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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 11:43

8 août 2012
Wagane FAYE 
Secrétaire Exécutif de CARED AFRIQUE 


Quand la recolonisation de l’Afrique devient une option pour l’occident

Au vu du contexte politique en Afrique tout indique qu’une recolonisation est en train de s’y opérer. Et, malheureusement, c’est comme si les Etats africains, dans leur majorité, préfèrent faire fi de cette situation. Il est, même, surprenant de constater le fait que cette recolonisation semble devenir une option pour l’Occident. Que les conditions pour l’opérer se précisent. 

 

Et, qu’enfin, le processus s’amorce sans gêne. 

 

Regardons, un peu, l’état de déconfiture qui s’installe dans certains pays du continent où les pré-requis en Etats-Nations tombent sans cesse. Alors que, dans certains pays, les perspectives pour l’amélioration du social commençaient à être visibles. Et que la citoyenneté, en tant que fondamental d’une démocratie utilitaire, y inaugurait les bases indispensables à l’encadrement judicieux du développement. 

 

Pourtant d’aucuns estimaient, en prenant le cas de la sous-région ouest africaine, que la balkanisation pourrait être vaincue et que la règle des cercles concentriques allait contribuer, avec efficacité, à la réalisation de l’intégration africaine. Mais les nouvelles approches déployées, entre 2010 et 2012, dans certains de nos états inaugurent, effectivement, l’ère des incertitudes dans nos pays respectifs.

 

Il convient d’appeler l’attention des peuples et des autorités sur les risques qui nous guettent en matière de déconstruction, d’atomisation et de banalisation des acquis obtenus en construction des Etats-Nations en Afrique. 

 

Aussi le recours à la confession musulmane dans le but d’engager le combat pour la déconfiture organique de l’Afrique, demeure le moyen de lutte rêvé pour, en définitive, réussir la recolonisation entreprise dans le continent africain. Où, d’ailleurs, tous les leaderships sont en train d’être mis en berne. Sauf celui musulman. 

 

En fait, l’impuissance de l’UA, de la CEDEAO et de l’UEMOA à éradiquer, par exemple, la conflictualité en Afrique confirme, s’il en était besoin, que certains de nos hommes d’Etat ne sont que des dangers de pouvoir. Et ne restent, malheureusement, qu’au service exclusif de l’intérêt de l’Occident qui continue à croire, tranquillement que l’ « Afrique demeure », comme le pensait Victor Hugo, dans Discours sur le colonialisme, « l’avenir de l’Europe au XXI e siècle » 

 

http://api.ning.com/files/6QtKeUEGtJzEmJMwcbxp6xQhG-v2jec3v51CUIPkBt0YPNflIVSDFXWMoBsmfA5xI5j1vxPgKNOEWgJ8EJKnhhgXjqw9Th*W/arton878.jpgNous estimons, d’ailleurs, que les Etats Africains devraient reconsidérer leurs relations extérieures en révisant, désormais, leur stratégie en politique internationale et en observant une conduite très responsable. C’est-à-dire, globaliser leur offensive en diplomatie par le biais d’une nucléarisation de leur souveraineté en relations internationales. 

 

Comment ? 

 

Le Etats Africains ont intérêt à refonder leur pratique en relations extérieures, en se désengageant, désormais, chacun, des organisations internationales du genre ONU, Commonwealth, OIF, Union Européenne et autres connexes. Et de fédérer leurs pouvoirs en relations internationales à l’Union Africaine qui aura en charge le management de leurs participations internationales. 

 

S’agissant du management de la conflictualité en Afrique, l’Occident doit être, par exemple, écarté des processus afférents à la gestion des conflits. Le sommet France Afrique 2012 ne devrait, en aucune façon, s’organiser car la situation politique africaine est confrontée, en fait, avec des problématiques relatives à l’encadrement de la paix dans notre continent. 

 

Le contexte socio politique en Afrique déconseille actuellement toute démarche qui accentue la conflictualité parce que la fin du XX e siècle et le début du XXI e siècle ont plongé l’Afrique, du fait des besoins de recolonisation initiés par l’Occident, dans un bourbier dont la durée et la persistance ne profitent qu’aux intérêts capitalistes. 

 

Le fait est notable : l’Occident est en crise et veut se ressourcer en Afrique. 

 

C’est pour ces raisons que les pouvoirs d’Etats Africains sont maintenant interpellés afin que les procédés accentuant leur satellisation à l’Occident soient revus, reformés et adaptés après plus de 50 années de constitution d’Etats-Nations. 

 

Enfin l’Afrique devrait refuser de céder. Car une recolonisation s’enracine et se confirme, en effet, à partir de l’escalade, à un rythme galopant, de la récurrence et de la fréquence de l’interférence et de l’ingérence déployée par l’Occident. 

 

Il est utile de signaler le fait que l’occident cherche à empêcher l’intégration africaine. À réduire, à sa plus simple expression, l’Union Africaine. Afin qu’aucun leadership ne puisse, enfin, prospérer dans le continent africain. Après l’assassinat de Kadhafi et la disparition de la scène panafricaine de certains leaders comme l’ancien président du Botswana, Ata Mills, Wade……. 

 

Nos inquiétudes procèdent, essentiellement, du poids de la globalisation dont les effets détruisent, sans arrêt, tous les atouts qui conduisent, effectivement, l’Afrique vers un fédéralisme capable de soutenir, avec efficacité, l’intégration africaine. Le continent avance, sans leadership et sans leaders. Sa satellisation est managée, au vu et au su de tout le monde, par des africains de service dont les plus marqués restent Abdou DIOUF, Koffi ANAN, Alassane OUATARA, Blaise COMPAORE, Alpha CONDE ……... 

