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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 13:50

12 septembre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

 

L'empêchement de la tenue de meetings d'opposition, par les forces armées de nos "républiques démocratiques" est devenue une grande mode en cette 51ème année des "indépendances", où 17 pays africains sont amenés à CHOISIR leurs dirigeants.

 

Comme Paul Biya au Cameroun, qui empêche l'expression publique de l'UPC par son meeting, ou encore du Combattant Agissant Mboua Massok qui en nombre pourtant ne réussit à mobiliser qu'une poignée de jeunes courageux, mais qui sème la graine de la prise de conscience chez beaucoup de Camerounais, le général-président François Bozizé en Centrafrique a peur aussi de l'opposition, et empêche manu militari le MLPC de s'exprimer publiquement.

 

Ceux-ci, comme d'autres, ont compris que leur règne profondément abusif trouve ses limites tôt ou tard. Ils cherchent encore à gagner un petit temps de répit, qui ressemble plus à une politique de l'autruche, qu'à une main mise aussi apparente soit-elle, sur un pouvoir qui a commencé à leur glisser des mains inexorablement. 

 

En tout temps, le peuple a le droit d'entendre tous les partis en présence, qu'ils soient intéressés et corrompus ou non, pour se faire une opinion consciente et responsable, pour ensuite pouvoir prendre des décisions citoyennes pour la vie de la Cité et de la Nation.

 

La décolonisation des esprits passe automatiquement par là. Une décolonisation qui apparemment n'arrange pas les petits pions au pouvoir, qui ne sont pas en fin de compte de simples petits pions. Les pouvoirs coloniaux extérieurs ne sont pas seuls responsables de cette situation. 

 

Toute la réflexion repose principalement sur la jeunesse, qui n'a pas pu jusqu'à ce jour se reposer sur des aînés suffisamment forts pour lui montrer le chemin. La nécessité de réfléchir sur une nouvelle éthique socio-politique, qui se détache des mécanismes de course à la mangeoire et des "ils ont trop bouffé, maintenant c'est à nous", est devenue incontournable. Une autre conception du "bonheur" et de recherche de la facilité devenue instinctive, sont essentiels pour une prise de conscience profondément responsable, pour affronter des enjeux nationaux et populaires qui se basent inévitablement sur la recherche en premier lieu du BIEN COMMUN, en faveur d'une NATION qui doit nourrir, éduquer et soigner CHAQUE CITOYEN.  

 

Tout commence par l'incorruptibilité spirituelle, sans laquelle rien ne peut se faire, et qui dépend purement et simplement de chaque individu. Aucun colon, aucun pouvoir aussi répressif soit-il, ne peut enlever la liberté spirituelle d'un être humain. De même qu'un manipulateur ne peut manipuler que des gens manipulables, le corrupteur aussi ne peut corrompre que des gens corruptibles. Retrouver le sens moral, le sens d'un civisme constructif pour le groupe dont chacun fait partie, fait partie des conditions essentielles pour l'émancipation d'un peuple trainé dans la boue et dans le sang depuis plusieurs siècles. Un peuple qui arrive aujourd'hui à saturation, et dont la capacité de développement des compétences doit plus que jamais servir un mode de pensée purement proactif, qui peut transformer le raz-le-bol général en une force qu'aucun pouvoir occupant et destructeur ne pourra contrer.   

 

Enfin, le Temps donnera raison à ceux qui réclame la liberté depuis si longtemps, une liberté qu'ils doivent se résoudre à arracher eux-même, puisque de toute évidence personne ne la leur donnera.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 02:54

31 août 2011
Juliette Abandokwe

 

Les Camerounais de la diaspora ont durement gagné leur droit de voter, disent certains, et doivent l'exercer pleinement pour élire leur - nouveau - président le 9 octobre prochain.

 

Mais s’ils se sont si massivement battus pour obtenir le droit de vote, pourquoi donc le pouvoir se donne-t-il autant de mal dans son racolage d’électeurs… ? Où a-t-on vu les Camerounais de la diaspora aller voter en masse… ? Sachant qu’ils sont des millions à l’extérieur, notamment grâce au renouvellement par le Renouveau, où sont-ils donc tous…. ?

 

Pourquoi donc le Consul sortant de son Consulat de Genève dans la lointaine petit Suisse, se déplace-t-il à l’improviste un dimanche après-midi ensoleillé sur un petit terrain de foot à Lausanne, bled en brousse, lors d’un entrainement entre deux équipes locales de Camerounais ? Même pas un vrai match… juste un entraînement ! Il se déplace « avec son équipe », fait un discours grandiloquent. Du racolage de bas étage dit-on. A la question de certains au sujet de la double nationalité, il répond « un Camerounais restera toujours un Camerounais ». De la démagogie à un franc cinquante ma parole ! Or quand des parents Camerounais de l’extérieur annoncent la naissance de leur enfant aux autorités consulaires, c’est la croix et la bannière pour obtenir un certificat de nationalité.

 

La plupart des Camerounais, au bord du petit terrain dimanche dernier 21 août, restent très sceptiques. Le Consul rajoute « c’est gratuit,  inscrivez-vous seulement, et  nous ferons le reste… »

 

Vraiment, le RDPC prend les Camerounais pour des imbéciles.

 

Les conditions : prouver qu’on est camerounais soit par un acte de naissance, soit un passeport, même périmé. Plusieurs Camerounais repartiront fièrement cet après-midi là avec leur carte consulaire dans les mains. Mais je doute très fort, qu’étant venu faire le kongossa un dimanche après-midi, ils soient venu avec leur acte de naissance ou leur passeport (valide ou périmé) dans la poche ! L’accent, le patois, ou le cousinage de village ont dû largement compenser les paperasseries officielles nationales.

 

Les preuves de manigances et de fraudes, dans le but de gonfler l’ameublement des listes électorales de la diaspora, s’accumulent au quotidien.

