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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 13:34

27 novembre 2011
Juliette Abandokwe

 

Parfois les images se passent de commentaires. Certaines demandent même un moment de recueillement, signe d'un profond respect et de méditation. 

 

C'est ainsi que je demande l'observation d'une minute de silence dans la contemplation de cette image, avec la représentation simultanément d'une odeur pestilentielle de pétrole brut.

 

Niger-Delta-copie-2.jpg

Photo prise le 25 novembre 2011 par Environmental Rights Action (ERA)
Ikarama, district de Yenagoa, Etat de Bayelsa.

 

A l'heure où SHELL cherche par tous les moyens à minimiser sa part de responsabilité dans le délabrement du delta du Niger à travers une exploitation sauvagissime d'une ressource naturelle, dont l'Occident entre autre, ne peut plus se passer, voici donc dans quel état se trouve aujourd’hui l'environnement naturel de millions de nigérians, qui vivent en temps normal de l'agriculture et de la pêche. Une quantité de brut, équivalente à la cargaison de l'EXXON VALDES, est déversée chaque année depuis 50 ans dans la nature jadis luxuriante du delta du Niger. 

 

A l'issue d'une étude d'expertise environnementale sans précédent, effectuée sur une période de 14 mois, par le Programme des Nations-Unies pour l'Environnement (PNUE) en Ogoniland, patrie du militant Ken Saro-Wiwa assassiné en 1995 par le pouvoir nigérian avec la complicité de responsables de compagnies pétrolières, il a été conclu que "la restauration de l’environnement dans cette région, qui implique un retour à un état sanitaire acceptable des sols, de l’eau, des criques, des mangroves et des différents écosystèmes, pourraient exiger la plus importante et la plus longue opération de nettoyage jamais réalisée dans le monde." (Voir http://www.unep.org/nigeria/ pour les détails du rapport du PNUE.)

 

Tout en ayant accepté leur responsabilité du bout des lèvres, sous la pression de différentes ONG et groupes locaux, ainsi que d'organisations de la société civile qui œuvrent sur le terrain inlassablement depuis plus de cinq décennies, la concrétisation des engagements que ces activistes ont réussi à faire prendre aux administrateurs du groupe SHELL notamment, par la force de l'évidence, se fait néanmoins attendre.

 

Parmi les nombreuses compagnies pétrolières qui exploitent le pétrole dans cette région pétrolifère la plus importante du Nigéria, qui est lui le premier producteur de pétrole brut d’Afrique, le groupe anglo-néerlandais SHELL, la plus ancienne et la plus importante compagnie présente sur le terrain, a déjà dû procéder à un recul important notamment en 1993, suite à d'importantes manifestations populaires entretenues par Saro-Wiwa, où le groupe avait dû quitter l'Ogoniland, dont l'environnement est encore aujourd’hui particulièrement ravagé par une exploitation jugée sauvage et totalement inconsidérée par les experts en la matière.  SHELL pourtant continue à clamer, avec une véhémence peu convaincante pour beaucoup, que les fuites sur les oléoducs causés par des pillages intempestifs sont la cause majeure de la pollution d'aujourd'hui. 

 

Les observateurs, experts environnementaux et activistes sur le terrain, dénoncent encore et toujours les graves négligences de SHELL particulièrement, insistant sur sa part majoritaire dans la  responsabilité de la pollution. De toute évidence, les dégâts de grande envergure observés et répertoriés dans de nombreux sites, ne peuvent se justifier par l'activité illicite de voleurs locaux sans grands moyens. 

 

Les palabres continuent donc au quotidien, sur le sujet particulier de l'importance des responsabilités des uns et des autres, par rapport notamment aux actes dit "de terrorisme" par des acteurs armés, étatiques ou non, ainsi que de vols de brut sur les oléoducs, par ci par là. Les experts sur le terrain, issus d'organisations reconnues de défense des droits des habitants du delta du Niger, ainsi que les observateurs locaux et internationaux qui déploient leurs activités de relevés d'incidents sur tout le territoire du delta, sont unanimes sur le degré de responsabilité du groupe pétrolier dans ces crimes environnementaux.

 

Pire encore. Depuis un certain temps SHELL a adopté  une manière radicale et hautement destructrice de « nettoyer » l’environnement à vil prix : elle charge des jeunes des communautés locales  contre rétribution de mettre le feu aux sites inondés de pétrole brut, afin de faire disparaitre les traces de pollution et donc de sa culpabilité. Cette manière de faire est malheureusement rapidement passée du stade de l’exception à la norme. Des activistes locaux ont plusieurs fois attiré l’attention des autorités sur ces pratiques désastreuses pour l’environnement. Malheureusement la complicité de ces derniers avec le groupe pétrolier les rend désespérément muets et sans aucune volonté d’intervention.  

 

Comme nous l’avons donc compris, les déversements de pétrole brut dans la nature continuent, dans l’indifférence des responsables, accompagnés de pratiques criminelles visant à éviter le coût du nettoyage en profondeur, privant toujours autant les populations locales d’une vie décente, sans le moindre respect de leurs droits les plus fondamentaux à un environnement vivable. Le profond manque de scrupules du gouvernement local et fédéral nigérian,  font que les populations locales, qui réclament leurs droits tous les jours, sont dans les faits aujourd'hui complètement ignorés et méprisés.

 

C’est ainsi que les puissants ne cherchent qu'à gagner du temps, en faisant des promesses vides, et en poursuivant des manigances en tout genre pour contourner et échapper à leurs obligations, tout en continuant à se remplir les poches avec des bénéfices qui ne leur appartiennent pas.

 

Et le monde reste silencieux, dans une ignorance souvent consentante.

 

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des de gens de bien. (Edmund Burke)

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:47

14 novembre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

« Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a mis en garde vendredi les hommes politiques de la RD Congo (RDC) contre les actes de violence électorale, annonce un communiqué publié vendredi à Nairobi, la capitale du Kenya. Il a affirmé qu'il était en train de suivre "avec la plus grande vigilance" le processus électoral en RDC qui doit aboutir à des élections présidentielle et législatives prévues le 28 novembre. » Panapress, 13 novembre 2011.

