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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 22:31

12 janvier 2010

Blogeur anonyme

 

 

La répression sanglante des manifestations qui ont vu le jour en Tunisie depuis fin décembre témoignent, pour ceux qui pouvaient encore en douter, de l’absence de scrupules du pouvoir en place, et des moyens criminels qu’il n’hésitera pas à utiliser pour se maintenir à la tête d’un pays qu’il dirige avec cynisme depuis 23 ans, construisant inlassablement un culte de la personnalité qui ferait honte aux pires dictateurs de la planète, arborant où que porte le regard, des portraits du Président Ben Ali, pour faire accroire  un amour populaire dont personne n’est dupe.

Derrière cet homme, qui n’hésite pas à laisser l’armée déguisée en police nationale abattre à bout  portant des jeunes, des enfants, des femmes et des vieillards, que l’on voudrait faire passer pour des fanatiques, et dont le seul crime est de demander davantage de justice sociale dans un pays gangréné par la corruption, se cache une bande de pillards issus et proche de sa belle famille, dont le seul souci n’a été jusqu’ici que de s’approprier sans vergogne les richesses du pays, non seulement dans une totale impunité, mais de surcroît avec la bénédiction du Président et de son épouse, laquelle, après s’être acheté un diplôme universitaire, se plaît à pavaner à la tête d’une association de la femme arabe, créée pour les besoins de sa vanité.

Rien n’échappe à l’avidité du clan, à tel point que le 10 janvier , alors que le peuple tunisien était davantage opprimé encore, Belhassen Trabelsi, frère de « Madame » s’appropriait la compagnie d’assurances SALIM à prix fort.

Lire la presse tunisienne donne la dimension de la masse servile des larbins du pouvoir. Instrument de propagande, elle ne fait que vanter les mérites du Président, avec un vocabulaire superlatif qui ferait sourire, s’il n’était destiné à cacher les pleurs d’un peuple qui assiste, impuissant, à l’enrichissement démesuré et indécent d’une poignée de profiteurs incultes, dont le seul mérite est de porter un nom qui leur ouvre toutes les portes, et qui est devenu le passage obligé pour quiconque souhaite investir en Tunisie.

Aujourd’hui on assassine le pauvre peuple, et on menace de le faire plus encore s’il persiste à vouloir prétendre à un emploi décent en fonction du mérite et non des relations que l’on peut avoir ou acheter. Hier encore, Ben Ali s’adressait aux Tunisiens, tel un général d’armée, s’exprimant en arabe classique plutôt que dans la langue d’un peuple dont il entend se distancer davantage encore, le menaçant de durcir encore la répression, et invitant les parents à garder chez eux leurs enfants.

On ferme les écoles et universités, lieux de rassemblement, et demain on interdira l’accès aux mosquées. Car les coupables, il en fallait bien, ont été désignés. Ce sont les islamistes, qui, sournois, manipuleraient les manifestants. Quel meilleur prétexte aurait pu être trouvé pour justifier l’usage de la force ? La lutte contre les islamistes ne devrait-elle pas générer une « standing ovation » des pays occidentaux ? Tout cela n’est que manipulation et mensonge pour justifier l’injustifiable et permettre à une dictature, dont le seul dogme est celui du profit, de poursuivre son pillage.

Quant à la lutte contre l’intégrisme fanatique, le prétendu rempart que le gouvernement tunisien prétend instaurer n’est qu’un trompe l’œil, car l’absence de possible opposition au pouvoir ne peut qu’amener les mécontents, et ils sont nombreux, à rechercher précisément ailleurs que dans la société laïque un moyen d’expression.

Tout cela n’est que vaine agitation, car aujourd’hui mieux que jamais, l’information circule, quelle que soit la censure mise en place.

Plutôt que de menacer son peuple, et pour éviter le pire, s’il est encore temps, Ben Ali n’a plus le choix. Il doit réformer les institutions et permettre l’expression d’une opposition, qui, seule, pourra préparer sa succession en évitant un nouveau coup d’Etat. Pour cela il faut un signe fort de justice sociale, et ce ne sont pas de vaines promesses d’emplois qui feront taire la révolte. Les profiteurs doivent être dénoncés, spoliés et punis ! En aura-t-il l'intelligence et le courage ?

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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