 

L’autre jour sur le net, un monsieur – Camerounais de toute évidence - vivant en mbeng, me disait tout fièrement qu’il avait obtenu sa carte consulaire et qu’il avait « voté ». Mais en même temps, il déplorait qu’à cause de son passeport européen, il doit demander un visa chaque fois qu’il va au ko (au pays) ! Quand j’ai tenté d’en savoir plus, il est resté muet, comprenant trop tard qu’il avait déjà trop parlé.

 

Dans un bureau d’enregistrement d’électeurs « camerounais » en Angleterre, aux trois-quarts vide, scénario corroborant.  On se demande déjà où sont les masses d’électeurs camerounais de la diaspora dont on entend parler, et qui ont si durement lutté pour leur droit de vote. Un Camerounais exige à haute voix de savoir pourquoi certains doubles-nationaux britannico-camerounais présents sont en train de se faire enregistrer sur les listes électorales. Rapidement, le « fauteur de trouble » est qualifié de non-Camerounais à cause du désordre qu’il est en train de causer. Mais l’autre, le bon Camerounais, avec son passeport britannique dans sa poche, a déjà fait inscrire son nom sur la liste électorale. Et pourtant, la double-nationalité n’est jusqu’à ce jour pas admise par le Cameroun.

 

En résumé, quand on proteste et qu’on dénonce ouvertement la fraude, on est automatiquement « décamerounisé » par un pouvoir camerounais monopolisé par le RDPC – Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais.

 

Pour couronner le tout, les bons Camerounais collabos demandent au Camerounais  récalcitrant « C'est quoi ton problème au juste ?" et on lui fait enfin la menace suprême, celle d’appeler la police. Le pouvoir de Paul Biya croit pouvoir terroriser les Camerounais jusqu’à l’extérieur, en brandissant la menace d’un BIR d’exportation. Et pourtant le BIR – Brigade d’Intervention Rapide -, meute de chiens enragés, le sang aux yeux, auquel Paul Biya a donné carte blanche pour mater ceux qui résistent, restera au Cameroun, face au peuple Camerounais.

 

Vraiment…… le culot des biyaïstes n'a pas la moindre limite.

 

Les dérapages émaillent déjà le paysage péri-électoral camerounais, comme un nez au milieu de la figure. Leur dissimulation n’est plus possible tant ils sont grossiers. La panique est palpable, omniprésente. A un tel point, que la convocation du corps électoral par décret est proclamé illégalement un jour plus tôt, raccourcissant ainsi le délai d’inscription sur les listes électorales d’un jour. Le RDPC joue une fois de plus avec la Constitution camerounaise comme bon lui semble, comme le chat avec la souris qu’il a déjà massacré.

 

Pendant ce temps, les observateurs, les « investisseurs », les fabricants de dettes – économiques et humanitaires -, les rapaces, regardent, inquiets. Leurs intérêts ne supportent pas bien l’instabilité, ni surtout la perte de maîtrise. Des intérêts garantis politiquement par des puissances passablement épuisées par une guerre libyenne qui leur a coûté pas loin des yeux de la terre, et bien davantage que prévu. Aux guignols nationaux, on leur a laissé carte blanche, en échange de leurs largesses, mais ils ont exagéré. Ils ont eu les yeux plus gros que le ventre, et ils n’arrivent pas à finir leur assiette. L’indigestion promet d’être très pénible pour tout le monde.

 

En tout cas, comme le disait George Washington, « la liberté est une plante qui croît vite, une fois qu'elle a pris racine »

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 19:46

25 août 2011
Juliette Abandokwe

 

A ceux qui soutiennent encore la thèse de l’impartialité et de la justesse de ce qu’on appelle la « justice internationale », qui trouvent qu’elle fait du bon boulot, et surtout qu’elle défend les droits de l’homme en Afrique !

 

Me Goungaye Wanfiyo, avocat centrafricain, président de la ligue centrafricaine des droits de l'homme, Voix des sans Voix, revient de l'arrière-pays fin 2008 avec des preuves accablantes sur les exactions épouvantables commises sur les civils de 2001 à 2003, notamment par les banyamulengue de Bemba, mais par d’autres aussi.

 

Goungaye est tué dans un accident de voiture plus que suspect, qui n’a jamais été élucidé jusqu’à ce jour. Certaines de ses preuves étaient déjà dans les mains d’Ocampo.

 

Tout le monde sait parfaitement qu'il a été assassiné. Et le pouvoir de Bangui a activement contribué à la non-transparence et la non-indépendance de l'enquête. L'impunité à l'état pur, encore.

 

Bemba est sous les verrous sur ordre de la CPI pour sa responsabilité de leader dans les massacres (juste au moment où il fallait absolument que Joseph Kabila devienne le larbin officiel de l’Occident en RDC. Quelle coincidence !).

 

Le co-responsable de Bemba, ainsi que celui responsable de massacres équivalents, sont connus de tous;  mais leur nom n'est même pas mentionné par la CPI, sauf certainement dans les coulisses. Pourtant c'est un certain Patassé qui a fait appel à Bemba, et un certain général Bozizé qui, en face, fait sa part d’exactions sur les civils avec sa rebellion, traversant le pays depuis le Tchad pour arracher le pouvoir à Patassé, que l'Occident commence très sérieusement à ne plus aimer (autre coïncidence).

 

Aujourd’hui, Bemba est en taule (Kabila a donc eu le champ libre), Patassé est parti sans payer sa facture (Paix à son âme), et Bozizé risque bien aussi de partir prochainement sans payer sa facture. Ses successeurs y rajouteront encore du sel, puisqu’à coup d’aide de l’UE « détournée », et du pillage des mines de diamants, ils ont déjà fait leurs emplettes sur le marché des armes en Ukraine et ailleurs.

 

Où est donc la justice des Sans Voix centrafricains aujourd’hui ? Et surtout que fait la justice internationale dont les principaux financeurs continuent à déverser des milliards dans les poches sans fond de Bozizé et son clan ? 