 

L’Occident tremble pour ses intérêts en RDC

 

A part l’affaire Charles Taylor, et le tapage médiatique autour de lui, il est justifié de se demander ce que la CPI a fait de concret en Afrique.  Jean-Pierre Bemba est en prison pour laisser politiquement le champ libre à Joseph Kabila, et les co-responsables des exactions dont il est accusé n’ont jamais été inquiétés. Aujourd’hui la « communauté internationale » n'est pas en faveur de Tshikesedi à la tête de la RDC, pourtant favori dans son pays, et les déclarations d’Ocampo, porte-parole d'un organisme servant de toute évidence les intérêts de l'Occident, doivent interpeller l’opinion publique. Depuis quand la CPI se préoccupe-t-elle de façon aussi claironnante des  violences péri-électorales en Afrique? 

 

«Nous veillons à ce que le processus ne conduise pas à des actes de violence ou à des attaques contre la population civile. »

 

Nous… 

 

Où sont les déclarations apitoyantes dans d’autres situations similaires?

 

Au Cameroun, toute opposition menaçant le régime de Biya – toute opposition n’étant pas suffisamment menaçante - est systématiquement réprimée par le tabassage, l'emprisonnement, la torture et l’exécution depuis 30 ans. Les manifestations de février 2008 lors du bidouillage de la Constitution camerounaise, du 23 février 2011, ainsi que la répression de toute activité d’expression de désaccord envers le « candidat naturel à sa succession » ressentie comme nuisible pour le pouvoir, en vue des élections du 9 octobre dernier, en sont les preuves vivantes. Où sont les déclarations de la CPI ? Pourtant, une liste détaillée de personnes tombées sous les balles et les tortures des autorités camerounaises pendant les 30 ans du pouvoir de Paul Biya, existe bel et bien. Quelle mort de violence étatique ou exécution extrajudiciaire au Cameroun  a été une fois questionnée par la CPI sur les devants de la scène internationale?

 

En République Centrafricaine, des assassins notoires de populations civiles, à l’instar notamment d’Eugène Ngaïkosset, capitaine dans la garde présidentielle de son état, et surnommé officiellement « le boucher de Paoua », se baladent tranquillement dans les rues de Bangui depuis des années. La CPI a fait quoi? Toute la « communauté internationale » est pourtant présente à Bangui, et sait parfaitement et en détail ce qui se passe. En lieu et place, les bailleurs de fonds occidentaux ont continué à verser des millions dans les poches sans fond d’un régime profondément anti-démocratique et sanguinaire, qui détourne systématiquement tous les fonds qu’il empoche. Il est en outre de notoriété publique que les affaires diamantifères intéressent beaucoup de monde sur place. Une sorte d’activité accessoire de week-end, comme les colons dans le temps qui allaient à la chasse au lion. Un sport colonial moderne en somme.

 

Joseph Kony et sa LRA dans ses promenades de plaisir dans les forêts équatoriales d'Afrique centrale, on lui a déjà fait quoi? Depuis qu’il est visé par un mandat d’arrêt de la CPI en 2005, le manque de volonté politique pour son arrestation effective est évident. En attendant, c’est un bon petit agitateur de poche qui peut toujours servir le cas échéant.

 

Laurent Nkunda, auteur bien connu de nombreux massacres dans le Kivu à l’est de la RDC, interpelé par la CPI, arrêté en janvier 2009, soi-disant en résidence surveillée au Rwanda, et dont on avait encore brandi le spectre quand Kabila s’était mis à flirter avec des contrats avec  les Chinois, se promène en réalité en toute liberté dans les rues de Kigali. Et El-Bechir? Son mandat d’arrêt par la CPI a été de toute évidence monnayée contre l'accès facilité de l'Occident au pétrole du Sud-Soudan. Hissène Habré se prélasse au Sénégal, pendant qu’Idriss Deby, son ancien chef d'Etat-major, continue à terroriser le peuple Tchadien.

 

Joseph Kabila, candidat de l'Occident, n'est pas en bonne posture aujourd’hui à la veille de l’élection du 28 novembre prochain. Que vont donc encore inventer ses souteneurs pour le couvrir et le maintenir de gré ou de force ? Où la violence étatique de Kabila en quatorze ans de pouvoir figure-t-elle dans les annales de la CPI? Et les 6 millions de morts à l’Est du Congo… qu’en a fait la communauté internationale? Où sont les coupables? Pourtant Kabila est le chef des armées dont sont issus de nombreux tortionnaires. Et surtout, qu’a-t-il fait pour le peuple qui l’a soi-disant librement et démocratiquement élu il y a dix ans? Il est évident que le sort de son peuple l’intéresse bien moins que les immenses bénéfices qu’il retire de son emploi de guignol de l’Occident. Le peuple n’est pas dupe, et n’en veut plus. 

 

La CPI se fait bien petite dans certains contextes

 

Le mépris institutionnalisé contre le peuple africain est incommensurable. La CPI n'est finalement qu'une justice occidentale à deux vitesses, qui pour le cas de la République Démocratique du Congo, cherche à travers les déclarations de son porte-parole, à se prémunir contre une potentielle prise de pouvoir par un candidat très populaire en RDC, même s’il n’est pas parfait, mais qui est définitivement impopulaire et très imparfait dans les chambres noires de la "communauté internationale". Les tentatives de diabolisation de Tshikesedi à travers les médias occidentaux parlent à elles seules.

 

Qu’on se le dise clairement. La CPI n’est qu’une entreprise de plus pour soutenir l'écrasement mental des populations, sous couvert d’une promotion très sélective de la défense des droits de l’homme, et cautionnant des pouvoirs fantoches abusifs à l'extrême ; des serviteurs pur et simple des « partenaires »  économiques occidentaux, dont les activités « commerciales » ne sont rien d’autre qu’un vaste réseau de recel et de pillage systématisé.

