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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 02:00

5 mars 2010
L'avenir Quotidien
 


*La Monuc peut-elle soutenir efficacement les Fardc dans les combats sans considérer l’ennemi des Fardc comme son ennemi ? C’était le cas avec le Cndp, c’est aussi le cas avec les Fdlr que la Monuc ne traite pas comme ses ennemis. *Pour le gouvernement, le retrait progressif de la Monuc commence le 30 juin 2010 alors que pour le secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix, aucun accord n’a été trouvé sur la date du début du retrait. *On constate que le changement tant vanté dans la mission de la Monuc n’en est pas un. Car, ce sera la même routine des sentiers battus appelé « soutien des la Monuc aux Fardc ».

Jusqu’à preuve du contraire, c’est à l’Est de la Rdc qu’il y a la guerre. Pour ne pas confondre les situations, il s’agit de la guerre contre les Fdlr. Ces milices rwandaises, on ne le dira jamais assez, ont constitué pendant des années un fonds de commerce et pour les pays voisins et pour les seigneurs de guerre dont les deniers en date sont ceux du Cndp.

On ne cessera pas non plus de rappeler que le désarmement des groupes armés tant nationaux qu’étrangers œuvrant en Rdc est une des missions principales de la Monuc. Peut-on parler du retrait de la Monuc au moment où les groupes armés sont encore très actifs à l’Est du pays ?

Le gouvernement congolais a tenu compte de cette donne. C’est pour cette raison que demandant le retrait progressif de la mission de l’Onu au Congo, il a été clairement indiqué qu’à l’Est du pays non seulement on aura encore des troupes de la Monuc, mais aussi et surtout on devra y concentrer tout ce qu’il y a comme forces combattantes de cette mission.

Une question vient vite à l’esprit, c’est celle de savoir ce que devront faire ces forces de la Monuc. Est-ce pour combattre effectivement les groupes armés qui ont déjà dépassé le niveau de la persuasion pour un rapatriement volontaire ou la Monuc va-t-elle, comme toujours, apporter son soutien aux Fardc ? Cette question est très rarement et clairement abordée. Si elle l’est dans les salons, les comptes-rendus n’en ont jamais fait état.

Lors de la dernière visite du secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix, on a parlé de la reconfiguration du mandat de la Monuc sans rien de plus. L’opinion voulait savoir ce qui va effectivement changer. Serait-ce l’occasion de passer au fameux chapitre 7 qui semble tabou lorsqu’on parle du rôle de la Monuc ? Du côté gouvernement, on a l’impression de se contenter du peu que peut offrir la Monuc de peur de s’entendre répéter la rengaine selon laquelle, « ce n’est pas à la Monuc de faire le travail du gouvernement congolais ».

Et toutes les fois que le gouvernement a tenté d’émanciper sa décision en matière de la guerre à l’Est, il s’en est suivi une catastrophe comme pour dire qu’on a tort de vouloir se passer de la Monuc. On a encore frais en mémoire la débâcle de Mushake lorsque les Fardc ont décidé d’attaquer le Cndp dans sa forteresse contre la volonté de la Monuc qui campait dans la position des négociations. En effet, les négociations, c’est le terrain sur lequel la Monuc a démontré son zèle débordant. Est-ce parce qu’elle voulait empêcher l’effusion de sang ? Apparemment, la réponse à cette question est plus nuancée. La Monuc, constate-t-on, voulait des négociations pour ne pas avoir à fourbir ses armes. Car, il y a des moments où la Monuc elle-même avait honte d’entonner son refrain sur « la Monuc qui ne doit pas faire le travail du gouvernement ». C’est ainsi par exemple que le monde entier s’est posé des questions sur le rôle de la Monuc face à la passivité que d’aucuns avaient vite, non sans raison, assimilée à la complicité, à savoir le massacre de Kiwanja. En effet, des Congolais se sont fait massacrer sous la barbe de la Monuc. Et pourtant, cette mission ne rate aucune occasion pour rappeler, voire crier sur les toits que son rôle, c’est la protection de la population civile.

A Kiwanja, la Monuc avait démontré qu’elle n’exerçait aucune de ses missions. L’autre raison qui portait la Monuc vers les négociations, c’est son incapacité de prendre parti pour la justice et le droit. En effet, le plus grand tort de la Monuc était de croire et de se comporter en conséquence, que le conflit qui endeuillait les Congolais n’était qu’un simple malentendu que les Congolais pouvaient balayer d’un revers de la main. Pour ce faire, il suffisait de les réunir et de négocier. Et au bout des négociations, il suffirait de partager des postes ministériels pour obtenir la paix.

Cette politique s’est avérée porteuse d’espoirs sans lendemain. C’est ainsi qu’on a eu le Rcd et après le Rcd, le Cndp. Rien d’étonnant d’apprendre que d’autres groupes armés tendant à reprendre le flambeau du Cndp, non sans l’appui tacite voire clairement exprimé du Cndp, se manifestent à l’Est. Il n’est pas impossible que la guerre reprenne et que cela soit une raison pour prolonger la mission de l’Onu. Rien ne dit que seul l’Est pourrait être menacé. Ceux qui croyaient cela doivent se redire en prenant en compte l’insurrection des Enyele dans la province de l’Equateur.

Demain, ce sera peut-être l’insurrection des Manyanga. Ce ne serait pas impossible lorsqu’on sait que l’on n’était pas loin de là avec l’affaire Bundu dia Kongo. C’est pour dire que la problématique du retrait de la Monuc n’est pas fonction de l’évolution de la situation sécuritaire, mais de l’entendement qu’en a une certaine communauté internationale. Tant qu’elle estimera que la Monuc est une façon d’exercer un certain contrôle sur la Rdc, le retrait demandé par le gouvernement peut développer des attitudes du genre de ce qu’on avait vécu à Mushake.

Qu’à cela ne tienne, le gouvernement congolais ne peut pas ne pas demander ce retrait. C’est pourquoi, la Monuc est invitée par les autorités congolaises à un désengagement progressif à partir du 30 juin. C’est de cela que les dirigeants congolais ont parlé avec le secrétaire général adjoint de l’Onu en charge des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy. Alors que le gouvernement congolais est précis en parlant du 30 juin, Alain Le Roy estime de sa part qu’il n y avait pas d’accord sur une date précise comme celle du début du retrait des troupes de la Monuc. Pour lui, des discussions seront entamées pour définir les modalités de ce retrait. Quand ? Il a cependant rassuré que les régions non concernées par les conflits seront les premières concernées par le retrait. Pour le reste, c’est-à-dire sur l’essentiel, c’est le statu quo.

Alain Le Roy a répondu à notre préoccupation sur la méthode d’action de la Monuc reconfigurée en déclarant que « la Monuc devra continuer à soutenir les forces congolaises dans leurs opérations contre les FDLR ». Ce soutien, il faudra qu’on le sache qu’il n’a jamais été ni précis ni efficace. D’ailleurs, la Monuc peut-elle soutenir efficacement les Fardc dès le moment où elle ne considère pas l’ennemi des Fardc comme son ennemi ? C’est dans cette ambigüité que la Monuc a prétendu soutenir les Fardc contre le Cndp tout en ne considérant pas le Cndp comme un ennemi. Car, la Monuc pouvait prendre langue avec lui à tout moment. Il semble que c’est le cas avec les Fdlr. De quoi s’interroger sur l’efficacité du soutien de la Monuc aux Fardc.

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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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