 

Cela ressemble étrangement à de l’administration d’huile dans les rouages de la machine à production d’uranium, d’or et de diamant….. Ou bien ? 

 

Pour conclure, à la partialité de la justice internationale, dont cette histoire n'est qu'un petit exemple, se rajoute la mafia far-westienne des pouvoirs locaux, dont la pérennité est assurée par des financeurs prêts à dépenser des milliards pour la préservation de leurs intérêts, synonyme de leur survie métropolitaine. Au milieu de tout ça, un petit peuple qui reste sans voix, sans eau et sans électricité, à qui ladite justice donne des espoirs bidon, à l'aide notamment des organisations acolytes en tout genre dont les représentations pullulent à Bangui, qui "allouent" des aides à tort et à travers qui ne parviennent jamais aux bénéficiaires, et dont les dignitaires se régalent les poches de leurs trafics "du week-end".

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 23:34

21 août 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Les démarches entreprises par le nouvel employeur d’Ismaël Koagou, l’Ambassadeur des Etats-Unis à Bangui, sont toujours en cours. D’autres actions au niveau international sont également dans le pipeline.

 

Pendant ce temps, le fameux Tribunal Militaire Permanent (TPM), véritable instrument de répression et de parodie de justice, et auquel l’avocat de Koagou s’adresse avec insistance, est incapable de statuer sur son cas. Le motif fantaisiste invoqué contre lui, relève du domaine correctionnel, et de ce fait exige, selon les dispositions du Code de Justice Centrafricain, que la détention préventive ne dépasse pas six mois, si l’interpellé n’a pas été entretemps présenté devant un juge d’instruction pour une quelconque audition.

 

En d’autres termes, la situation est très claire : nous sommes en face d’une mauvaise foi monumentale et à vrai dire habituelle, savamment entretenue par les hautes autorités de Bangui, incarnées par François Bozizé et fils.

 

Le déni complet de justice est omnipotent. Onze prévenus dans l’affaire de l’incendie de Ryan, donc certains n’étaient là que de passage au moment de la rafle de la Garde Présidentielle du « Président » de la « République » Centrafricaine, le général François Bozizé. Ces onze personnes sont donc incarcérées depuis juin 2010 et sont depuis le 28 juillet 2011 au bénéfice d’une décision de la Cour d’Appel de Bangui, qui autorise leur libération. Voici donc 20 jours aujourd’hui, qu’ils sont toujours maintenus en détention, les deux femmes à Bimbo, et les neuf hommes à Ngaragba pour des raisons que personne ne comprend très bien. Il semblerait pourtant que ces 11 personnes soient en vérité les otages du pouvoir, qui n’avait pas réussi à mettre la main sur Me Symphorien Balemby et Jean-Daniel Dengou, faussement accusés d’avoir incendié le supermarché RAYAN le 9 juin 2010. Or, nous savons aujourd’hui que le véritable incendiaire n’est autre que le propriétaire lui-même, voulant faire disparaitre les traces de ses malversations financières.

 

Malgré l’évidence, le chef de l’Etat Centrafricain, une fois de plus, persiste à vouloir prouver au monde entier, qu’il est le seul à détenir le pouvoir suprême sur la vie et la mort de ses compatriotes, ce qui confirme une fois de plus le manque total de légitimité du clan au pouvoir aujourd’hui.

 

Outre ces personnes dont tout Centrafricain connait l’existence de par la médiatisation des circonstances de l’incendie du RAYAN, d’autres personnes sont détenues dans le silence complet.

 

C’est ainsi que Ngaragba est aussi devenu le foyer depuis plus de trois ans de vrais ou supposés rebelles, sans qu’aucun procès n’aie vu l’ombre d’une existence. Ont-ils même des avocats, on n’en sait rien. En admettant qu’ils en aient, quel poids peut avoir un avocat dans une situation de présomption automatique de culpabilité, sans preuves, sans audition, sans aucune volonté de faire respecter une Justice minimale dans un pays qui ressemble plus à une enclave du  Far-West qu’une république avec un président légalement et démocratiquement élu.

 

 

Le plus cynique dans l’histoire de ces détenus dont très peu de gens connaissent l’existence, est que leurs présumés chefs respectifs ont pour la plupart signés des « accords de paix » avec le pouvoir, et qu'ils les ont ainsi pratiquement vendu au Diable. Une manière d’acheter leur place à la mangeoire, comme quand on achète un billet de cinéma ! Les soi-disant rebelles n’ont qu’à croupir en prison, puisqu’ils n’ont plus de chefs, en admettant qu’ils en aient eu une fois, et qu’ils n’ont pas non plus de quoi corrompre une justice donc François Bozizé a acheté l’âme depuis belle lurette, et avec laquelle il joue quand il n'a rien d'autre à faire.

 

Une autre de toutes ces histoires uniques, un officier Tchadien en congé à Bangui en 2008, muni de tous ses papiers administratifs réguliers, est arrêté dans l’auberge où il. Fantaisie d’un pouvoir aux abois en permanence aidant, il est accusé de rébellion sans aucune preuve, et moisi donc sans audition et sans instruction depuis bientôt trois ans à Ngaragba. Son nom est Delco. Nos investigations pour éclairer la vérité sont en cours.

 

Tous ces hommes sacrifiés, au nom d’un pouvoir complètement ignare de ses droits et de ses devoirs, obsédé par un pouvoir auquel il n’a pas droit, ne le seront pas en vain. 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 22:00

21 août 2011
Juliette Abandokwe

 

Après l’affaire Balemby/Dengou, où onze personnes sont arbitrairement détenues depuis 14 mois, et celle d’Ismaël Koagou, illégalement privé de sa liberté depuis 305 jours, fort est de constater que l’arbitraire règne véritablement en maitre dans les prisons du général-président François Bozizé. A la Maison d’arrêt centrale de Ngaragba, il semble qu’on ne puisse pas compter une seule cellule sans la présence d’un détenu sans chef d’accusation avéré, sans instruction, sans procès, privé de sa dignité humaine, et privé de la présomption d’innocence qui est pourtant un concept universellement reconnu.