 

Le premier crime contre l’Humanité est pourtant celui des autorités transnationales occidentales qui promeuvent activement la confiscation systématique du droit à l’autodétermination d’un peuple soi-disant souverain depuis 1960, par les manigances péri-électorales et la validation de fraudes électorales massives. Les magouilles médiatiques en tout genre, comme celle de la CPI avec cette prise de position,  ainsi que la main mise sur le pouvoir par des gouvernements fantoche mis en place et soutenus contre vents et marée par les puissances intéressées, sont là pour continuer la prédation sur les ressources naturelles africaines. Le scandale géologique du bassin du Congo, c’est à très peu près tout ce qui intéresse l’Occident dans cette région du monde, dont les habitants sont très grossièrement victimes de leurs richesses.  

 

Pour une organisation chargée de promouvoir le droit international telle que la CPI, officiellement investie contre les crimes contre l’humanité et les crimes d’agression, il est d’ailleurs intéressant de constater que le crime économique, indirectement crime contre l’humanité, n’est pas du tout abordé par les « protecteurs de l’humanité contre le crime» dans le cadre des exactions institutionnelles massives dans le quotidien du peuple africain. Un président peut donc impunément, selon la « communauté internationale », boire du champagne et manger du caviar à l’ombre d’un parasol, ou d’un hôtel de luxe, pendant que les prix des denrées de première nécessité dans le pays augmentent  dangereusement, et que son peuple se meurt dans la misère, la maladie, opprimée par une répression sanglante et une propagande outrancière. Les médias d’Etat noyées dans les millions, gavent les populations, les désinforment en profondeur, formatant les esprits, entretenant une désillusion intrinsèque abyssale et une soumission équivalente aux flèches de curare que le chasseur utilise pour paralyser ses proies.

 

La CPI fait partie de ces institutions transnationales, au même titre que l’ONU, l’OTAN, l’Union Africaine, le FMI et la Banque Mondiale, et consort, dont les objectifs prioritaires sont tout sauf la promotion des droits de l’homme en Afrique, la protection des populations civiles et le développement humain sur le continent. Ces arguments ne constituent qu’une vaste couverture. Les sociétés civiles sont plutôt maintenues dans leur faiblesse et leur impuissance savamment entretenue par toute une panoplie de moyens sophistiqués dans le cadre d’un concept de démocratie qui ne fait plaisir qu’aux oreilles des bien-pensants, et qui n’est en réalité qu’une monumentale tromperie et un leurre des plus machiavéliques.

 

La loi est faite par les puissants.  Et nous ne pourront pas transgresser les lois qu’ils ont eux-mêmes créées. Nous ne pourrons les battre que par le biais de lois que nous mettrons nous-mêmes en place, et qui seront à la mesure de nos besoins.

 

Unissons donc nos forces, car nous en avons, et nous ne le savons pas. Mais eux le savent, et font tout pour nous faire croire que nous n’en avons pas. Apprenons donc à nous connaitre, et surtout reprenons nos esprits enlevés pour le bien d’une intoxication méthodique et diabolique. Nous devons nous réapproprier nos compétences, ouvrir les yeux, reconnaitre l’ennemi commun, et ainsi nous concentrer sur le renforcement de nos capacités. Ce n’est qu’en nous remettant en question, individu par individu, que nous comprendront, que nous apprendront à ne compter que sur nous-mêmes, et à intégrer pleinement que nous ne devons rien attendre des autres. L’émancipation tout comme la liberté, ça s’arrache, malgré l’effroi environnant. L’émancipation de l’esprit est une affaire d’individu, même si la propagande massive et le spectre effroyable de la répression, du « désordre » et de la perte du peu qu’on a,  la mettent à rude épreuve.

 

Mais tout est possible, et surtout, rien n’est impossible. A vous de choisir. 

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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 00:17

21 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

En présence d'une salle de Tribunal bondée, l'officier Ismaël Koagou a retrouvé sa liberté aujourd'hui après-midi, 21 octobre 2011, après avoir passé un an exactement en détention pour un délit imaginaire. Après quelques jours de congé, il reprendra le poste qui l'attend depuis une année, à l'Ambassade américaine à Bangui. C'est une victoire contre la violence étatique incarnée par une absence totale de toute forme de justice. 

 

Mais la lutte continue. La liste des détenus arbitraires dans les prisons centrafricaines est très longue. Pas de chef d'accusation, ou des accusations imaginaires, pas d'auditions, pas de procès, parfois même pas d'avocat. Des détenus qui servent parfois d'appât à des "wanted" qui ont osé désensabler des histoires assassines que Bozizé s'évertue à maintenir dans les oubliettes: Maître Symphorien Balemby - en échange de la liberté de son épouse et des dix autres innocents incarcérés depuis juin 2010. Nous avons affaire à un pouvoir de véritables maffieux, qui agissent en pensant qu'ils ne seront jamais punis. Car il s'agit bien de crimes contre l'humanité que ces détenus sont en train de subir, des crimes du pouvoir contre des citoyens réduits à l'impuissance la plus totale, pour lesquels il pense ne jamais avoir besoin de rendre des comptes.


Le rapport publié ce jour par Amnesty International, "RCA: Après des décennies de violences, il est temps d'agir", dénonce notamment, et avec force, le degré incommensurable de cette impunité qui règne notamment au sein de la classe dirigeante en République Centrafricaine. 


Bozizé et sa troupe devront bien un jour ou l'autre être amené sur le banc des accusés. Pour ceux qui croient encore que le TPI est une institution juste et promotrice de réconciliation, il devra comparaître à La Haye. En attendant que la République Centrafricaine et l'Afrique réussisse un jour à développer les capacités de ses institutions, et à les rendre suffisamment fortes pour qu'elles puissent participer, par le biais notamment d'un système de justice équitable, aux efforts d'émancipation des pays qu'elles représentent.

