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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 15:10

16 mai 2010

Souce: Roger Bongos

 

 

Le bassin du Congo, deuxième poumon de la terre

 

Considéré comme le deuxième poumon de la terre après la forêt amazonienne, le bassin du Congo, constitue un grand réservoir de biodiversité. Ses forêts, victimes d’une exploitation abusive et ses espèces animalières sont aujourd’hui menacées d’extinction. Minée par la pollution et les activités clandestines d’extraction de minerais en tout genre, tout l’écosystème de ce vaste territoire fait les frais de l’instabilité politique, du manque de connaissance sur la nature de la prédation humaine et environnementale. Un fleuve en danger, c’est bien le Congo.

 

Hier, paradis vert sur terre. Aujourd’hui, en souffrance et presque en sursis, le bassin du Congo et son complexe fluvial sont-ils condamnés ? Les plus pessimistes vous diront oui. Il faudrait plus pour tout détruire, rétorqueraient les plus optimistes. Dans l’histoire bantoue, ce fleuve et ses nombreux affluents ont été le principal trait d’union. Il a été aussi l’un des principaux sites d’accueil des grandes villes sur ses rives. Elles ont nom : Mbandaka, Kisangani, Bangui, Brazzaville. Hier Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa. Et encore.

 

La superficie du Bassin du Congo est estimée à 520 millions d’hectares, selon la Fao*. La forêt représente à elle seule près de 200 millions d’hectares, soit 38,4 % de la superficie du bassin. C’est donc 30% de la couverture végétale du continent africain qui s’y trouve et 19 pour cent des forêts tropicales du monde. Ces forêts disposent encore de produits ligneux et non-ligneux. Dans ce gigantesque réservoir, quelque 10 000 espèces végétales ont été identifiées, dont environ 3 000 endémiques. Le Bassin du Congo représente également 440 000 hectares de plantations forestières dominées pour l’essentiel par des essences à croissance rapide comme les eucalyptus et les pins.

 

Une terre en danger. Pour garantir la survie des différentes espèces de grands singes, les pays du Bassin ont décidé de créer des espaces protégés d’une superficie de 27 906 500 hectares environ, dont 35 parcs nationaux. L’avenir des forêts du Bassin est menacé par le commerce illicite du bois, le braconnage des animaux, la présence ou l’apparition de maladies tel le virus d’Ebola. Le commerce illégal des produits et la déforestation. « En terme de dégradation des ressources forestières du monde, il y a un vide. Chaque année 14 millions ha de forêts disparaissent. Celles du Bassin du Congo ne sont pas en reste », estime M. Jean Prospère Koyo, expert à la Fao.

 

Pour le directeur général de la Fao, Jacques Diouf, le Bassin du Congo enregistre chaque année une perte de 934 000 hectares de forêts. Le taux d’exploitation de la forêt varie d’un pays à un autre de la sous-région. Mais, dans l’ensemble, selon la Fao, les forêts du Bassin ont connu entre 1990 et 2000, une diminution de 8 266 000 hectares, soit un recul de 137 000 hectares par an. D’après la même agence des Nations Unies, deux causes principales expliquent la diminution progressive de la couverture végétale des pays du Bassin. Il s’agit notamment de l’agriculture itinérante et de l’exploitation du bois de chauffe dont la production a été évaluée à 67 millions de mètres cubes en 1998. En Afrique centrale, l’agriculture se développe autour des zones d’habitation et le long des axes routiers.

 

Peu de reboisement a été fait, souligne les experts de la Fao. On estime qu’environ 300 000 hectares ont été reboisés. Le président français Jacques Chirac, lors d’un des derniers sommets sur le bassin du Congo qui s’est tenu à Brazzaville, a affirmé que le commerce illicite du bois tropical des forêts du Bassin entraînera des pertes économiques de l’ordre de 10 à 15 millions d’euros chaque année. Par ailleurs, les espèces animales du Bassin sont victimes d’un braconnage sans précédents. Les animaux dont la présence favorise l’essor de l’écotourisme sont abattus par les braconniers pour diverses raisons. Le bongo, une espèce de grand singe rencontré en Rdc et au Congo, est recherché pour sa peau qui serait utilisée par l’industrie occidentale de fabrication de chaussures. Il en est de même pour les éléphants dont l’ivoire est très prisé par les fabricants de bijoux.