 

L’histoire de Jean-René Bengba est unique, comme chacune des histoires qui hantent les murs de Ngaragba.

 

Il n’est désormais plus de secret pour personne, que Sylvain Ndoutingaï, ministre des Mines à l’époque des faits, aujourd’hui ministre d’Etat aux Finances et au Budget, neveu de François Bozizé, et chaud lapin de Sassara la Coquette, va jusqu’à utiliser le système judiciaire centrafricain pour régler le compte de sa frustration après ses amourettes fatiguées.

 

C’est ainsi qu’après avoir jeté sa maitresse Marie-Thérèse Bengba comme une vieille chaussette, et l’ayant détrônée de son poste d’Inspectrice centrale des Mines au grade de simple agent, la faisant errer comme une âme en peine dans les couloirs du ministère des Mines, Sylvain Ndoutingaï le tombeur millionnaire fait arrêter Jean-René Bengba, le propre frère de Marie-Thérèse, en juin 2010. Une enquête pour détournement de fonds est demandée en vain, aucune preuve n’est trouvée contre lui. C’est ainsi que Bengba, Directeur administratif et financier de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEC), est relégué au rang de enième locataire illégitime du système carcéral de la famille Bozizé.

 

En effet, la purge implacable de Ndoutingaï envers tout l’entourage de son ex-dulcinée, radie méthodiquement les frères, sœurs et cousins de Marie-Thérèse Bengba, plantons, gardiens ou sentinelles dans les entreprises et offices d’Etat dépendant du ministère des Mines, de l’énergie et de l’hydraulique. C’est ainsi que, dans un esprit de vengeance infantile, d’abus d’autorité extrême, et de volonté de prouver son pouvoir de vie et de mort sur tout citoyen Centrafricain, le despotique Ndoutingaï, qui non seulement pille et revend les ressources naturelles du pays sans rien demander à personne, mais se permet de terroriser qui bon lui semble, le cas présent au nom d’une broutille de fesses.

 

C’est ainsi que Jean-René Bengba est détenu arbitrairement depuis quatorze mois, soit bientôt 450 jours, arrêté et incarcéré sans même un mandat de dépôt, avec un chef d’accusation sans aucune preuve avérée, et sans procès. Les arriérés de salaire ainsi que les indemnités de licenciement dont le versement avait été requis par le Tribunal du Travail, ne lui ont jamais été versés non plus, constituant à travers les demandes insistantes de leur versement une cause supplémentaire d’irritation pour le clan Bozizé.

 

Son ordonnance de mise en liberté en main, Bengba est dans une cellule à Ngaragba, prisonnier personnel du neveu fêtard  du général-président, parce qu’il est par hasard le frère d’une des innombrables ex-copines de celui-ci.

 

Il devient de plus en plus clair que la République Centrafricaine n’est en fait qu’une province de Far-West, avec une bande de voyous qualifiés à sa tête, des délinquants de la pire espèce, et dont on ne peut s’empêcher de questionner la santé mentale.

 

L’impunité extrême dont jouissent ces shérifs psychopathes trouvera forcément ses limites tôt ou tard. 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 03:39

15 août 2011
Juliette Abandokwe

 


Bangui, 15 août 2011.

 

Koagou-1-copie-1.jpgVoici 300 jours que le chef de bataillon Ismaël Koagou est détenu illégalement et arbitrairement dans les filets de la machine infernale de François Bozizé. Rien ne bouge, aucune perspective visible de libération. Aucun chef d'accusation, pas d’audition, pas de procès, des avocats impuissants, un système judiciaire sourd et aveugle, un chef de l’Etat jouissant impunément du pouvoir de vie et de mort sur qui bon lui semble. Une situation intolérable. Koagou est-il un otage? Simplement un officier trop bien formé, issu de la mauvaise ethnie? Victime de jalousie primaire? une épine dans le pied du pouvoir?

 

Manifestement il est tout cela à la fois, victime d'un gouvernement de scélérats, sans foi ni loi, aux aguets, le sang aux yeux, nerveux, et profondément abusif. Sa famille, ses amis, et tous ceux qui se préoccupent de son sort, ne manqueront pas de tenir le pouvoir responsable de tout ce qui pourrait arriver à Ismaël Koagou pendant sa détention arbitraire.

 

Ngaragba, instrument de diabolisation de Bokassa dans les années 1980, est devenu aujourd’hui un lieu habituel de détention en République Centrafricaine. Pourtant, rien n’a véritablement changé dans des locaux pourris par la vermine, respirant la misère du monde, l’injustice profonde, le silence criminel et délibérément intimidant des autorités, une résignation insupportable. Alors qu’à un moment où il fallait que la communauté internationale soit convaincue de l’horreur du règne de Bokassa le récalcitrant, Didier Bigo décrivait Ngaragba comme « le concentré de l’horreur que peut produire un régime comme celui de Bokassa. Fréquemment comparé à un camp de concentration nazi, aussi bien par ceux qui écrivent sur la question (…), par ceux qui y ont vécu (…), Ngaragba n’est pourtant qu’une étape dans un processus qui s’enracine dans la quotidienneté de l’arbitraire. La prison est dans la continuité des pratiques sociales. » (« Ngaragba, l’impossible prison » de Didier Bigo dans la Revue française de sciences politiques, 1989, volume 39).