 

Pour le moment on ne peut que constater que pour des mêmes délits, à la même période, dans la même zone géographique, certains sont arrêtés mais pas d'autres. Pourquoi Bemba, et pas Patassé et Bozizé! La faiblesse ou même l'inexistance de certains organes vitaux indispensables pour la vie d'un Etat véritablement souverain donne l'occasion aux organismes opportunistes d'assoir leur pouvoir et leur contrôle de ces Etats, et les privent en même temps de toute possibilité d'émancipation. 

 

Il est donc temps que notamment, la RCA, ainsi que beaucoup d'autres, travaillent sur une nouvelle conception de la justice, où les violations de la loi seront réprimées à leur juste mesure, au lieu d'être dédouannées systématiquement par la corruption et le népotisme. 

 

En attendant, le général-président François Bozizé, devra tôt ou tard rendre compte de ses actes. Même à titre posthume, comme il a l'air de vouloir partir sans payer sa facture. 

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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 06:28

18 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

Convoqué devant le Tribunal Militaire ce jeudi 20 octobre 2011

 

Koagou-1-copie-4.jpgAprès exactement 365 jours de privation arbitraire de liberté, Ismaël Koagou est convoqué ce jeudi matin 20 octobre, à son 366ème jour de détention, au Tribunal Militaire Permanent à Bangui. Alors qu’il avait démissionné officiellement de ses fonctions de chef de bataillon dans les Forces armées centrafricaines le 5 juin 2010, pour prendre un nouveau poste à l’Ambassade des Etats-Unis, il est aujourd’hui accusé de « Désertion en temps de paix ».

 

19 octobre 2010 – 19 octobre 2011 : Une année jour pour jour passée à la Maison d’arrêt de Ngaragba, pour rien, et sans avoir été convoqué pour la moindre audition.

 

Rappel des faits.

 

Ismaël Koagou, chef de bataillon, brillant et fidèle élément au service des Forces armées centrafricaines depuis 19 ans, est offert un emploi à l’Ambassade des Etats-Unis en février 2010, comme assistant au chargé de programme de coopération militaire. Il cherche donc à rencontrer ses responsables afin d’entamer la procédure formelle de mise en disponibilité. Sa hiérarchie, jusqu’au plus haut niveau, le fuit, et refuse de le recevoir malgré trois demandes formelles d’audience. Finalement le 5 juin 2010, il envoie sa lettre officielle de démission. Il ne reçoit aucun accusé de réception, et débute le 2 août 2010 à son nouveau poste la conscience tranquille, après avoir accompli les démarches administratives de son changement d’emploi dans les règles de l’art.

 

Le 19 octobre 2010, il est arrêté et emmené à la Section Recherche et Investigation (SRI) de la gendarmerie nationale à Bangui.

 

Il est ensuite déféré le 9 décembre 2010 par mandat de dépôt à la Maison d’arrêt de Ngaragba, avec pour motif d’accusation la « désertion en temps de paix ».

 

Une garde à vue de cinquante jours, alors que le maximum légal est de trente jours, ne présage rien de bon pour la suite, en termes de respect de la loi. D’ailleurs, le chef d’accusation est sans aucun fondement. En effet, des trois éléments constitutifs nécessaires pour qu’une infraction soit digne de sanction, outre le légal et le matériel,  il manque l’élément intentionnel. L’officier Koagou n’a jamais eu la moindre intention de déserter son poste à l’armée, puisqu’il a fait parvenir une lettre de démission en bonne et dû forme à ses chefs. Le silence radio rencontré par ce courrier, correspondait d’ailleurs parfaitement au manque d’enthousiasme, teinté d’une flagrante mauvaise foi,  rencontré auparavant dans ses demandes d’audience.

 

Sachant que des officiers de l’armée démissionnent fréquemment à Bangui, et qu’ils circulent librement en ville sans jamais être inquiétés, parfois sans même avoir fait de demande écrite, se trouvant manifestement dans les bonnes du pouvoir, il n’y avait aucune raison qu’Ismaël Koagou continue à se préoccuper de ne pas avoir reçu de réponse de la part des cadres du Ministère de la Défense, comme il aurait dû en recevoir dans l’absolu.

 

Selon les conventions internationales sur les libertés individuelles, n’importe quel fonctionnaire a le droit de démissionner en tout temps, en accord avec les exigences de routine. Dans la situation d’Ismaël Koagou, le Ministère de la Défense lui devait un accusé de réception, et n’était même pas en mesure de refuser sa démission.

 

Le Tribunal Militaire Permanent de Bangui, dont le Procureur, Commissaire du Gouvernement, dépend directement du Ministère de la Défense et donc du pouvoir, se prépare à rendre ce jeudi 20 octobre un jugement dans cette affaire. Un ministère de la Défense qui a fait preuve pendant plus de trois mois d’une mauvaise foi exemplaire, en refusant systématiquement de rencontrer l’officier Koagou, dont il connaissait sans nul doute la teneur de la demande.

 

Avec un 158ème rang sur 180 dans l’échelle qui mesure le degré de corruption chez Transparency International, il est facile de s’imaginer le degré de liquéfaction du système de justice en République Centrafricaine. Tout porte même à croire que l’honnêteté et le respect des règles, tel que dans le cas d’Ismaël Koagou, n’ont que très peu d’importance dans un système qui essaie de faire semblant d’être correct, mais qui est en réalité pourri par la corruption et le non respect des lois.

 

La langue ambiante est d’ores et déjà reconnue comme langue nationale en Afrique centrale : la langue de bois. On fait semblant de ne rien savoir et de ne rien comprendre, mais en réalité, les intentions sont gérées par la malfaisance et la cupidité.

 

Le nouvel employeur d’Ismaël Koagou, qui a maintenu le contrat de travail depuis une année, sera présent au Tribunal, ainsi que tous ceux qui ont suivi de près cette histoire devenue rocambolesque d’incohérence judiciaire. Tout le monde sera donc témoin d’une forfaiture qui sera enfin exposée en plein jour.