 

INTEGRATION ET SOLIDARITE

 

Les promesses de la Cicos

 

Initiative des quatre chefs d’Etat de pays d’Afrique centrale (République démocratique du Congo, Cameroun, Congo Brazzaville, et Centrafrique), la communauté Internationale du bassin Congo, Oubangui-Sangha plus connue sous le nom de Cicos a été mise sur pied le 6 novembre 1999. L’une des grandes missions de ce cadre qui s’apparente aux grands organismes de bassin comme l’Omvs ou l’Autorité du bassin du Niger, est d’améliorer l’exploitation et la gestion du bassin du Congo. Mais encore rendre plus accessible la navigation sur le cours du fleuve.

 

Délimité en 1885 par l’Acte général de Berlin, le bassin du Congo a pourtant mis beaucoup de temps à jouer le rôle d’intégration des peuples d’Afrique centrale pour des raisons strictement politiques. Les 11 pays qui profitent de la présence de ce large bassin, n’en ont jamais largement profité. Un comble dans une région qui reste l’une des plus arrosées en douce du monde. Et tout cela pour rien. Et les quatre pays cités dessus, avec l’Angola, avaient pourtant l’obligation de « domestiquer » cette voie d’eau pour la rendre plus accessible et désormais navigable.

 

L’accord du 6 novembre 1999 instituant un régime commun pour les quatre pays a été bien tardif si l’on sait que toute la pénétration coloniale depuis les années 1500 date des premières explorations, aura mis trop de temps pour impulser autour de ce fleuve mythique, les premiers gestes de solidarité entre un seul et même peuple : les bantous. Mais, du fait des égoïsmes et de l’absence de vision des chefs d’Etat d’Afrique centrale, mais aussi des prétentions non avouées d’hégémonies de certains présidents à l’époque de la guerre froide, ni l’immense projet de barrage d’Inga, encore moins, la mort lente du lac Tchad arrimé au fleuve Oubangui, un bras du Congo situé entre la Centrafrique et la République populaire du Congo, n’ont poussé les chefs d’Etat, à plus de solidarité et de partage.

 

Denis Sassou Nguesso, comme le président Joseph Désiré Mobutu, encore moins le Président Bokassa et ses successeurs n’avaient pas eu à cœur de pousser la région à plus d’intégration. Tous indépendants en 1960, ces pays et leurs dirigeants n’ont pas eu le génie politique de faire preuve d’initiative autour des richesses qui les réunissaient.

 

Le principal combat était de faire moins d’adversaires, de tuer les opposants politiques, de les jeter dans le fleuve, un lac ou dans une fosse. L’émergence d’un véritable creuset pour permettre le brassage des peuples en souffrira. Et par la suite, il n’est guère surprenant que ce n’est qu’à la fin de l’année 1990, à la veille d’un nouveau millénaire, que naît véritablement sur le tard la première communauté internationale de bassin Congo-Oubangui-Sangha. Pendant ce temps, l’Organisation pour la mise en valeur du Sénégal fêtait ses 27 ans. L’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie, ses 21 ans, l’autorité du bassin du Niger ses plusieurs années d’existence.

 

Le plus bizarre dans ce processus lent autour du bassin du Congo, sera que non seulement, les documents instituant cet accord de 1999 n’a été signé que manière séparée et chacun dans leur bureau, par les chefs d’Etat concernés, mais l’organisation ne commence à fonctionner qu’en avril 2004. Pour le Colonel Benjamin Ndala, longtemps fonctionnaire au service de la Communauté Economique des Etats d’Afrique centrale (Cemac), aujourd’hui Secrétaire Général de la Cicos, « Tout de suite, on s’est rendu compte que l’accord en tant que tel ne pouvait fonctionner à cause de la présence de certaines incohérences administratives. On s’est aperçu que cet accord avait des limites et que la navigation n’était qu’un usage, même s’il était le volet le plus important pour l’Afrique centrale. Mais encore on avait vu qu’il fallait élargir les missions de l’organisation, selon B. Ndala, à la question de l’eau et de son usage. » Benjamin Ndala d’ajouter « qu’un additif a été fait instituant un régime fluvial qui englobe l’ensemble des usages de l’eau sur le bassin du fleuve Congo. » La preuve d’un manque notoire de perspectives. L’additif a été signé encore une fois par les quatre chefs d’Etat impliqués sans que personne ne bouge de son bureau autour d’une cérémonie solennelle qui permettrait pour une fois que les membres de cette communauté arrivent à sa voir et dialoguer largement sur l’état du bassin du Congo. Alors là, nouveau report. Et ce n’est que le 22 février 2007 que l’accord qui met en place de la Cicos, prend finalement effet. Sur le tard, mais mieux vaut tard que jamais.

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Published by Juliette Abandokwe - dans RDCongo
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