 

De toute évidence, la prison de Ngaragba constitue aujourd’hui encore, avec les sinistres geôles de Bossembélé, no-man’s land des droits humains, un des piliers de l’appareil répressif aux ordres de François Bozizé, combiné à une justice en liquéfaction, ossature d’un régime en crise permanente de légitimité, dans une culture implacable de l’arbitraire et de l’impunité. Où sont ceux qui dénonçaient la répression de Bokassa ? Celle de Bozizé n’est-elle pas tout aussi brutale, sinon davantage ? Où sont donc alors les donneurs de leçons ? combien de victimes de décisions arbitraires et d’accusations loufoques y a-t-il dans les prisons centrafricaines, gardés par des garde-chiourmes chatouilleux à la gâchette facile?

 

Ismaël Koagou, fonctionnaire irréprochable, arrêté le 20 octobre 2010, puis incarcéré à Ngaragba le 3 décembre 2010, ne fait l’objet d’aucune accusation, si ce n’est d’une diffamation sur la foi d’un avis fabriqué de désertion. Le fait qu’il ait pendant plus d’une année demandé à être reçu par sa hiérarchie pour une mise en disponibilité, afin de pouvoir prendre un poste à l’Ambassade des Etats-Unis, avec des refus systématiques de ses supérieurs ainsi que du ministre de la Défense, le propre fils du chef d’Etat, Francis Bozizé, de le recevoir, ne compte pas. La démission officielle qu’il s’est finalement résolu de donner à son employeur, ne compte pas non plus. Tout porte même à croire qu’il a été poussé à démissionner pour qu’on puisse  mieux l’accuser de désertion par la suite, faisant suspecter que le vrai problème se constitue par son appartenance à l’ethnie yakoma, abhorrée par le clan Bozizé, et assimilée à l’ennemi d’Etat par excellence. En effet, les différentes mesures stratégiques punitives ou d’éloignements, prises depuis le putsch de Bozizé de mars 2003, prouvent bien le sentiment yakomaphobe du pouvoir.

 

Le régime de François Bozizé, garni d’éléments dont il n’a souvent pas la maitrise, est capable de tout, autant en termes de calculs malsains, qu’en termes d’absurdités juridiques et de violences imprévisibles, fantaisistes et excessives. Ismaël Koagou, face à un pouvoir qui ne fonctionne que par l’humiliation et la précarisation de tous ceux qu’il perçoit comme des ennemis potentiels, peut-il encore espérer un sursaut de lucidité de la part d’un chef hypocondriaque?

 

Au nom de tous les siens, de ses amis et de tous ceux qui se préoccupent de sa sécurité, la libération d’Ismaël Koagou sans condition est inéluctable. En attendant, François Bozizé et ses sbires seront forcément tenus pour responsables pour toute atteinte à la sûreté et à l’intégrité de sa personne.

 

300 jours de privation de liberté en l’absence totale de chef d’accusation, sans une once de volonté politique pour le règlement de la situation, constitue un crime d’Etat très grave, une violation époustouflante des droits de l’Homme. Une preuve de plus de l’illégitimité absolue d’un bourreau dont la seule préoccupation est se remplir les poches le plus longtemps possible, et dont les seules ressources dédiées à la Nation ne servent qu’à assouvir un gros complexe de persécution et à sécuriser son butin de guerre.

 

Tandis que des coupables de crimes monumentaux en tout genre dorment bien au chaud, apparemment sans aucun problème de conscience, non loin de là, à Ngaragba, Ismaël Koagou en est à son 300ème jour d’incarcération gratuite et silencieuse.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 02:59

11 août 2011
Juliette Abandokwe

 

Devant les graves débâcles socio-économiques en Afrique Centrale notamment, au Cameroun, en République Centrafricaine, au Congo dit démocratique, et ailleurs, nous nous posons la question qu’on n’ose même plus poser à voix haute : A quoi sert donc le chef de l’Etat, quel est son devoir, et quel est le résultat réellement sur le terrain, puisque c’est cela qui compte finalement.

 

Les systèmes judiciaires restent pratiquement inexistants tant ils sont assimilés au système d’un Etat asservi par la corruption et le vice à l’extrême. Un combat efficace contre l’impunité qui à son tour entretient les grossières atteintes aux droits de l’Homme, semble de plus en plus globalement illusoire.

 

En République Centrafricaine, le fils du chef de l’Etat, également ministre de la Défense, détourne une somme de 5,5 millions d’euros destiné par l’Union Européenne au paiement des rentes des militaires et gendarmes retraités. Une fois la forfaiture découverte, le fils du chef de l’Etat fait tout d’abord mettre sous les verrous le journaliste responsable de la dénonciation, alors que le délit de presse est aboli depuis 2005. Une fois le journaliste relâché sous la pression internationale, la forfaiture du fiston indélicat n’est même plus dénoncée et encore moins sanctionnée. Et lorsque les bénéficiaires lésés se révoltent, ils sont ensuite assaillis par la Garde Présidentielle, et forcés de demander pardon pour s’être révolté. Le détournement constaté, un de plus par le clan Bozizé, il restera donc impuni comme tous les autres crimes économiques commis par le clan au pouvoir. La responsabilité du chef de l’Etat centrafricain envers son peuple est d’un cynisme qui n’a pas de nom. Les complices pullulent seulement.

 

Au Cameroun, une escroquerie électorale de plus se prépare pour le 9 octobre prochain, avec une violation systématique annoncée de la Constitution, entre des candidats qui ont volé le droit d’être candidat, une commission électorale indépendante qui n’a absolument rien d’indépendant, une opposition minée par la division et la médiocrité, une population complètement excédée par les crimes économiques massifs d’un pouvoir sans la moindre vergogne, des conditions socio-économiques inhumaines et une répression des récalcitrants de plus en plus brutale par des milices entraînées pour tuer. L’ennemi no 1 du pouvoir de Paul Biya c’est le peuple Camerounais. Le chef de l’Etat n’éprouve pas le moindre sens de la responsabilité envers un peuple à qui il interdit de dire NON.

 

En République Démocratique du Congo, les viols et les meurtres continuent à grande échelle, commis autant par l’armée congolaise que par les groupes armés dans l’Est du pays, constituant des crimes de droit international, au nez et à la barbe de la communauté internationale toute entière. L’impunité règne en maîtresse, les responsables ricanent, et les crimes continuent.