 

L’accusation dont on affuble M. Koagou ne tenant pas debout, des faux prétextes seront sans nul doute abondamment évoqués jeudi. Ses avocats n’auront aucune peine à démonter un argumentaire sans substance, indéfendable et profondément inéquitable en termes de libertés fondamentales de l’individu. .

 

L’officier Ismaël Koagou n’a commis strictement aucun délit. Il se prépare donc à comparaitre au Tribunal Militaire Permanent, la tête haute, avec la conviction du devoir loyalement accompli pendant les dix-neuf années passées au sein des Forces armées centrafricaines.  

 

Aujourd’hui plus que jamais, il affirme son droit absolu de changer de vie selon son bon vouloir, et  demande simplement à la justice centrafricaine de faire son travail, et de lui rendre la liberté qu’elle lui a arbitrairement arrachée le 19 octobre 2010. Son seul désir est de simplement continuer à vaquer à ses occupations et s’occuper de sa famille, en tant que citoyen Centrafricain libre et fier.

 

Zo Kwe Zo

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 23:34

17 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Malgré un communiqué par le conseiller en communication, "sorcier Camerounais de Bozizé", Henri Pascal Bolanga, censé calmer l'inquiétude du peuple Centrafricain à propos des bruits de plus en plus insistant sur la mort du Général-Président, la suspicion de son passage de vie à trépas est toujours aussi justifiée. En effet, l’agressivité du communiqué, qui en gros accuse tout le monde de prédation, démontre l’extrême nervosité du pouvoir, ainsi que d’ailleurs la reconnaissance de l'impopularité de Bozizé. Aucun gouvernement ayant bonne conscience  et ami de son peuple,  ne peut parler d'une manière aussi belliqueuse. De toute évidence, les experts en communication de la Présidence cherchent à tout prix à dissimuler le fait que Bozizé est absent, de corps et/ou d’esprit. Autrement dit, il devient de plus en plus évident aujourd’hui, que soit il est si malade qu’il ne peut pas parler, soit il est décédé.

 

http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2011/02/0302bozize.pngAu cocktail organisé le 14 octobre dernier en l’honneur de son 65ème anniversaire, ni François Bozizé, ni ses enfants et ses neveux n’étaient présents. Pourtant, certains membres de sa famille proche occupent des postes-clés dans le gouvernement, à l’instar de son fils Francis Bozizé, Ministre de la Défense, et son neveu Sylvain Ndoutingaï, ministre d'État aux Finances et du Budget. Qu’ils aient ou non assisté aux réjouissances festives, le citoyen moyen, qu’il soit sur le territoire national ou non, se serait de toute façon toujours posé la même question : Où est François Bozizé, et dans quel état est-il ?

 

De croire qu’en organisant un cocktail pour l’anniversaire d’un président physiquement absent, on va convaincre des citoyens normalement constitués de continuer à penser que le chef de l’Etat est encore valide et/ou en vie, c’est surtout la preuve d’une grossière sous-estimation de l’intelligence du Centrafricain moyen. C’est en même temps la preuve d’une profonde incompétence. Au lieu de demander aux soi-disant ennemis de la République de prouver le décès de François Bozizé, le communicateur ferait mieux, comme il est de coutume, de nous prouver qu’il n’est pas mort. Le style grossièrement manipulateur de la communication du pouvoir n’aura échappé à personne, et ne pourra plus très longtemps se cacher dans la démagogie à un franc cinquante et l’intimidation.

 

Sachant que personne n’est immortel, et que la santé de François Bozizé est dans toutes conversations depuis plusieurs mois, il aurait été justifié que la Présidence s’exprime de manière au moins indicative sur l’état de santé du président ex-putschiste, qui a complètement disparu de la scène publique depuis une dizaine de jours. Sachant également que Bangui n’est qu’un gros village, que pratiquement tout le monde possède un portable, et qu’un coup de fil ou un sms c’est si facile, il est d’autant plus suspect de voir un expert de la communication fustiger l’opposition pour avoir soi-disant colporté de faux bruits.

 

Que Bozizé meure aujourd’hui ou dans 2 mois, il n’y a pas de différence. Tout le monde sait qu’il est malade et qu’il mourra bien une fois ces prochains temps. Ce qui adviendra après sa mort aussi sera identique qu’il meure aujourd’hui ou dans deux mois. Les événements post-Bozizé étant forcément source d’inquiétude, surtout pour la clique au pouvoir, il est naturel, malgré l’inutilité, de vouloir chercher à en retarder le moment. C’est ce qu’on appelle communément la politique de l’autruche.

 

Le communiqué de l’expert en communication de François Bozizé est donc non seulement inutilement provocateur dans sa vaine recherche d’un bouc émissaire pour déverser la frustration causée par une évidente panique, mais en plus nous laisse très songeur sur les compétences d’un service qui pourtant revêt une importance fondamentale pour un gouvernement pour lequel seuls les palabres peuvent encore couvrir l’état de décomposition avancé.

 

Et tout cela particulièrement à l’heure où l’agitation autour du palais augmente sensiblement chaque jour, avec un net renforcement de sa garde, ainsi que des rumeurs de circulation accrue de militaires Tchadiens en ville de Bangui. 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 20:28

10 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

Les Camerounais ainsi que les Gendarmes-Justiciers du monde savent depuis très longtemps que l’élection présidentielle du 9 octobre 2011 serait truquée.

 

Depuis trois ans et demi au moins, des Camerounais courageux sont tabassés, emprisonnés et torturés, assassinés, que des communautés entières sont intimidées par les forces armées du président à temps partiel Paul Biya, simplement parce qu’ils dénoncent et protestent contre la fraude massive annoncée, et contre la reconduite après 29 ans de pouvoir, d’un président vieillissant et dorénavant incapable de maîtriser publiquement sa peur du peuple auquel il a déclaré la guerre.

