contre cette révision", a indiqué l'ancien président du Parlement et ancien fidèle du président Kabila.

Pour Jean Claude Mvemba, député de l'opposition, la balle est dans le camp de la population.

"La population a le droit de refuser une loi quand elle est taillée sur mesure. C'est le recul de la démocratie. Le peuple doit barrer la route soit par des pétitions soit par des villes mortes. Il y a plusieurs façons de dire non", a-t-il affirmé.

En effet, les parlementaires de l'opposition tant de l'Assemblée nationale que du Sénat avaient boycotté toutes les séances, lors du vote sur cette loi, indiquant que la procédure a été faussée.

"Pour nous, compte tenu du caractère inconstitutionnel de ce projet, nous estimons que la procédure a été faussée et cette question est non inscrite. Nous n'allons pas participer au Congrès, c'est une simple mascarade", avait regretté un sénateur du parti de l'opposition.

CRAINTE D'UNE CRISE DE LEGITIMITE POST-ELECTORALE

Le Réseau national des ONG des droits de l'Homme de la RDC ( RENADHOC), qui réagissait jeudi dernier, a désapprouvé l'initiative du camp du président Kabila de réviser la constitution.

Pour le RENADHOC, il y a risque que la RDC soit dotée de deux Constitutions à la fois et qu'elle soit ainsi plongée dans la jungle juridique et autres crises de légitimité post électorale.

L'Eglise catholique promet de se pencher sur cette question le mois prochain, lors d'une réunion du Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) qui regroupe les évêques catholiques de la RDC, selon une déclaration publiée la semaine dernière.

Cependant, avant la révision et la promulgation de la constitution, l'Eglise catholique avait donné sa position par la voix de son porte-parole, le cardinal Monsengwo Pasinya.

Pour le cardinal Monsengwo, "il faut que le président ait suffisamment d'assises dans le pays, qu'on le reconnaisse partout, qu'il ait au moins 50% plus 1 voix, c'est-à-dire 51%. on ne peut pas être chef de l'Etat d'un peuple qui a 100% en étant le chef de l'Etat de 20%. On est mal à l'aise soi-même", avait-il souligné.

LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ENGAGEE A SOUTENIR LE PROCESSUS ELECTORAL

La communauté internationale, qui avait accompagné la RDC lors de la tenue des élections de 2006, a promis de soutenir les prochains scrutins de 2011 à 2013.

Plusieurs ambassadeurs de ces pays accrédités en RDC ont promis leur appui au processus électoral, tout en refusant de se prononcer sur la question de la révision constitutionnelle, qui relève, selon eux, "de la cuisine interne de la RDC".

Cependant, la communauté internationale insiste sur la liberté, la démocratie et la transparence qui doivent caractériser ces élections. La Belgique et la Grande-Bretagne ont promis respectivement 20 millions USD et 30 millions USD à la RDC. La Russie a annoncé son appui logistique pour le transport des matériels. L'Union européenne, qui a déjà engagé près de 166 millions d'euros pour la révision du fichier électoral, a promis d'apporter sa contribution financière. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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