 

Où est la responsabilité de l'Etat congolais et de son chef Joseph Kabila?

 

Sa responsabilité n'est-elle pas de protéger et de promouvoir le peuple qui l'a "librement et démocratiquement" élu? Où sont donc par conséquent les actes qu'il est censé poser pour atteindre les objectifs en termes de protection et de promotion? L'invisibilité totale de ces actes n'est-elle pas la meilleure preuve de son incompétence radiculaire? Et que dire de la responsabilité de Paul Biya, François Bozizé ou Idriss Deby ?

 

Le peuple Congolais n'a pas voté pour Kabila pour lui permettre de faire du business sur son dos. Il a voté pour lui, pour lui permettre de faire son travail de chef de l'Etat. L'Etat c'est le peuple Congolais, et un chef est là pour guider son peuple vers un avenir meilleur. Et pourtant sur le terrain, Paul Biya sert la France à travers Bolloré, Total, Bouygues et les autres. François Bozizé est maintenu à l’état de larbin par son parrain Idriss Deby, la France aussi le force à céder les mines d’uranium de Bakouma qui sont devenues un camp retranché militaire français. Le système judiciaire centrafricain n’est là que pour couvrir et justifier les diverses frasques du pouvoir. Globalement, le sens de la responsabilité pour le peuple, est le cadet des soucis de  ces chefs d’Etat profondément criminels.

 

Des gouvernants qui ne sont qu’un échec massif pour le peuple qu'ils sont censé gouverner, puisque celui-ci n'y trouve aucun avantage. Le lot douloureux quotidien de ces peuples sont les violences d’état en tous genre et les abus de pouvoir, une lutte incessante contre la maladie et la mort, le manque d'eau et d'électricité, le manque d'éducation et d'instruction civique, le manque surtout d'une vie décente, alors que le sous-sol est si scandaleusement riche.

 

C’est bien ce sous-sol qui finalement est à la base des crimes économiques monumentaux ambiants. Vendre des biens qui ne nous appartiennent pas c'est du VOL ; du PILLAGE quand il s'agit de masses de biens volés de manière systématique et stratégique. Pour ceux qui acquièrent ces biens, il s'agit de RECEL. En Afrique centrale nous assistons à des rouages terriblement bien huilés de collaboration étroite entre les pilleurs et les receleurs que sont les puissances étrangères. Les populations congolaises de l'est du Congo en sont les plus grandes victimes. Un peuple de plus qui ne rencontre qu'une indifférence mondialisée, un silence coupable assourdissant, le silence de gouvernements occidentaux responsables ou complices de crimes massifs contre l’humanité. Faute de sanctions et d’instance de justice pour juger de ces crimes, l’impunité mondialisée est omniprésente.

 

Les peuples des Kabila, Biya, Bozizé, ou Deby ne sont pas seuls. Sont aussi des grands lésés les peuples de Sassou, de Bongo, et de Nguema. Que dire encore des peuples du delta du Niger, du désert Touareg (en attendant les réformes promises par le nouveau président nigérien), ou des peuples de Côte d'Ivoire, pour ne citer que ceux-là. Tous sont victimes de crimes économiques et politiques de grande envergure, sans aucune instance solide pour prendre leur parti. Des  peuples que l’on comprime dans le déficit et l’insuffisance essentielle, et dont on empêche institutionnellement le développement des capacités.

 

La culture de l'impunité, de l'enrichissement illicite indécent, et du pouvoir par la terreur, entretenue par des receleurs sans scrupules, doit cesser de toute évidence. Malheureusement, les complices sont très nombreux, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, entre ceux qui sont aujourd’hui à la mangeoire, et tous ceux qui militent frauduleusement dans les oppositions, le sang aux yeux, et obsédés par l’idée de la mangeoire. L’arrogance et l’autoglorification, les manipulations et les sabotages d’initiatives citoyennes, sont à l’image des pouvoirs que l’on combat soi-disant, s’accompagnant de sectarisme et d’ethnocentrisme fabriqués pour diviser les esprits. Les débats détournés de l’essentiel par des pseudo-opposants en mal de pouvoir et d’argent, animés parfois simplement par des contentieux personnels et d’historiques de pouvoirs déchus, jalonnent les forums et autres espaces de réflexion.

 

A défaut de savoir quoi faire, dans une situation extrêmement désespérante, il est déjà bon de chercher à démasquer les pourfendeurs de la notion de service à la communauté et du bien public, et à les dénoncer inlassablement. Car la dénonciation et la découverte des activités illicites et subversives fait très mal à ceux qui cherchent par tous les moyens à dissimuler leurs exactions. Les manigances restent nuisibles surtout la nuit, mais quand le jour vient, les margoulins perdent leurs forces et leurs moyens.

 

Tout d’abord, qui ne dit mot, consent. Garder le silence, c’est être complice de l’inacceptable, et c’est surtout contribuer à préserver le voile pesant de la nuit sur l’irresponsabilité de chefs d’Etat pourris, qui pensent qu’ils peuvent éternellement garder leur peuple dans l’inconscience et le coma.

 

Et ensuite, comme le disait Martin Luther King « Vient un temps où le silence est trahison ».

 

Il faut dénoncer à tout prix, avec toute la force des plumes valides. C’est aussi un devoir de mémoire que nous avons à l’égard de ceux qui ne peuvent plus parler. Rien de l’histoire de l’Humanité ne doit rester vain. Nous sommes responsables de l’héritage que nous transmettons à nos enfants.

 

A bon entendeur.

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 09:33

A ceux qui défendent l'existence des forces armées et de police camerounaises

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 05:14

Juliette Abandokwe
18 juillet 2011

 

A l'heure où les suspicions augmentent exponentiellement quant à l'ingérence française dans les affaires électorales au Cameroun, il serait bon de rappeler le passé militaire français au Cameroun notamment. On parle de 300'000 à 400'000 Camerounais bombardés au napalm pendant la guerre d'indépendance.