 

La communauté internationale est loin d’être aveugle ou absente

 

http://a34.idata.over-blog.com/2/63/82/20/Mes-Images_02/socopalm.jpgLe Cameroun en entier est déjà vendu aux entreprises multinationales étrangères, notamment françaises. Au lieu que le Camerounais bénéficient socio-économiquement du produit de ces ventes, Paul Biya transforme depuis 29 ans ces bénéfices en fortune personnelle. Un des exemples les plus criards du non-bénéfice pour le citoyen camerounais moyen, constituant par conséquent une preuve de criminalité économique, est l’exploitation et le traitement du travailleur camerounais dans les plantations de palmiers à huile de SOCAPALM, contrôlé par le groupe Bolloré. Non seulement les conditions de travail sont inhumaines, proches de l’esclavage,  mais l’étendue des crimes contre l’environnement et contre le cadre socio-économique du citoyen camerounais est aujourd’hui incommensurable.

 

Les entreprises françaises au Cameroun,  sont très nombreuses, et leurs intérêts économiques sur le territoire national revêtent une importance primordiale pour le bon fonctionnement économique de la France. Le bien-être économique de l’Etat français n’est pas seulement important pour le peuple Français, mais aussi pour la stabilité de l’Union Européenne, dont bénéficie également les Etats-Unis notamment.

 

Selon Survie  « La France reste le premier investisseur étranger au Cameroun avec une centaine de filiales employant quelque 30 000 personnes et plus de 200 entreprises appartenant à des ressortissants français dans tous les secteurs d’activité. (...) Les filiales françaises sont significativement présentes dans l’agriculture et l’agroalimentaire (Compagnie fruitière, groupe Vilgrain, groupe Castel, groupe Bolloré,..), le pétrole (Total, Perenco), les équipements électriques et informatiques – fourniture et installation – (Schneider, Va Tech, Cegelec, CFAO Technologies, Bull), le ciment (Lafarge), la distribution (CFAO), la logistique et les transports (Bolloré, Air France), la téléphonie mobile (Orange), les banques et les assurances (Société générale, Crédit lyonnais, Banques populaires, Axa, AGF, Gras Savoye), le BTP (Vinci, Bouygues, Razel, Scet) »

 

L’ingérence de la communauté internationale n’est pas forcément militaire

 

L’ingérence multiforme en Afrique de la communauté internationale, vogue entre le clinquant et assourdissant, ou  le sournois et silencieux, on a le choix. Militaire et bruyante en Côte d’Ivoire et en Libye, économique et sournoise comme un boa constrictor qui s’enroule lentement autour de sa proie, au Cameroun ou ailleurs. Avec une ingérence militaire à deux vitesses, et des objectifs qui n’ont rien à voir avec la défense d’un peuple opprimé, nous expliquons aisément l’acharnement à gros frais contre un Laurent Gbagbo, au pouvoir en Côte d’Ivoire depuis 10 ans, et dont l’échec  électoral est très douteux,  et le cautionnement d’un Paul Biya au pouvoir depuis 29 ans, coupable de se cramponner au pouvoir dans la violence, par le biais de fraudes électorales systématiques et massives.

 

A travers la validation implicite annoncée de la pseudo victoire électorale de Paul Biya, sans pour autant réclamer une intervention militaire qui n’obtiendrait jamais l’aval d’un peuple camerounais préservé jusqu’ici des conflits armés sur son territoire, nous devons énergiquement interpeller la position de la communauté internationale au Cameroun et ailleurs. Le questionnement de la responsabilité de la France et de ses pairs, en tant que vecteur de crimes impunis contre les populations civiles, validant la répression de manifestations d’opposition, et cautionnant les fraudes électorales qui visent à garder un tyran vieillissant au pouvoir, parait aujourd’hui plus que jamais indispensable.

 

Le degré de maturité du peuple camerounais dans sa quête d’une vie décente, ainsi que sa capacité de s’organiser efficacement pour résister à la tyrannie et construire une opposition forte, est de toute évidence le souci premier de tous ceux qui veulent que le Cameroun change. Or, mis à part un problème de « mentalité » évoqué par beaucoup, la répression brutale et le climat de terreur cultivé dans la société camerounaise ne laisse que très peu d’espace et d’oxygène nécessaire pour la construction d’un tissu oppositionnel cohérent.

 

« Les entreprises françaises restent des acteurs prépondérants du soutien inconditionnel de la France, dont elles sont à la fois un des motifs et un moteur. » (Survie)

 

Que ceux qui refusent énergiquement et avec raison l’idée d’une ingérence militaire, refuse aussi l’ingérence économique et prédatrice dans le trésor national camerounais. Qu’ils exigent que ceux qui soutiennent Biya à l’extérieur arrêtent de le soutenir. La Suisse, si prompte à bloquer les comptes de dictateurs déchus, abrite pourtant Paul Biya au minimum neuf mois par année, bénéficie de sa fortune déposée et investie en terre helvétique, et encaisse par le biais de ses entreprises (logement, structures hospitalières, et écoles privées) des impôts et autres taxes sur les milliards que Paul Biya vole quotidiennement au peuple camerounais. La Suisse, par le biais des entreprises implantées sur son sol, doit donc être fermement questionnée sur ses activités de recel institutionnalisé. L’Etat français, par le biais de Bolloré, ami de Sarkozy, doit également être amené à se justifier devant un Tribunal pour les mêmes motifs.

 

Quand cette ingérence illégale sera fermement dénoncée, quand l’engagement de sanctions réussira à freiner l’impunité intolérable de ces crimes économiques, et quand les Camerounais auront obtenus que des efforts clairs soit faits par la communauté internationale pour respecter le droit du peuple camerounais, membre du concert des Nations, et que la fin d’une politique économique de recel soit initiée, nous verrons bien à quel rythme les citoyens camerounais réussiront eux-mêmes à faire progresser leur pays.

 

La répression et le déni de justice en moins, nous verrions à quelle vitesse le Cameroun, se développerait, malgré toutes les imperfections. Nul ne peut douter un instant qu’un nombre important des cinq millions de Camerounais exilés, sortis notamment pour leurs études, auront davantage l’envie de rentrer pour s’investir au pays. Aucun Camerounais ne vit en exil par plaisir, et innombrables sont ceux dont leur cœur saigne pour leur pays.