 

Ce fait conduit une partie de l’élite en Afrique et dans la diaspora à souhaiter que l’Union Africaine prenne en charge toute la médiation en Afrique. 

 

Que l’ONU se désengage, dés à présent, de l’assistance. 

 

Que l’O.I.F n’interfère plus dans l’encadrement de la facilitation. Et que les médiateurs non déployés par l’UA se retirent des dispositifs choisis pour régler des conflits. Pour, qu’enfin, nous soyons maîtres chez nous. 

 

Il est, aussi, souhaité, entre 2012 et 2013, que les Etats Africains nuancent leur participations aux Sommets initiés par l’Occident. Que l’UA s’engage, à son tour, à préconiser, désormais, une forme de représentation très efficace et totale par le biais de la « nucléarisation. Cette précaution, dépassant la précaution de principe, vient limiter, à terme, la tendance forte que gagne, de plus en plus, la recolonisation en Afrique. 

 

L’Afrique des consciences nouvelles invite les Présidents BOUTEFLIKA, YOUSSOUPH, Yaya DIAMEH et Macky SALL à se comporter en recours. Parce que certaines populations de l’Afrique estiment que l’ère des incertitudes et des consciences mortes est révolue. Mais la globalisation, grâce à ses chevaliers servants africains, se repositionne pour bien promouvoir, sans difficulté, la recolonisation. 

 

Oui, l’Occident dispose, sans conteste, d’Africains de service. Car Alassane OUATTARA, Blaise COMPAORE, Koffi ANAN, Abdou DIOUF et le General GAYE, se déploient, sans arrêt, pour ne satisfaire que l’Occident qui estime que l’Afrique reste sa propriété privée bâtie. Toutes les mises en situation opérées dans notre continent visent, simplement, la déconfiture des Etats-Nations construits au cours des cinquante dernières années. 

 

Il est temps que l’Afrique réexamine sa pratique politique. Qu’elle cesse d’être une fabrique de la conflictualité. Se débarrasse des Africains de service. Et s’éloigne, pendant un temps à déterminer, des instances où elle ne joue aucun rôle significatif. Le contexte actuel exige l’observation d’une distance critique pour que nos Etat respectifs s’attèlent à construire l’Etat Fédéral capable, enfin, de conduire les ruptures attendues depuis 1960. 

 

Retenons le fait que l’Afrique continue d’être sans référent politique réel. Les pouvoirs politiques s’exercent à partir de la confiscation de l’Etat rendu, par ce fait, impuissant. Comment, devant l’impuissance de ces Etats et les forces générées par la machine de guerre électorale, éradiquer le nouveau péril des coalitions ? 

 

Laurent Fabius continuateur de Mitterrand a choisi Dakar pour consolider l’hégémonie occidentale. Aussi Madame CLINTON, à son tour, arrive à Dakar pour conforter l’option de faire du Sénégal la réelle rampe de lancement de la campagne de recolonisation amorcée par Obama au Caire, Sarkozy en Libye, et Hollande au Mali. 

 

Il est à noter le fait que l’Occident évitera, en ce XXIe siècle, la répétition d’une turpitude aussi grossière que la Conférence de Yalta. Seulement, la volonté politique de garder l’Afrique sous son influence demeure évidente pour l’Occident. Mais les pouvoirs d’Etat en Afrique, leurs animateurs et leur déploiement démontrent qu’ils sont, en effet, sans vision ou sans génie. 

 

L’Elite africaine est interpellée car les peuples sont déterminés à éliminer, sans forme, tous les subterfuges et tous les expédients mis en œuvre pour que l’Architecture de la recolonisation puisse voir le jour. La Cote d’Ivoire, le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Sénégal entendent se battre et mettent en garde l’autre élite africaine choisie pour que la mise en opération du leadership occidental demeure réalité en en Afrique. D’ailleurs, le conflit et la perturbation de l’équilibre politique constituent les seuls moyens de lutte déployés au cours de ces trente dernières années en Afrique. Or cette approche confirme, de jour en jour, la cynique volonté de l’Occident de continuer, comme à l’époque du commerce triangulaire, l’exploitation de l’Afrique.

 

Il s’agit de rappeler aux nouveaux hommes de l’Occident et à leurs satellites africains ou à leurs démultiplicateurs le fait que certains éléments de l’élite africaine ont pris sur eux la responsabilité d’engager, comme celle menée pour l’auto détermination des pays africains, une autre conquête. Pour barrer la route à la clique Clinton et Fabius. Le déséquilibre des rapports de force constitue l’angle d’attaque que les panafricanistes ont choisis pour que l’Afrique éradique, progressivement, la balkanisation restée, aussi, l’arme de l’Occident. 

 

Non à la recolonisation rampante développée, avec soin, par l’Occident qui estime pouvoir, tout en faisant fi de la nouvelle conscience collective africaine, tromper l’Afrique. 

 

Et c’est comme si le départ des hommes d’Etat africains dont le leadership a contribué, de manière réelle, à la construction de l’intégration africaine, au panafricanisme et à l’amorçage d’un fédéralisme capable d’être le solide rempart de ladite construction laissait un vide. 

 

Nous restons vigilants et appelons l’attention des satellites de l’Occident que leurs concitoyens africains résisteront et lutteront pour que l’Afrique cesse d’être une charogne au service des capitalistes. Le schéma conçu à partir du Sénégal ne saurait, en aucun cas, prospérer. Non à la recolonisation ! D’autant qu’un ballet infernal organisé par le couple Clinton - Fabius se déroule actuellement dans l’Afrique toute entière. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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