 

A l'heure où François Fillion, Premier Ministre de Sarkozy, se pavane en Côte d'Ivoire le jour de la fête nationale française, pour marquer son territoire, il est bon de se rappeler que ce même monsieur a qualifié les massacres au Cameroun de foutaises lors de sa visite à Biya en 2009.

 

Pourtant les témoignages sont multiples, à l’instar de celui-ci :  «Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance.(…) Les villages avaient été rasés, un peu comme Attila », témoigne le pilote d'hélicoptère Max Bardet. (Extrait de La Françafrique. Le plus long scandale de la République, par F-X Verschave)

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQHhvMuRqjVubf8Qz9ebQYoBCUok6Wa63AT18mSHwvMC9r_QjRgLa même clique – Sarkozy, Fillon et Cie - est sur le point de vouloir assurer les arrières d'un Paul Biya vieillissant et incompétent, qui veut se cramponner à un pouvoir qu'il occupe déjà depuis 29 ans. Une clique appuyée par une Union Européenne sclérosée et totalement dépendante des ressources naturelles qu'elle exploite d'une façon foncièrement inéquitable en Afrique depuis de multiples décennies,  ainsi que des Etats-Unis en mal de repères géostratégiques.

 

Ce qui est en train de se préparer au Cameroun, au nez et à la barbe d'un peuple Camerounais complètement désespéré et appauvri, embrouillé par une opposition qui à 85% pense que "ils ont bouffé, maintenant c'est à notre tour de bouffer", n'est ni plus ni moins une monstrueuse mascarade électorale, au nom des intérêts français et occidentaux au Cameroun.

 

L'intérêt de la nation n'est qu'un très vague alibi, pour la multitude de partis politiques et d'opposants de tout genre, qui poussent à droite à gauche comme des champignons depuis des mois. Entre les manifestations publiques à force de mégaphone devant une dizaine de Camerounais bravant le froid à Washington ou ailleurs, des bagarres sporadiques entre pro-rdpcistes et anti-rdpcistes aux quatre coins du globe, beaucoup cherchent à se faire un nom d’une manière ou d’une autre. Mais le raz-le-bol est toujours là. La frustration de ne pas être en mesure de vivre décemment sur la terre de ses ancêtres, aussi. Tous ne sont pas des pseudo-opposants bling-bling. Certains semblent plus sincères que d’autres, mais finalement aucun ne réussit à faire ciller le benskin de Douala, ou le taximan de Garoua, qui ne cherchent qu’à fuir pour trouver une vie décente ailleurs. Les femmes continuent à faire leur marché en se battant avec une vie de plus en plus chère, et ne se plaignent même plus.

 

Le désespoir somatisé s’est transformé en profonde désillusion et résignation, malgré une criminalité de plus en plus incontrôlable, qui fait peu à peu partie du paysage naturel du Camerounais moyen. L’ouvrier travaillant plus de 40 heures par semaine à Socopalm pour 40 000 FCFA mensuels, est content tant qu’il reçoit sa maigre pitance et qu’il arrive à donner les 10 000 à la mère de son enfant qui l’a quitté parce qu’il est toujours foiré. La paupérisation rampante a atteint l’âme de la société camerounaise, déchire les familles, déchire le demain.

 

Le peuple Camerounais souffre gravement, mais de moins en moins en silence, et en désordre. Le souvenir des émeutes et des morts de février 2008 est encore très vif dans les esprits. Beaucoup, surtout à l’extérieur, se demandent pourquoi ce peuple ne se rebelle pas une fois pour toute, comme l’on fait les Tunisiens après la mort de Bouazizi. La diaspora se tenait au bord de sa fenêtre, bien au chaud et loin du cœur de l’enfer, quand le Combattant Mboua Massok a appelé le 23 février 2011 le début d’une série d’actes de désobéissance civile. Une diaspora, quittant un bateau en plein naufrage, a souvent oublié les souffrances qu’elle ne voit plus que comme dans un lointain souvenir. Une diaspora munie d’un courage en dent de scie, déchirée au même titre que les oppositions sur le terrain. « Y a qu’à… y a qu’à… ». Un leitmotiv qui ne convainc personne au Cameroun. Sur le terrain, les uns attendent à la maison. D’autres tournent en rond comme des lions en cage. D’autres encore s’évertuent autour de diverses micro-initiatives qui s’essoufflent dans leur volonté de conscientiser les gens, se heurtant aux tentatives désespérées des forces de l’ordre dans la contention sans véritable avenir, d’une colère populaire de plus en plus assourdissante.

 

Aucun Camerounais n’est dupe de la fraude électorale qui se prépare, grosse comme un éléphant dans un couloir, appuyée sans le moindre doute par la France et ses alliés. C’est un crime contre l’humanité de plus qui se prépare, implacable, sourde à toute tentative de dénonciation. La France, par ses intérêts commerciaux divers, est omniprésente, haïe par un peuple impuissant, colonisé puis néo-colonisé, soumis depuis si longtemps à une force profondément négrophobe et brutale, dont les hauts dignitaires comme François Fillon viennent encore étaler leur arrogance à travers un révisionnisme despotique et méprisant.

 

C’est tellement intolérable, que cela en devient douloureux.

 

Et puis, il est presque naturel de se dire que le peuple va se soulever spontanément à un moment ou à un autre. Car on a de la peine à croire que la fraude énorme qui se prépare se passera sans réaction. Trop de choses se fomentent dans les esprits, échappant au consentement du pouvoir malgré ses efforts de tout contrôler. Trop de sueur au front d’un peuple qui en a vraiment assez de se faire berner systématiquement.

 

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » disait Abraham Lincoln.