 

L’ingérence criminelle de la communauté internationale au Cameroun, combinée à un Paul Biya profondément antipatriote, criminel et prédateur, est une association mortellement toxique pour le peuple camerounais. Cette dynamique doit impérativement être cassée, afin de chercher à obtenir des rapports économiques de gagnant à gagnant, au nom d’un Cameroun qui a en vérité tous les moyens à disposition pour devenir un Etat prospère et fort sur l’échiquier économique africain et mondial.   

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 21:47

 

8 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

Dans le cadre de l'élection libre et transparente du 9 octobre 2011 

 

"Fermeture des commerces, et intrediction de circuler sauf pour des urgences médicales"

 

"La circulation des personnes et des biens par voies routière, ferroviaire ou aérienne est interdite du 8 octobre à partir de 18 heures au 9 octobre 2011 à 18 heures”, selon un arrêté ministériel, qui précise aussi que “les frontières nationales sont fermées 48 heures avant le jour du scrutin. Elles sont rouvertes le lendemain de la clôture du scrutin."

 

Cameroon borders closed 48 hrs before election; all air, road & rail travel banned from 6pm on Oct 8 to 6pm, Oct 9 

 

Avec des électeurs menacés aujourd'hui de représailles s'ils ne votent pas pour Paul Biya, et des distributeurs de tracts disparus depuis des jours dans l'obscurité assassine d'une cellule puante et délabrée, l'ampleur de la fraude massive qui se prépare au Cameroun depuis deux ans, avec l'intention manifeste de violer une fois de plus dans la violence et la terreur le droit à l'auto-détermination du peuple camerounais, l'augmentation exponentielle de ces dernières semaines de multiples atteintes aux droits de l'Homme (arrestations, passages à tabas, tortures, rackett des forces de l'ordre) expose ouvertement la guerre que Paul Biya a déclaré au peuple Camerounais.

 

Une question très lancinante se pose: Où est la communauté internationale, où est l'ONU, où est l'Union Européenne?

 

En pensant à l'intervention militaire française en Côte d'Ivoire, avec le soutien des forces onusiennes, des Etats-Unis, avec l'issue que nous connaissons, tout porte à prouver une fois de plus que la communauté internationale ne s'intéresse purement qu'à ses intérêts économiques. 

 

Les souffrances du peuple Camerounais n'intéressent pas les Gendarmes du monde

 

De fil en aiguille, il est à pressentir nettement que la communauté internationale dont nous parlons, se prépare à valider implicitement la victoire annoncée de Paul Biya. 

 

Qui valide les activités d'un criminel contre l'Humanité, se rend automatiquement co-responsable de ces crimes, d'autant plus s'il a lui-même commis des crimes contre l'Humanité sur le même territoire.

 

L'IMPUNITE OMNIPRESENTE AU CAMEROUN, VALIDEE A L'EXTERIEUR, EST INTOLERABLE 

 

Mis à part la continuation des efforts de la société civile camerounaise dans la recherche d'une organisation efficace, l'opinion publique africaine et mondiale doit exiger clairement des comptes aux leaders de cette communauté internationale, et doit exiger, en ce qui concerne le Cameroun en particulier, que l'Etat français soit traduit devant un Tribunal en vertu de ses graves crimes contre le peuple Camerounais de 1958 à nos jours,  et que soit arrêtéimmédiatement tout soutien et facilitation des séjours de Paul Biya à l'étranger. 

 

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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 19:27

5 octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Minlend Bipindi, en grève de la faim, entre les mains de la police de Paul Biya

 

Simple mototaximan camerounais, le symbole d'un peuple en profonde souffrance, Bipindi commence une grêve de la faim à Yaoundé le 4 octobre 2011, pour protester contre la candidature de Paul Biya, et contre la continuation implicite de son règne infernal. Il est arrêté par les forces de l'ordre le 5 octobre, et maintenu en détention dans les conditions de répression, d'intimidation extrême, et de torture bien connue par tous les Camerounais. Il sera au minimum matraqué copieusement, par des agents du pouvoir d'une perversité animale, et subira sans nul doute la devenue très banale torture de la "balançoire".

 

Paul Biya, le président librement et démocratiquement élu par le peuple de la République du Cameroun, candidat "naturel" à sa propre succession après 29 ans d'un pouvoir de sang aux yeux, refuse donc même jusqu'au droit au citoyen Camerounais moyen de s’autodéterminer sur sa propre vie.

 

Absolument rien de surprenant. Les preuves et les illustrations d'un pouvoir désespéré et aux abois, profondément destructeur et démoniaque, sortent au grand jour les unes après les autres. 

 

Que Minlend Bipindi soit en train de grever en public ou qu'il soit torturé et supplicié par la police de Biya à l'ombre des regards, nous avons le devoir absolu de mémoire pour que vive son sacrifice quel qu’en soit l’issue.

 

Il est un symbole. Des Minlend Bipindi il y en a des milliers au Cameroun. Il est de ceux qui refusent que l’intolérable devienne banal dans les esprits, et qui refusent de se taire juste pour préserver le minuscule bout de misère qu’on laisse au citoyen camerounais pour qu’il continue à dire en tremblant « moi je veux juste vivre en paix.» 

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 23:34

1er octobre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

http://globalvoicesonline.org/wp-content/uploads/2011/02/cameroon.jpgLes camions "canons à eau" Mami Wata sont déjà alignés à Douala prioritairement, en renfort aux gaz lacrymogènes et aux matraques du BIR - Brigade d'intervention rapide, milice prétorienne servant à mater le peuple camerounais. Les jets d'eau sont au garde-à-vous, prêts à inonder violemment les manifestants avec de l'eau infestée de produits chimiques dont on ne connait pas l'origine, et qui agressent tellement la peau qu'on a juste envie de se gratter jusqu'au sang pendant trois jours.

