Faustin Bambou au bout de ses convictions

« Lorsqu'il y a un ministre qui vole, il faut le dénoncer! 

J'irai en prison mais ce n'est pas ça qui empêchera la vérité d'être perçue par le peuple centrafricain », a-t-il lancé à la presse, qu'il a enjointe à « continuer la lutte »


 

Les éclairés savent très bien que les ministres du gouvernement, à l'instar de leur chef suprême, pillent systématiquement les caisses de l'Etat centrafricain. Le peuple centrafricain tout entier le sait.

 

Les gens ne disent rien non pas parce qu'ils sont ignorants, mais parce qu'ayant des responsabilités familiales, ils ne disposent pas des moyens suffisants pour blâmer leur gouvernement haut et fort.

 

Faustin Bambou est, comme tous les journalistes persécutés, un martyr de sa profession. Car ce n'est pas la première fois qu'il est poursuivi par le régime de Bangui. En juillet 2003 déjà, il avait dû se cacher, recherché pour avoir mis en cause Mahamat Youssouf, colonel et homme d'affaire tchadien se présentant comme ami personnel de François Bozizé, dans une affaire de contrôle d'importantes zones diamantifères.

 

En exil pendant deux ans à la suite de la tentative de coup d’Etat de mai 2001 revendiquée par l’ancien président, le général Kolingba, M. Bambou était rentré à Bangui après la prise de pouvoir par Bozizé. C'est bien la preuve qu'il n'en veut ni à Bozizé, ni ä N'Doutingaï, ni à Zoumara personnellement.

 

Depuis son interpellation, ses collègues et ceux qui le soutiennent au nom de la lutte contre les abus de pouvoir et d'autorité, les violations des droits humains et de la liberté de la presse, sont là inlassablement à fouiller la boue, en quête de la justice, de la vraie justice.

 

Mais les abuseurs sont là, à tout faire pour cacher l'aiguille dans le foin, pour que le peuple continue à évoluer dans ce les maîtres de Bangui croient être l'ignorance humaine. La seule vérité c'est leur vérité. Mais le peuple est là, et gronde sa révolte. Les jeunes, les travailleurs, et les autres.

 

Pourtant, certains représentants de la communauté internationale, tels que l'Ambassadeur des Etats-Unis, ont rendu visite en prison à M. Bambou. Ses conditions de détention sont également étroitement surveillées. Son cas est sur toutes les lèvres et dans toutes les oreilles dans le monde journalistique international. C'est déjà ça. Peut-être cela a-t-il contribué à commuer la peine de 2 ans fermes à 6 mois fermes. C'est déjà un progrès. Mais la vérité, elle est où....!

 

L'aiguille dans la botte de foin, c'est la les 7 milliards de francs CFA que la société AREVA aurait débloqué pour payer 2 des 7 mois de retard de salaires de fonctionnaires. Comment une telle somme peut-elle s'évanouir sans traces dans la nature!? Ils sont bien quelque part ces 10.5 millions d'euros! La vérité n'est pas loin. C'est juste qu'elle est savamment dissimulée, derrière les Collines de l'Oubangui! Car Faustin Bambou a bel et bien mené une enquête avant de risquer sa vie pour révéler un détournement d'une telle envergure. Certains, dont ses avocats, et bien d'autres, participent très probablement à son secret. Qu'est-ce qu'on attend alors pour révéler la vérité au grand jour!? Une révélation stratégique apparemment. 

 

Des bruits courent déjà que l'article de Bambou veut servir à acculer Bozizé quant à sa relation avec Areva. La France cherche-t-elle à désarçonner Bozizé officiellement? Seul l'évolution des recherches de la vérité nous le dira. Car Areva et la France, on s'en doute bien, ne font qu'un!

 

Bambou est accusé d'avoir ravivé la grève des fonctionnaires. Pourtant, lorsqu'on sait que les responsables syndicaux impliqués sont parmi les plus corrompu de Bangui, et qu'ils attendent probablement une enveloppe très grasse pour donner l'ordre d'arrêter les manifestations, on est en droit de se demander qui en vérité se cache derrière les véhémentes protestations des travailleurs depuis plusieurs semaines. L'article de Bambou pourrait bien être une aubaine pour les chefs syndicalistes, et apparemment les fonctionnaires naïfs, qui pensent qu'avec leurs manifestations devant leur "chef" ils vont obtenir ce qu'ils cherchent, ou du moins une partie, sont également instrumentalisés!

 

On ne sait vraiment plus qui est qui dans la maison. Mais on sait que Faustin Bambou est en prison pour rien, pour couvrir des gros maquereaux qui ont peur.....

 

Peur de qui au fait!? Intéressante question!

 

De toute façon, nous continuons nos recherches, et nous trouveront la vérité.

 

 

Juliette Abandokwe

28 janvier 2008

 

Le Temps du Réveil....

« L’arme la plus puissante dans les mains des oppresseurs, est la mentalité des opprimés ! »


Stephen Bantu Biko

Textes de Juliette

 
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