 

Le problème néanmoins qui se pose dans tous les esprits est de taille. On ne veut plus de Biya car on  lui en veut d’avoir paupérisé et bradé le Cameroun depuis 29 ans. C’est un fait et nul ne peut le nier. Il est bel et bien au moins co-responsable d’une débâcle qui n’a pas de nom. Mais il est surtout localement garant politique d’un système d’échanges commerciaux profondément inéquitables et indécents, dont les bénéfices ne profitent qu’à lui-même et à son entourage. Pendant que les taux de scolarité au Cameroun restent bas à cause notamment des coûts de scolarité, et qu’on parle de classes qui varient entre 80 à 120 élèves dans les écoles publiques de Douala, les enfants de Paul Biya fréquentent les écoles privées en Suisse, que même le citoyen suisse moyen est incapable d’offrir à ses enfants. Tous les ministres et haut-dignitaires ont fait sortir leur progéniture d’un pays qu’ils ont contribué à ruiner et dont ils connaissent bien eux même le manque d’espérance en terme d’avenir.

 

Devant une telle débâcle si nauséabonde, il est parfaitement naturel de vouloir se débarrasser de Paul Biya. La question cruciale est de savoir qui va donc être en mesure de gouverner le Cameroun à sa place. Les candidats ne se comptent plus, le plus souvent avec des argumentaires faussement ingénus, mais rarement avec un programme réaliste et viable. L’ambiance de désordre et d’anarchie autour de ces nombreux faiseurs de rêves, ne fait qu’augmenter à l’approche de la période électorale fatidique d’octobre prochain, atteignant un nouveau palier à l’heure où Paul Biya se proclame une fois de plus candidat du RDPC aux élections. L’énervement, on le sent, est à son comble. Quoi ? Biya encore… !? Après 29 ans d’un pouvoir progressivement désastreux ? Il est de toute évidence très sûr de son succès, après avoir introduit début 2008 dans la Constitution, l’abolition du nombre de mandats présidentiels. Personne ne s'étonne donc véritablement.

 

La nouvelle de sa candidature ne change rien au fait que les candidats vraiment sérieux ne sont pas suivis de façon consensuelle, pour différentes raison. Les candidats bling-bling sont si nombreux et palabreurs, que ceux qui ont les vraies compétences pour servir la nation, se noient dans la masse d’un peuple qui ne sait même plus vers quel saint se vouer. Tout ce qu’il sait, c’est les autres ont suffisamment bouffé, maintenant c’est à eux. La vengeance est au cœur de bien des passions. Trop rares encore sont ceux qui pensent à l’intérêt collectif de la nation avant tout, par manque d’éloignement du nez du mur et de vision à long terme.

 

La conscientisation du peuple Camerounais, et surtout l’inculcation de valeurs civiques solides, avec la connaissance des droits et des devoirs, lui permettraient de voir bien plus clair, et d’exiger de façon plus convaincante et organisée ce auquel il a droit, autour d'une conscience nationale bien plus homogène.

 

L’éducation civique de Mamadou et Bineta,  voilà donc un programme des plus ambitieux. L’école et l’accès à la lecture pour tous, surtout le combat pour des conditions favorables - où on ne verrait plus de petites vendeuses d’oranges ou de Lotus aux carrefours de Douala, ou des enfants sans parents dormant sous les étals du marché de Mokolo de Yaoundé -, pour l’apprentissage de valeurs académiques indispensables pour la formation d’une jeunesse consciente et responsable, qui refuseraient à tout jamais la répétition de massacres sur ses terres par des colonisateurs qui ne sont jamais partis, malgré le simulacre des indépendances de 1960. 

 

Commentaire de Kemkeng, reçu suite à cette publication 

"Je ne suis pas sûr qu'avec un tel discours "haineux" vous puissiez contribuer au changement. Je suis même sûr du contraire. La France, la France, la France. La France est source de tous les maux. Avec un tel discours, vous infantilisez les vrais responsables. Vous les rendez "irresponsables" Vous faîtes des amalgames inquiétants.


Le Monde a changé. Vous êtes restés aux années 50 et 60.


Je vous souhaite bonne chance dans combat, mais je suis certains que ce discours est contre productif. Il est surtout irréaliste."

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 21:53

27 juin 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Suite à une conversation avec Faustin Bambou ce soir, voici les dernières nouvelles.

 

Monsieur Bambou, arrêté et placé en détention depuis le 27 mai dernier, se trouve toujours à la prison de Ngaragba. 

Souffrant d'une crise de paludisme, il a réussi à se procurer les médicaments nécessaires. 

 

Il se trouve toujours en attente de son procès, en compagnie de Cyrus Sandy, directeur de Média Plus, qui doit normalement avoir lieu ce mercredi 29 juin dès 9h. au Tribunal de Grande Instance de Bangui.

 

L'audience avait été renvoyée mercredi passé sur la demande de ses avocats, qui avaient constaté que le Président du Tribunal, ainsi que le Procureur et l'Assesseur étaient représentés par des bras du pouvoir. 

 

Donc ce mercredi, ils verront sur place comment sera composé la Présidence du Tribunal avant de décider d'un éventuel nouveau renvoi de l'audience.

 

Des représentants des Nations Unies ainsi que de l'Union Européenne seront présents. 

 

Monsieur Bambou avait également introduit auprès du Procureur une requête de liberté provisoire, sous surveillance,  pour pouvoir effectuer quelques courses pour la famille ainsi que le règlement de la scolarité de ses enfants. Jusqu'à ce jour,  la demande n'a pas encore reçu de réponse.  

 

Appuyé par ses trois avocats, Faustin Bambou demande à être purement et simplement relaxé, n'ayant commis aucun délit. En effet, il n'a fait que diffuser une information, vérifiable et vérifiée, concernant le détournement de fonds par le fils Bozizé, également Ministre de la Défense, accordés par l'Union Européenne, destinés à payer les retraites des fonctionnaires.

 

Il est également à rappeler que le délit de presse est dépénalisé par le Général François Bozizé depuis 2005. 

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