 

Etrange et sinistre ressemblance avec le napalm que l'armée française bombardaient sur les villages camerounais pendant la guerre d'indépendance, tuant 300 000 à 400 000 personnes. Des morts que François Fillon, le Premier Ministre français de passage au Cameroun en 2009, avait qualifié de "pure invention". 

 

Toutes les preuves sont là pour montrer qu'il s'agit bien aujourd'hui d'une guerre ultime que Paul Biya se prépare à mener contre le peuple Camerounais, avec la complicité de la France depuis 30 ans, qui de toute évidence, pense que le Camerounais, qu'elle a largement massacré et esclavagisé, n'est pas encore entré dans l'histoire de l'Humanité. La négrophobie légendaire et institutionnalisée de la France constitue encore et toujours le fleuron du révisionnisme néocolonialiste dont elle a la maitrise absolue en Afrique, et qui sert de rempart à ses sous-préfets nègres. Quelle ironie!

 

La répression à Douala notamment, a pris ces dernières semaines une ampleur dramatique, avec des forces de l'ordre qui se déchainent littéralement à travers des abus décuplés en intensité, des fouilles au corps tout azimut et du rackett généralisé, sur une population qui n'arrive même plus à gérer ses problèmes du quotidien. L'incident du pont du Wouri du 29 septembre, revendiqué en deux jours par quatre groupes différents, ressemble aux yeux de certains observateurs, à un prétexte fabriqué par le pouvoir pour militariser et paralyser la ville de Douala, fief traditionnel de l'opposition, à l'approche de l'élection présidentielle à un tour du 9 octobre prochain. En deux jours, Douala s'est transfomé en macro-camp militaire. Le poumon économique du Cameroun est pratiquement en état de siège. 

 

Nous assistons à un terrorisme d'Etat dans sa forme la plus pure, dans le cadre d'une élection censée être libre et transparente. Un Paul Biya aux abois, déjà trempé jusqu'à la moëlle dans ses crimes contre le peuple camerounais, donc contre l'humanité, a ouvert les vannes de sa machine répressive, donnant ainsi à ses hommes, carte blanche pour terroriser et massacrer tout un peuple s'il le faut. 

 

Pour Biya de toute évidence maintenant, c'est le pouvoir ou la mort. Il a décidé que c'est le Cameroun à feu et à sang, ou rien.

 

Voyons donc alors qui aura le dernier mot, entre le peuple Camerounais et Paul Biya.

 

Saint-Bruno, musicien de benskin, dit dans une de ses chansons, que celui qui veut trop gagner perd toujours toujours. 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 23:51

22 septembre 2011
Juliette Abandokwe

 

Pour le boycott des élections du 9 octobre prochain

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSV8FRO_W83vNktXRttwq6uq2Yx8PoHIH11vn-VswAMyZzBED50_ALe vote est un acte de participation à la vie politique. Le vote est un droit, à condition que celui qui vote aie le pouvoir de dire NON. Dans le cas contraire, le vote devient un instrument du pouvoir pour manipuler l’opinion publique. Lorsque le résultat du vote est fabriqué d’avance, aller voter ne sert qu’à gonfler un taux de participation citoyenne, dans des circonstances de non-droit et de non-transparence. Un pouvoir fondamentalement anti-démocratique et criminel, qui cherche désespérément à prouver l’existence d’une gouvernance démocratique, après 29 ans d’un pouvoir maintenu dans le sang, ce n’est qu’une énormité biyaïste de plus.

 

Ne pas voter parce qu’on estime que les conditions pour une élection libre et équitable ne sont pas remplies, est un autre acte de participation de l’individu à la vie politique.  C’est un acte de résistance, qu’on le veuille ou non.

 

Ceux qui encouragent le boycott sont pour la plupart des représentants de groupements traditionnellement résistant – indépendamment de la raison de leur résistance -, qui appellent au boycott depuis plusieurs semaines, voire des mois, et bien avant le dépôt des candidatures. Si quelques candidats déboutés se sont joints à eux, ils représentent bien une minorité, et ne peuvent pas servir de prétexte à la diabolisation des appelants au boycott.

 

En fin de compte, ce n’est pas la nature de ces appelants qui est intéressante au premier abord, mais plutôt la validité de leur argumentaire.  Les candidats éconduits ne seront pas en mesure d’avancer des arguments qui tiennent la route, et ne pourront que faire du copier/coller sans valeur. La controverse sur la nature des appelants au boycott pourrait faire l’objet d’une autre discussion, et ne peut en l’occurrence que contribuer à détourner le vrai débat.

 

En vérité, la fraude électorale qui se prépare depuis 2008, et qui s’est précisée ces derniers mois à travers la manipulation massive des listes électorales, ainsi que le montage d’une commission électorale – ELECAM – qui n’a absolument rien d’indépendant, est une véritable dévalorisation politique de l'acte citoyen de voter.  Autrement dit, au Cameroun aujourd’hui, l’acte de voter, qui est dans l’absolu l’acte de CHOISIR son dirigeant, a perdu toute sa valeur d’acte citoyen.

 

Ayant fait ce constat, l’étape naturelle suivante est de résister à la forfaiture autant que possible. Le dépôt d’un bulletin de vote dans l’urne, même blanc, de pourra que donner l’occasion à Paul Biya de se moquer une fois de plus du peuple Camerounais dont il est,  dans l’absolu, l’employé, avec un taux de participation qui n’a strictement rien à voir avec l’état de la démocratie au Cameroun.

 

D’autre part, de blâmer ceux qui appellent au boycott, est une manière  de plus de déresponsabiliser le citoyen Camerounais. Chaque individu est responsable de tout acte politique et citoyen qu’il pose, et chacun forge son opinion après avoir bénéficié de l’expression des différentes tendances en vogue.

 

Blâmer ceux qui appellent au boycott, c’est une fois de plus une manière de polémiquer sur ce qui entre dans les oreilles et le cerveau d’un citoyen.

 

La volonté de contrôle de la pensée d’un individu est l’essence même de la négation du droit à l’autodétermination le plus basique.   

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